Peut-on parler dune liberté intérieure ?
Date de publication :
27/08/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
13 pages
Sommaire :
Sommaire
- Evaluation de la conception stoïcienne de la liberté intérieure
- Une conception au fondement de l'idée même de sagesse ?
- Peut-on parler d'une liberté intérieure à titre de liberté authentique ?
Résumé :
La notion de liberté intérieure semble d'abord renvoyer à une expérience commune et fruste de la pensée ou de la subjectivité qui, en son for intérieur, se conçoit comme indépendance, c'est-à-dire capacité de se déprendre des contraintes extérieures et d'agir en vertu d'une causalité purement interne au sujet. Ainsi la liberté intérieure désignerait-elle, en premier lieu, par opposition au monde des choses et des nécessités, cet espace intime que le sujet se donne ou découvre lorsqu'il croit tout bonnement faire ce qu'il veut. Ce qui apparaît, dès lors, dans l'idée ou l'expérience naïve de la liberté intérieure, c'est l'opposition tranchée entre le sujet et le monde, dans la mesure où l'adjectif "intérieur" évoque ce qui est au-dedans d'un être, ce qui se passe dans l'esprit et délimite une sphère d'intimité. liberté toute spirituelle, en somme, interne au sujet, repliée sur elle-même, et qui passerait pour la liberté authentique.
Or, lorsque l'idée de liberté est convoquée, le concept d'action ou d'activité apparaît également et, avec lui, celui d'extériorité. Par liberté, il conviendrait d'entendre l'intervention transformatrice de l'agent dans le monde tentant de s'approprier et de façonner l'univers des choses. Il n'y aurait alors d'action et de liberté qu'extérieures, si l'action désigne la réalisation ou l'exécution d'un projet, c'est-à-dire l'objectivation, dans une réalité externe au sujet, de dispositions internes comme la volonté, l'intelligence, l'esprit, etc. L'extériorité en question ne s'identifierait plus uniquement avec le dehors, le monde ou l'objet dans lesquels le sujet pourrait se perdre ou s'aliéner, mais coïnciderait avec le mouvement de projection de soi vers les choses qui semble au fondement de la conscience créatrice et libre. Ici c'est la notion de liberté intérieure qui fait pâle figure et apparaît bien creuse, en ce qu'elle semble instaurer une coupure artificielle et stérile entre la volonté et l'action, la subjectivité et l'ordre phénoménal.
La question : "peut-on parler d'une liberté intérieure ? ", nous invite alors à méditer ce paradoxe d'une liberté qui se donne simultanément à penser sur le mode de la clôture ou de la forclusion, où le sujet ne se pense et ne se vit que dans un mouvement de retrait par rapport à la réalité extérieure, et sur celui de l'ouverture ou de la transcendance, où le même sujet se fonde, se définit et se construit dans un contact dialectique avec ce qui n'est pas lui. peut-on penser la " liberté intérieure " comme la liberté par excellence, comme la liberté authentique ? La notion de liberté intérieure n'est-elle pas éminemment contradictoire ? Ne désigne-t-elle pas une liberté illusoire, abstraite, vide de tout contenu? N'instaure-t-elle pas un dualisme caduc qui aurait comme vice rédhibitoire d'occulter l'essence de la liberté sur laquelle il s'agit précisément de s'interroger ?
La question posée porte donc sur la définition de la liberté authentique, la formule "peut-on parler " suggérant qu'il y aurait liberté et liberté. Nous nous demanderons alors, à partir d'une évaluation de la conception stoïcienne de la liberté intérieure, si cette notion n'est pas au fondement de l'idée même de sagesse et si l'on peut parler d'une liberté intérieure à titre de liberté authentique, en évitant l'écueil du dualisme.
Or, lorsque l'idée de liberté est convoquée, le concept d'action ou d'activité apparaît également et, avec lui, celui d'extériorité. Par liberté, il conviendrait d'entendre l'intervention transformatrice de l'agent dans le monde tentant de s'approprier et de façonner l'univers des choses. Il n'y aurait alors d'action et de liberté qu'extérieures, si l'action désigne la réalisation ou l'exécution d'un projet, c'est-à-dire l'objectivation, dans une réalité externe au sujet, de dispositions internes comme la volonté, l'intelligence, l'esprit, etc. L'extériorité en question ne s'identifierait plus uniquement avec le dehors, le monde ou l'objet dans lesquels le sujet pourrait se perdre ou s'aliéner, mais coïnciderait avec le mouvement de projection de soi vers les choses qui semble au fondement de la conscience créatrice et libre. Ici c'est la notion de liberté intérieure qui fait pâle figure et apparaît bien creuse, en ce qu'elle semble instaurer une coupure artificielle et stérile entre la volonté et l'action, la subjectivité et l'ordre phénoménal.
La question : "peut-on parler d'une liberté intérieure ? ", nous invite alors à méditer ce paradoxe d'une liberté qui se donne simultanément à penser sur le mode de la clôture ou de la forclusion, où le sujet ne se pense et ne se vit que dans un mouvement de retrait par rapport à la réalité extérieure, et sur celui de l'ouverture ou de la transcendance, où le même sujet se fonde, se définit et se construit dans un contact dialectique avec ce qui n'est pas lui. peut-on penser la " liberté intérieure " comme la liberté par excellence, comme la liberté authentique ? La notion de liberté intérieure n'est-elle pas éminemment contradictoire ? Ne désigne-t-elle pas une liberté illusoire, abstraite, vide de tout contenu? N'instaure-t-elle pas un dualisme caduc qui aurait comme vice rédhibitoire d'occulter l'essence de la liberté sur laquelle il s'agit précisément de s'interroger ?
La question posée porte donc sur la définition de la liberté authentique, la formule "peut-on parler " suggérant qu'il y aurait liberté et liberté. Nous nous demanderons alors, à partir d'une évaluation de la conception stoïcienne de la liberté intérieure, si cette notion n'est pas au fondement de l'idée même de sagesse et si l'on peut parler d'une liberté intérieure à titre de liberté authentique, en évitant l'écueil du dualisme.
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