La PESC offre-t-elle à la Turquie une alternative acceptable à une alliance stratégique avec les Etats-Unis ?
Date de publication :
07/02/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
16 pages
Sommaire :
Sommaire
- Les intérêts turcs vis-à-vis de l'alliance avec les Etats-Unis : le rôle joué par la Turquie dans l'OTAN
- La crise iraquienne comme arrière-fond de la prise d'autonomie turque
- L'avenir des relations américano-turques : le bras de fer engagé
- Le rôle joué par la Turquie dans la construction de la PESD
- La naissance du pôle européen de sécurité et de défense
- La position de la Turquie vis-à-vis de la PESD
- Le poids de l'influence de la perspective d'adhésion sur la prise de décision stratégique
- Les obstacles stratégiques à l'adhésion
- Les atouts stratégiques de la Turquie pour l'Union européenne
Résumé :
Le 1er mars 2003, la turquie refusait aux etats-unis l'utilisation de la base d'Injati et le stationnement de troupes américaines sur son territoire empêchant ainsi l'ouverture d'un second front par la coalition menée par les etats-unis dans sa campagne iraquienne, entraînant ainsi une tension dans ses relations avec Washington. Même si depuis lors, de nombreux efforts ont été fournis par l'Administration Bush pour créer un rapprochement, les rapports entre les deux pays restent indéniablement tendus, marqués par un manque de confiance mutuel. Une nouvelle période semble s'être ouverte avec la fin du soutien automatique de la turquie à la politique d'interventionnisme américaine et la prise de conscience et en considération par les dirigeants turcs de ses propres intérêts stratégiques et une volonté d'autonomisation en matière militaire et défensive.
Actuellement, ni la position stratégique, ni sa force militaire, ni les nouveaux dangers et enjeux sécuritaires mondiaux ne permettent pas à la turquie de jouer cavalier seul. Sa volonté séculaire de se voir rattachée à l'Occident la mène donc à la croisée des chemins avec, d'une part, une alliance stratégique avec les etats-unis et d'autre part la perspective d'une adhésion à l'Union européenne. Cependant, dans les deux cas, ses rapports avec les nations occidentales sont inégaux. S'étant quelque peu distancée des etats-unis depuis la campagne iraquienne de 2003 et s'engageant dans un processus de négociations d'adhésion avec l'Union européenne - processus promettant d'être long et difficile - la turquie se retrouve actuellement à équidistance de ces deux pôles défensifs. Cette position pourrait se révéler avantageuse pour la turquie puisqu'elle pourrait lui permettre d'accroître son poids dans ses rapports de forces avec les autres pays. En effet, que se soit avec les etats-unis ou l'Union européenne, la turquie souffre d'une infériorité chronique due au fait qu'elle est la demanderesse principale dans la relation et qu'elle dépend effectivement du bon vouloir de ses interlocuteurs. A plus d'une reprise, la turquie s'est retrouvée confrontée à la réalité de sa politique étrangère : coincée entre sa volonté farouche d'appartenance à l'Europe et le fait que sa relation bilatérale principale n'est pas avec l'Europe mais avec les etats-unis.
Un mouvement de balancier entre les deux pôles occidentaux pourrait renverser ce rapport de force et octroyer à la turquie une place accrue au sein des alliances stratégiques ainsi qu'une plus grande prise en compte de sa voix et de ses intérêts propres. Dans quelle mesure cette option pourrait-elle être envisageable ? Est-ce ce que le gouvernement turc entreprend depuis 2003 ? Les etats-unis et l'Union européenne sont-ils disposés à rentrer dans ce jeu ? La turquie ne risquerait-elle pas de se retrouver isolée ? C'est ce que cette étude tâchera d'éclaircir. Premièrement, nous opérerons une analyse comparative de ce qu'un rapprochement avec chacun de ces deux pôles comporte comme avantages mais aussi comme concession pour la turquie. Nous verrons ensuite les options qui s'offrent concrètement à elle et quelle voie elle semble prendre actuellement ainsi que les implications qu'une telle orientation de sa politique diplomatique et stratégique entraîne.
Actuellement, ni la position stratégique, ni sa force militaire, ni les nouveaux dangers et enjeux sécuritaires mondiaux ne permettent pas à la turquie de jouer cavalier seul. Sa volonté séculaire de se voir rattachée à l'Occident la mène donc à la croisée des chemins avec, d'une part, une alliance stratégique avec les etats-unis et d'autre part la perspective d'une adhésion à l'Union européenne. Cependant, dans les deux cas, ses rapports avec les nations occidentales sont inégaux. S'étant quelque peu distancée des etats-unis depuis la campagne iraquienne de 2003 et s'engageant dans un processus de négociations d'adhésion avec l'Union européenne - processus promettant d'être long et difficile - la turquie se retrouve actuellement à équidistance de ces deux pôles défensifs. Cette position pourrait se révéler avantageuse pour la turquie puisqu'elle pourrait lui permettre d'accroître son poids dans ses rapports de forces avec les autres pays. En effet, que se soit avec les etats-unis ou l'Union européenne, la turquie souffre d'une infériorité chronique due au fait qu'elle est la demanderesse principale dans la relation et qu'elle dépend effectivement du bon vouloir de ses interlocuteurs. A plus d'une reprise, la turquie s'est retrouvée confrontée à la réalité de sa politique étrangère : coincée entre sa volonté farouche d'appartenance à l'Europe et le fait que sa relation bilatérale principale n'est pas avec l'Europe mais avec les etats-unis.
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