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Etudiant
Niveau
Expert
Etude suivie
management...
Ecole, université
EDHEC

Informations sur le doc

Date de publication
05/10/2007
Langue
français
Format
Word
Type
dissertation
Nombre de pages
5 pages
Niveau
expert
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8 fois
Validé par
le comité Oboulo.com
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La tolérance : « Je déteste vos idées mais je suis prêt à mourir pour votre droit de les exprimer », Voltaire

  1. La tolérance est une nécessité morale et politique
  2. La tolérance est une vertu morale et individuelle et l'Etat est neutre et garant de notre liberté

L’esprit des Lumières, influencé directement par l’humanisme qui place l’homme au centre des intérêts, préconise la souveraineté de l’individu, ce qui remet en cause l’absolutisme politique des sociétés d’ancien régime. Les penseurs assignent alors à l’humain un certain nombre de droits – de pensée, d’opinion, d’expression – inhérents au contrat social. En effet, dans un contexte de persécutions religieuses, en Angleterre depuis l’anglicanisme forcé ou en France avec la révocation de l’édit de Nantes, se manifeste la défense de la tolérance, notamment avec Locke ou Voltaire. Ce dernier, fuyant l’inquisition catholique qui accuse d’hérétiques tous ceux qui ne respectent pas à la lettre la liturgie de l’Eglise Romaine, a trouvé refuge à la cour de Frédéric II en Hollande, pays déjà caractérisé par son ouverture et sa tolérance. Il prononce cette formule célèbre qui d’emblée apparaît paradoxale voire contradictoire: « Je déteste vos idées mais je suis prêt à mourir pour votre droit de les exprimer » dans une lettre de sa correspondance. Cette phrase résume dans une certaine mesure l’esprit des Lumières puisqu’elle concentre l’individualité (« Je »), la prise de position (« Déteste vos idées »), l’engagement illustré particulièrement lors de l’affaire Calas (« Mais je suis prêt à mourir ») et la tolérance (« Pour votre droit de les exprimer »). L’utopie, « meilleur des mondes possibles » dans lequel chacun peut s’épanouir librement, devient une réalité grâce à un Etat de droit garant des libertés individuelles, notamment la liberté de penser et d’expression, et l’engagement de chaque citoyen qui a le devoir politique mais également moral d’agir pour protéger la diversité des opinions.
Les deux propositions sont reliées par la conjonction de coordination « mais » qui souligne si ce n’est une opposition au moins un paradoxe évident entre l’éloignement des conceptions et l’investissement personnel érigé comme un devoir pour défendre le droit d’expression d’idées qu’on ne partage finalement pas. Car, la tolérance, étymologiquement « constance à supporter », n’appelle pas une intervention chevronnée et une action obligatoire pour imposer ce que l’on ne conçoit pas; au contraire, elle est de l’ordre de l’acceptation, pousse à s’abstenir de s’immiscer dans les affaires d’autrui libre d’agir et de penser, et tend même à être incompatible avec l’imposition de valeurs.
Dès lors, comment donc peut-il être moralement juste de permettre et même d’imposer des choses jugées moralement mauvaises? Ce qui est désapprouvé moralement, ou plus largement déplaisant, doit-il vraiment s’imposer? En quoi le devoir de défendre la tolérance est-il une vertu pour l’individu et est-ce vraiment son rôle? Dans quelle mesure l’Etat doit-il être tolérant et est-ce que la reconnaissance de toutes les valeurs et idéaux est vraiment un bien pour la société?
Ces différentes questions convergent en définitive vers le problème fondamental suivant: Dans quelle mesure est-il un devoir individuel et collectif de tolérer l’intolérable? Moi, citoyen et homme qui aspire au bien, dois-je tolérer l’intolérable et même le défendre? L’Etat quant à lui peut-il se permettre d’accepter, au-delà de l’expression, l’action d’individus qui visent à imposer un mode de vie intolérant. A travers les différents domaines concernés, la morale et le politique, et des différents enjeux, liberté et vérité, notre questionnement cherchera à préciser la vocation de la philosophie: comment bien vivre en humain.

[...] Au nom de la tolérance, le déiste rejette le fanatisme religieux et le culte sectaire. Le pluralisme présente l’intolérance comme moralement mauvaise et a contrario annonce la valeur de la diversité inhérente à la condition humaine. Mill, généralisant la tolérance à d’autres domaines que la religion, montre dans De la liberté, que les individus sont fondamentalement différents au-delà de leur disparité physique et donc, au nom de la souveraineté individuelle qui est au moins une nécessité, il suggère la multitude des expériences de vie. [...]


