Peut-on réguler les guerres civiles à travers les compagnies privées de sécurité ?
Date de publication :
25/03/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
10 pages
Sommaire :
Sommaire
- Les compagnies privées de sécurité, acteurs d'une régulation court-termiste des guerres civiles post-guerre froide
- Une structure d'action plus souple répondant à une nouvelle configuration de la scène internationale
- Le rôle des compagnies privées dans la régulation des guerres civiles
- D'une impossible régulation externalisée et privatisée des guerres civiles
- La violence « importée », le peacekeeping en suspens
- De la nécessaire régulation d'un phénomène irréversible ?
Résumé :
Depuis la fin de la Guerre Froide, les guerres civiles occupent une place nouvelle sur la scène internationale. Du fait de la diminution du nombre de conflits interétatiques, leur visibilité est bien plus grande qu'autrefois ; les « nouvelles » guerres civiles ,n'épargnent pratiquement aucune région du globe. Leur nouveauté naît à la fois de leur nombre croissant, mais aussi du type et de la multiplicité des acteurs impliqués dans ces conflits. En effet, elles ne se présentent plus sous un schéma classique où le gouvernement d'un Etat s'opposait à un groupe d'insurgés armés contestant sa légitimité.
On voit aujourd'hui s'opposer de multiples parties au sein de conflits caractérisés par une absence de l'Etat, à tel point que certains politologues sont parfois allés jusqu'à dénier le qualificatif de « guerre civile » à un conflit interne qui se déroulait sans la participation des forces gouvernementales légitimes, pour lui préférer le terme de « guerre interne » ou de « guerre déstructurée ». Caractérisées par l'absence de toute autorité étatique légitime, ces guerres civiles voient émerger de nouveaux acteurs, au premier plan desquels « les nouveaux mercenaires », compagnies privées de sécurité, ou encore sociétés militaires privées.
Dans les années 1960 à 1980, les conflits qui prennent naissance en Afrique dans le sillage de la décolonisation voient déjà apparaître ces « nouveaux mercenaires ». La fin de la guerre froide leur a offert un nouveau champ d'action, surtout dans un contexte marqué par l'affaiblissement des Etats. En outre, le rapport Brahimi relatif au bilan des activités de l'ONU rendu public en 2000 a relancé le débat, puisque ses conclusions ont conduit bon nombre d'analystes à suggérer de privatiser les opérations de maintien de la paix.
La question est ici celle de la régulation des guerres civiles ; cette régulation comprend à la fois un aspect gestion du conflit, mais aussi un aspect peace-keeping, et la capacité de régulation des firmes devra être envisagée sous ces deux angles d'étude. Face à l'acuité du débat et à la présence des acteurs privés dans une multitude de conflits, il convient de s'interroger sur la nature du phénomène, les causes de son développement et son efficacité.
Les compagnies de sécurité privées sont-elles un facteur de régulation ou de complexification des conflits, un vecteur d'intensification du conflit ou permettent-elles de résoudre les guerres civiles d'une manière plus adéquate que ne le font les acteurs internationaux légitimes et légitimés ?
Si l'émergence des compagnies de sécurité privées dans les « nouvelles » guerres civiles répond à une nouvelle configuration de la gestion internationale des conflits post guerre-froide et présente d'indéniables facteurs de régulation des guerres civiles (I), la logique « privatiste » qui les guide ne permet néanmoins pas de supplanter sur le long terme la gestion des difficultés post-conflit, d'autant que ces compagnies privées échappent à toute forme de régulation. (II)
On voit aujourd'hui s'opposer de multiples parties au sein de conflits caractérisés par une absence de l'Etat, à tel point que certains politologues sont parfois allés jusqu'à dénier le qualificatif de « guerre civile » à un conflit interne qui se déroulait sans la participation des forces gouvernementales légitimes, pour lui préférer le terme de « guerre interne » ou de « guerre déstructurée ». Caractérisées par l'absence de toute autorité étatique légitime, ces guerres civiles voient émerger de nouveaux acteurs, au premier plan desquels « les nouveaux mercenaires », compagnies privées de sécurité, ou encore sociétés militaires privées.
Dans les années 1960 à 1980, les conflits qui prennent naissance en Afrique dans le sillage de la décolonisation voient déjà apparaître ces « nouveaux mercenaires ». La fin de la guerre froide leur a offert un nouveau champ d'action, surtout dans un contexte marqué par l'affaiblissement des Etats. En outre, le rapport Brahimi relatif au bilan des activités de l'ONU rendu public en 2000 a relancé le débat, puisque ses conclusions ont conduit bon nombre d'analystes à suggérer de privatiser les opérations de maintien de la paix.
La question est ici celle de la régulation des guerres civiles ; cette régulation comprend à la fois un aspect gestion du conflit, mais aussi un aspect peace-keeping, et la capacité de régulation des firmes devra être envisagée sous ces deux angles d'étude. Face à l'acuité du débat et à la présence des acteurs privés dans une multitude de conflits, il convient de s'interroger sur la nature du phénomène, les causes de son développement et son efficacité.
Les compagnies de sécurité privées sont-elles un facteur de régulation ou de complexification des conflits, un vecteur d'intensification du conflit ou permettent-elles de résoudre les guerres civiles d'une manière plus adéquate que ne le font les acteurs internationaux légitimes et légitimés ?
Si l'émergence des compagnies de sécurité privées dans les « nouvelles » guerres civiles répond à une nouvelle configuration de la gestion internationale des conflits post guerre-froide et présente d'indéniables facteurs de régulation des guerres civiles (I), la logique « privatiste » qui les guide ne permet néanmoins pas de supplanter sur le long terme la gestion des difficultés post-conflit, d'autant que ces compagnies privées échappent à toute forme de régulation. (II)
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