La politique économique française à Madagascar selon la correspondance de Gallieni (1893-1899)
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exposé
publié le 04/10/2007
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Résumé
Ce texte est constitué dextraits des Lettres de madagascar de gallieni, tirées de sa correspondance de 1893 à 1899. Ces lettres, dun supérieur à ses subordonnés, sont en fait des documents de travail à usage interne. Ces matériaux dordre pratique sont réunis en 1928 car ils ont pris une dimension théorique.
gallieni est un militaire qui en vient à remplir des fonctions dadministrateur, dhomme politique et de businessman. Sa grande polyvalence dans ces différentes fonctions est donc frappante. Auteur dinstructions pour la pacification, il est aussi Gouverneur Général de madagascar au moment de lécriture de ces lettres. Militaire haut-gradé ayant une expérience coloniale au Soudan et au Tonkin, il reste un homme de terrain aux actions antérieures : ce vécu dans les affaires coloniales lui permet dappuyer ses remarques sur madagascar par un retour dexpérience.
Ces diverses lettres sont destinées à ses subordonnés, les chefs de province, des militaires et des civils, plus jeunes et moins expérimentés que lui.
madagascar est une vieille convoitise de la France qui y détient depuis 1643 des comptoirs commerciaux. De plus, cette île a constitué un enjeu stratégique majeur : elle se situait sur la route maritime entre lIndochine et la métropole. La France va manifester clairement sa volonté impériale dans la région vers 1890. Une expédition militaire décidée par Ferry sassure en 1885 quelques gages territoriaux et impose à la reine malgache Ranavalona III un protectorat français. Mais cest en fait la politique impérialiste de la dynastie régnante qui va rapprocher la France de madagascar. Des peuples comme les Sakalaves nacceptaient pas de se soumettre au royaume Merina : pour échapper à son emprise, dans les années 1840, plusieurs chefs conclurent des traités avec des officiers français dans le but de se placer sous la protection de la France et déchapper à la tutelle dAntananarivo. Se fondant sur ces traités, la France affirma alors ses droits sur la partie nord-ouest de lîle, ce qui conduisit à une première guerre franco-malgache en 1883-1885 à lissue de laquelle les troupes françaises semparèrent dun certain nombre de points dappui sur le littoral de lîle. A lissue du conflit la France revendiqua un droit de contrôle sur les relations étrangères du gouvernement malgache, ce que ce dernier refusait farouchement. 1890 marque un tournant dans lhistoire coloniale de lîle : Londres et Berlin reconnaissent alors à Paris le droit dintégrer madagascar dans sa zone dinfluence. En décembre 1894, les troupes françaises occupent Tamatave et le 30 septembre 1895, elles entrent à Antananarivo. Le 1er octobre, un protectorat français est institué. En 1896, la monarchie est abolie et lîle totalement intégrée au domaine colonial français. La victoire face à un puissant mouvement nationaliste, écrasé avec une grande vigueur, permet à la France dachever sa totale prise de contrôle de madagascar.
Ce texte se focalise sur les problèmes dordre économique ; linsécurité, les conflits, les rébellions ou la violence latente ne sont pas traités ici. Mais on voit que, malgré la situation apparemment peu tendue, cest larmée qui centralise toutes les initiatives. Elle devient loutil qui permettra dinstaurer un profit économique et commercial à la métropole.
La politique économique française à madagascar dans les années 1890 fait ainsi appel à larmée et linstrumentalise dans un but avant tout commercial et de profit. Toutefois cette entreprise nest pas dénuée dune recherche certaine déducation et dacculturation des indigènes malgaches. Mais ce pragmatisme dans la gestion de madagascar ne fait pas oublier les menaces des puissances étrangères ou coloniales dans la quête française dautorité sur lîle.
gallieni est un militaire qui en vient à remplir des fonctions dadministrateur, dhomme politique et de businessman. Sa grande polyvalence dans ces différentes fonctions est donc frappante. Auteur dinstructions pour la pacification, il est aussi Gouverneur Général de madagascar au moment de lécriture de ces lettres. Militaire haut-gradé ayant une expérience coloniale au Soudan et au Tonkin, il reste un homme de terrain aux actions antérieures : ce vécu dans les affaires coloniales lui permet dappuyer ses remarques sur madagascar par un retour dexpérience.