[...] Il est donc évident que non seulement je ne dois pas tout faire pour rejeter une opinion qui me paraît invalide avec mes propres conceptions mais je dois même l’accepter voire l’intégrer comme possibilité de s’exprimer et même me l’imposer si elle satisfait la majorité, selon le principe démocratique de base. Pourtant, pourquoi dois-je me battre pour que chaque idée puisse être exprimée? En quoi est-ce de l’ordre de mon devoir moral de répandre chaque point de vue et d’aider mon prochain comme moi-même? [...]


[...] S’il garantit les mêmes chances d’épanouissement alors il prend parti pour les minorités visibles S’il ne fait rien alors il se range du côté de la majorité silencieuse Le problème réside finalement dans l’action. Je suis prêt à mourir pour exprimer et non pour concrétiser vos idées. En effet, l’Etat doit assumer l’autonomie individuelle. La diversité des aspirations suppose à la fois que l’Etat n’impose pas de conception du bien mais aussi qu’il est impossible de réaliser l’ensemble des idéaux et donc de satisfaire chaque individu. La pornographie doit être tolérée au nom de la liberté d’expression. [...]


[...] Le glaive du magistrat est nécessaire pour faire respecter les lois qui s’appliquent à tous et qui préservent la liberté individuelle. La société civile qui aspire au bonheur doit garantir la paix civile et la prospérité des lois équitables auxquelles chaque membre doit nécessairement obéir même si elles semblent injustes. Socrate, dans L’Apologie de Socrate de Platon, l’a très bien compris et refuse de ne pas se soumettre à la loi même si elle semble injuste. L’Etat vise les intérêts civils temporels, comme la vie les biens ou la liberté, et se doit d’utiliser la force sur quiconque se soustrait à la loi. [...]


[...] En tant que substance pensante et surtout puissance libre, je me dois d’intervenir, quitte à supporter des dommages physiques ou moraux car la liberté d’expression des idées est un droit universel et inaliénable inhérent au cadre social. Je ne saurais supporter un ensemble unique et unifié de valeurs car je dois m’ouvrir à la liberté pour reconnaître l’universalité. Néanmoins, toutes les valeurs sont-elles réellement conciliables, comme le sous-entend dans son Eloge de la liberté? Peut-on vraiment penser le droit d’expression comme absolu? Les individus doivent donc se battre en vue d’établir un Etat garantissant par des lois applicables à tous ma liberté. [...]


[...] En quoi le devoir de défendre la tolérance est-il une vertu pour l’individu et est-ce vraiment son rôle? Dans quelle mesure l’Etat doit-il être tolérant et est-ce que la reconnaissance de toutes les valeurs et idéaux est vraiment un bien pour la société? Ces différentes questions convergent en définitive vers le problème fondamental suivant: Dans quelle mesure est-il un devoir individuel et collectif de tolérer l’intolérable? Moi, citoyen et homme qui aspire au bien, dois-je tolérer l’intolérable et même le défendre? [...]


[...] D’où la nécessité de la neutralité de l’Etat qui ne doit pas imposer une conception du bien, ni favoriser certaines ni persécuter d’autres. Je suis dans une arène où j’accomplis la vie qui me plaît et où je peux m’exprimer sur tout et même exprimer n’importe quoi. Le pluralisme moral et la multitude des genres de vie se heurtent pourtant à l’impossibilité de les appliquer tous simultanément. Nos libertés s’entrecroisent et les conceptions des modes de vie se révèlent en fait concurrentes mais surtout antagonistes et incompatibles. Dans ces conditions, quel est le rôle de l’Etat? [...]


[...] La tolérance est une nécessité car outre le fait que l’intolérance - vaine, destructrice, inefficace, irrationnelle - est à rejeter, elle est juste, sensée, légitime, obligatoire. Pourtant, cette vertu qui impose une vision universelle ne saurait concilier tous les genres de vie car le pluralisme est par définition antagoniste. C’est ainsi que chacun doit exprimer son idée en toute liberté et il fait même partie du devoir moral et politique de l’humain qui désire vivre dans une société libre et juste d’aider chacun à professer ses propres idées. [...]


[...] On ne doit pas imposer mais on doit faire respecter les lois et punir ceux qui portent préjudice à autrui ou troublent l’ordre public. Le problème central est le concept de valeur neutre ou d’idéal moral pour la tolérance, vertu libérale par excellence. Je dois tolérer l’intolérable dans ses idées et même l’aider à se diffuser car j’ai parfaitement le droit de penser et même d’exprimer des idées intolérantes voire intolérables; mais, je ne dois pas aider à les imposer par la force. [...]

...

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