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Informations sur l'auteur

étudiante
Niveau
Grand public
Etude suivie
sciences...
Ecole, université
IEP lille

Informations sur le doc

Date de publication
28/02/2010
Langue
français
Format
Word
Type
fiche de lecture
Nombre de pages
7 pages
Niveau
grand public
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8 fois
Validé par
le comité Oboulo.com
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"La tentation de l'innocence", Pascal Bruckner (2000)

  1. Le bébé est-il l'avenir de l'homme ?
    1. L'individu vainqueur ou le sacre du roi poussière
    2. Le réenchantement du monde
    3. Des adultes tout petits, petits
  2. Une soif de persécution
    1. L'élection par la souffrance
    2. La nouvelle guerre de Sécession
  3. La concurrence victimaire
    1. L'innocence du bourreau
    2. L'arbitraire du coeur

Au regard de l'immensité du monde et de la multitude des êtres, nous sommes tous des pygmées écrasés par le gigantisme des choses, nous sommes tous des hommes qui rétrécissent. Et le village global n'est que la somme des contraintes qui asservissent tous les hommes à une même extériorité dont ils tentent de se préserver à défaut de la maitriser. Nous semblons ainsi dessaisis de nous-mêmes par un enchainement de forces sur lesquelles nous n'avons aucune influence.

Cette sorte de maladie de l'individualisme qui consiste à vouloir échapper aux conséquences de ses actes, cette tentative de jouir des bénéfices de la liberté sans souffrir aucun de ses inconvénients est appelée "innocence" par l'auteur et consiste en deux tendances : infantilisme et victimisation.

[...] Nous vivons toujours dans un monde dominé par des valeurs masculines. Si les femmes ont conquis un nouveau droit, c'est celui d'être malheureuse : elles sont devenues, après les hommes, des personnes privées, contraintes tout comme eux de s'inventer dans le trouble et le tâtonnement. Et en désertant souvent malgré eux les rôles qui leur étaient dévolus, mais sans les abandonner tout à fait, hommes et femmes se retrouvent désormais dans une sorte d'incertitude où ils se doivent de bricoler de nouveaux modèles à partir des anciens. [...]


[...] Chacun devient une exception à laquelle le code devrait s'adapter, chacun déduit le droit de sa propre existence. La victimisation est la version doloriste du privilège, elle permet de refaire de l'innocence comme on refait une virginité. La démocratie se résume désormais à la permission de faire ce que l'on veut. Et quand les élites se veulent au-delà du bien et du mal et refusent toute espèce de sanction, c'est l'ensemble du corps social qui est invité à bannir l'idée même de responsabilité. [...]


[...] Si la douleur met en valeur celui qui la ressent, il est une façon ostentatoire d'exagérer ses moindres soucis qui permet de déployer sur ses proches une tenace volonté de puissance. Se dire persécuté devient une manière subtile de persécuter autrui. Dire qu'on n'est jamais coupable revient à dire qu'on n'est jamais capable. La victimisation est le recours de celui qui, en proie à la peur, se constitue en un objet d'apitoiement plutôt que d'affronter ce qui l'effraie. Et plus la sécurité s'étend, plus s'étend le besoin de se prémunir contre une adversité polymorphe qui peut surgir de partout. [...]


[...] La tentation de l'innocence, Pascal Bruckner L'homme qui rétrécit Au regard de l'immensité du monde et de la multitude des êtres, nous sommes tous des pygmées écrasés par le gigantisme des choses, nous sommes tous des hommes qui rétrécissent. Et le village global n'est que la somme des contraintes qui asservissent tous les hommes à une même extériorité dont ils tentent de se préserver à défaut de la maitriser. Nous semblons ainsi dessaisis de nous-mêmes par un enchainement de forces sur lesquelles nous n'avons aucune influence. [...]


[...] Là où le nombre triomphe, la morale capitule. Et nous plaçons la barre si haut, nous sommes tellement affamés d'anéantissement à grande échelle que ces monstruosités nous laissent froids. Nous ingérons une telle dose de drames quotidiens que nous perdons toute faculté de révolte ou de discernement. Les moyens de diffusion massifs de l'information ont ébranlé les catégories du vrai et du faux. Mais les médias ont un pouvoir limité : leur influence sur les évènements est relative. Pourtant la télévision est le meilleur antidote au pouvoir de mobilisation de ses propres images. [...]


[...] Nous entrons ainsi peut-être dans l'ère du génocide banalisé. Tout montrer, tout étaler, tout exposer : voilà le meilleur moyen de nous immuniser des calamités que les médias nous rapportent. Mais notre attention sur les parias du globe est aussi forte qu'instantanée, notre souci des autres est soumis au régime de la versatilité. Le mal est plus profond et fait partie de l'ubris démocratique : c'est la simple volonté d'être informé qui est folle. En nous submergeant toujours plus de faits à toute heure en flots continus, ils excèdent nos possibilités d'absorption. [...]


[...] Mais ni l'abondance ni les loisirs ne nous comblent jamais. Le consumérisme nous déçoit fatalement puisqu'il nous invite à tout attendre d'un achat ou d'un spectacle, excluant toute expérience intérieure, tout agrandissement de soi ou relation durable avec les autres, seuls générateurs d'une vraie joie. Notre attachement à la démocratie est d'abord un attachement aux avantages immodérés de la prospérité. C'est la richesse et le triomphe de la vie privée qui accompagnent chez nous la floraison des droits politiques et sociaux. [...]


[...] Nous sommes les enfants gâtés d'une histoire pour laquelle nous n'avons à acquitter d'autre prix que de venir au monde. Ce que notre société honore à travers ses largesses et ses munificences, c'est le simple fait que nous existions. Nous sommes constamment remerciés et félicités pour avoir eu l'obligeance de naitre. Mais tout cela nous investit d'une souveraineté absolue dont le symbole est matérialisé par les chefs d'État qui d'un doigt peuvent provoquer l'apocalypse nucléaire. Pour autant, nous ne manifestons aucune gratitude face à ce progrès. Quand la science est incapable de contrer une maladie, nous sommes choqués. [...]


[...] Les hommes se ressemblent désormais dans leur volonté de se distinguer. Le châtiment qu'encourt l'individu contemporain est moins l'emprisonnement ou la répression que l'indifférence : ne compter pour rien, n'exister que pour soi, demeurer éternellement un pré-quelqu'un. Nos sociétés sont obsédées par le conformisme parce qu'elles sont composées d'individus qui se piquent de singularité mais alignent leur comportement sur celui de tous. Dans ce contexte l'individu moderne aura tendance à oublier ses devoirs et brandir ses droits. Mais il y a dans l'aspiration à être soi un tel appétit de bonheur et de plénitude que l'existence génère automatiquement des déceptions. [...]


[...] L'arbitraire du cœur Dans les pays démocratiques où règne la liberté de l'information, c'est à force d'être dévoilé et étalé quotidiennement sur les écrans et les journaux que le malheur des autres nous devient peu à peu invisible. Parce qu'elles se succèdent les actualités se concurrencent et peu à peu l'abomination qui nous avait bouleversés se dégrade en anecdote. Les médias possèdent cette faculté unique de créer autant que d'user l'évènement. On banalise la représentation de l'épouvante, et l'exhibition de l'effroi, loin d'émouvoir, favorise surtout l'une de nos pulsions : le voyeurisme. Ce pêle-mêle de douleurs a pour principal effet d'écraser le téléspectateur sous l'ampleur de la tâche. [...]

...

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