Ces diverses lettres sont destinées à ses subordonnés, les chefs de province, des militaires et des civils, plus jeunes et moins expérimentés que lui.
madagascar est une vieille convoitise de la France qui y détient depuis 1643 des comptoirs commerciaux. De plus, cette île a constitué un enjeu stratégique majeur : elle se situait sur la route maritime entre lIndochine et la métropole. La France va manifester clairement sa volonté impériale dans la région vers 1890. Une expédition militaire décidée par Ferry sassure en 1885 quelques gages territoriaux et impose à la reine malgache Ranavalona III un protectorat français. Mais cest en fait la politique impérialiste de la dynastie régnante qui va rapprocher la France de madagascar. Des peuples comme les Sakalaves nacceptaient pas de se soumettre au royaume Merina : pour échapper à son emprise, dans les années 1840, plusieurs chefs conclurent des traités avec des officiers français dans le but de se placer sous la protection de la France et déchapper à la tutelle dAntananarivo. Se fondant sur ces traités, la France affirma alors ses droits sur la partie nord-ouest de lîle, ce qui conduisit à une première guerre franco-malgache en 1883-1885 à lissue de laquelle les troupes françaises semparèrent dun certain nombre de points dappui sur le littoral de lîle. A lissue du conflit la France revendiqua un droit de contrôle sur les relations étrangères du gouvernement malgache, ce que ce dernier refusait farouchement. 1890 marque un tournant dans lhistoire coloniale de lîle : Londres et Berlin reconnaissent alors à Paris le droit dintégrer madagascar dans sa zone dinfluence. En décembre 1894, les troupes françaises occupent Tamatave et le 30 septembre 1895, elles entrent à Antananarivo. Le 1er octobre, un protectorat français est institué. En 1896, la monarchie est abolie et lîle totalement intégrée au domaine colonial français. La victoire face à un puissant mouvement nationaliste, écrasé avec une grande vigueur, permet à la France dachever sa totale prise de contrôle de madagascar.
Ce texte se focalise sur les problèmes dordre économique ; linsécurité, les conflits, les rébellions ou la violence latente ne sont pas traités ici. Mais on voit que, malgré la situation apparemment peu tendue, cest larmée qui centralise toutes les initiatives. Elle devient loutil qui permettra dinstaurer un profit économique et commercial à la métropole.
La politique économique française à madagascar dans les années 1890 fait ainsi appel à larmée et linstrumentalise dans un but avant tout commercial et de profit. Toutefois cette entreprise nest pas dénuée dune recherche certaine déducation et dacculturation des indigènes malgaches. Mais ce pragmatisme dans la gestion de madagascar ne fait pas oublier les menaces des puissances étrangères ou coloniales dans la quête française dautorité sur lîle.
Sommaire
- La politique économique française à Madagascar : l'utilisation de l'armée française dans un but de profit économique et commercial
- La volonté de la métropole : implanter des maisons françaises (l.18) pour assurer la présence nationale
- L'instrumentalisation de l'armée : un bras armé pour imposer les produits français
- La recherche d'une implantation dans les esprits, les murs et les curs
- L'inscription française dans la consommation et la production
- L'inscription de l'identité française dans les murs
- Le danger de la prise d'influence de puissances étrangères dans un espace fragilisé par des rayonnements occidentaux multiples
- La menace anglaise : une concurrence déjà ancienne
- La menace américaine : l'émergence d'une nouvelle puissance économique mondiale, en quête de nouveaux marchés
