La peste: le dicible et l'indicible: Camus / Manzoni
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fiche de lecture
publié le 13/06/2007
évaluation : non évalué
niveau : avancé
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Résumé
Dire lindicible nest sans doute pas le but de la littérature, et pourtant lindicible nest pas sur une autre scène ; car lindicible est probablement la condition même du dicible
Comment parler, dès lors, de ce mal étrange ? « Un mal qui répand la terreur/ Mal que le ciel en sa fureur/ Inventa pour punir les crimes de la terre/ La peste (puisquil faut lappeler par son nom) » écrit La Fontaine. Comment rendre lisible le chaos du réel - car la littérature « affecte, par un surcroît de fiction, dautres diraient de mensonge, de passer pour un témoignage réel et responsable de la réalité historique » énoncera Derrida dans Passion de la littérature - ? Comment dire le combat inégal de lhomme face à linsaisissabilité de la souffrance ? Comment exprimer la révolte quand le langage ne semble plus approprié à l'énonciation de sa vérité?
Alessandro manzoni et Albert camus, dans leur évocation respective dune épidémie de peste, soulèvent les questions de lindicible et des possibilités du dire.
Avec Les Fiancés, manzoni répond à son ambition décrire un grand roman historique en choisissant pour cadre la Lombardie du début du XVIIeme siècle et en sappuyant scrupuleusement sur des faits relatés par des chroniques de lépoque. Enraciner son intrigue dans un temps suffisamment reculé, lui permis, sans doute de franchir plus facilement lobstacle de la censure pratiquée par les autorités autrichiennes occupant dès 1835 cette région de lItalie. La révolte de son personnage principal, Renzo, envers la couardise, la fourberie et la férocité de ceux qui détiennent le pouvoir le mène à la rencontre du peuple milanais marqué par la guerre, les émeutes de la faim et la peste. Au commencement du chapitre XXXI le narrateur sattachera à nommer linnommable.
Le narrateur de La peste de camus se propose quant à lui de relater le plus fidèlement possible « les curieux événements » qui se sont produit « en 194 ., à Oran » et entame ainsi, dès la première page, une oscillation entre linscriptible et le non-dit.
Comment parler, dès lors, de ce mal étrange ? « Un mal qui répand la terreur/ Mal que le ciel en sa fureur/ Inventa pour punir les crimes de la terre/ La peste (puisquil faut lappeler par son nom) » écrit La Fontaine. Comment rendre lisible le chaos du réel - car la littérature « affecte, par un surcroît de fiction, dautres diraient de mensonge, de passer pour un témoignage réel et responsable de la réalité historique » énoncera Derrida dans Passion de la littérature - ? Comment dire le combat inégal de lhomme face à linsaisissabilité de la souffrance ? Comment exprimer la révolte quand le langage ne semble plus approprié à l'énonciation de sa vérité?
Alessandro manzoni et Albert camus, dans leur évocation respective dune épidémie de peste, soulèvent les questions de lindicible et des possibilités du dire.
Avec Les Fiancés, manzoni répond à son ambition décrire un grand roman historique en choisissant pour cadre la Lombardie du début du XVIIeme siècle et en sappuyant scrupuleusement sur des faits relatés par des chroniques de lépoque. Enraciner son intrigue dans un temps suffisamment reculé, lui permis, sans doute de franchir plus facilement lobstacle de la censure pratiquée par les autorités autrichiennes occupant dès 1835 cette région de lItalie. La révolte de son personnage principal, Renzo, envers la couardise, la fourberie et la férocité de ceux qui détiennent le pouvoir le mène à la rencontre du peuple milanais marqué par la guerre, les émeutes de la faim et la peste. Au commencement du chapitre XXXI le narrateur sattachera à nommer linnommable.
Le narrateur de La peste de camus se propose quant à lui de relater le plus fidèlement possible « les curieux événements » qui se sont produit « en 194 ., à Oran » et entame ainsi, dès la première page, une oscillation entre linscriptible et le non-dit.
Sommaire
- Le silence immense sous l'Occupation est transposé, en effet, dans la Peste
- Chez Camus, le silence est décrit comme le phénomène spécifique qui se répand à mesure que la peste exerce ses ravages
- C'est au milieu du silence que le langage semble vain, qu'il s'apparente parfois tromperie, à la trufferia, dirions-nous peut-être en italien
- L'incapacité de communiquer avec ceux qui sont hors de la ville, fait partie des interdits liés à ''l'état de peste''
- La Peste suppose toute une réflexion sur les possibilités du langage
- Lorsque l'homme est privé du langage normal dans des agitations extrêmes, il ne peut s'exprimer qu'en poussant des cris
