Le pouvoir d'achat a-t-il réellement baissé en France depuis le passage à l'euro ?
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étude de cas
publié le 04/11/2008
avis client : non évalué
niveau : grand public
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Résumé
En france, de lavis général, le pouvoir dachat a baissé, mais doù vient cette certitude ?
Il y a deux causes principales à cela, lune delles est politique, lautre est dordre médiatique. Lorsquil nous a promis une hausse du pouvoir dachat, Nicolas Sarkozy, candidat à la présidentielle de 2007, a répandu lidée selon laquelle les Français ne disposaient pas dun pouvoir dachat suffisant. Tout le long des élections, le débat sest donc articulé autour de cette idée : comment augmenter le pouvoir dachat des Français ? A tel point que lactuel Président est depuis surnommé « le Président du pouvoir dachat ».
Les médias martèlent quant à eux chaque jour les esprits avec laugmentation du prix des matières premières, la hausse du prix de lénergie, et lexplosion des prix des biens alimentaires. Il nest, pour sen rendre compte, que de lire la une des journaux : Nouvelle flambée des cours des matières premières ; Alimentaire : les prix flambent toujours ; Le pétrole à plus de 100 dollars
Avec toute cette médiatisation et cette agitation autour du pouvoir dachat, dinsuffisant il est devenu en baisse dans lesprit des Français, contredisant pourtant les statistiques de lINSEE.
Cette impression est concrètement apparue depuis le passage à leuro. On a alors accusé les entreprises et commerçants davoir profité du changement de monnaie pour augmenter leurs tarifs, raffermir leurs marges devant la perturbation des consommateurs face aux nouvelles pièces
Ainsi, lorsque le quotidien gratuit Métro (nº1328) pose la question suivante : Qui est responsable de la hausse des prix ? voilà ce quil reçoit en guise de réponse: Leuro, et le fait quon arrondisse les prix à la décimale supérieure (daprès Laura, 19 ans, étudiante en droit), réponse reflétant lopinion générale.
En réponse à toutes ces préoccupations, le gouvernement a lancé, mercredi 27 février 2008, une enquête sur la réelle augmentation du prix des denrées alimentaires. Ceci afin de mettre en avant une possible hausse de la marge que se réservent les distributeurs.
Cependant, même si les conclusions parviennent à ce genre de résultats, cette enquête restera tout de même un vecteur dinformation principal et non une préparation à laction, puisquen france, lEtat ne dispose daucun moyen efficace pour pénaliser les « profiteurs » ou tout simplement relancer le pouvoir dachat. En effet, les mesures suggérées par les différents partis politiques, les médias ou la population, telles que la baisse de la TVA ou une augmentation significative des revenus des fonctionnaires, sont tout simplement inenvisageables étant donné limpact que cela aurait sur le budget.
Autre solution récemment apportée par le rapport Attali dont lobjectif est dune meilleure efficacité de la croissance. Celle de favoriser les entreprises et la main duvre française en mettant laccent sur une meilleure éducation à lobjectif de relancer la recherche et le développement afin dencourager les entreprises (en mettant laccent sur le développement des TPE et PME), engendrer de la concurrence sur le marché de loffre français et créer de lemploi en france en essayant dans le même temps de réduire les dépenses publiques. Bref, des solutions clairement envisageables existent nécessitant un travail de fond sur le système français pour en dégager une productivité nettement efficace, de lemploi, pour un pouvoir dachat que tous souhaitent voir augmenter plus vite.
Mais avant dentamer létude détaillée, il est important de définir clairement le pouvoir dachat afin de saisir la réflexion menée.
LInstitut National des Statistiques et des Etudes Economiques (INSEE) nous donne cette définition : Le pouvoir d'achat du salaire est la quantité de biens et de services que l'on peut acheter avec une unité de salaire. Son évolution est liée à celles des prix et des salaires.
Pour comprendre cette définition, il faut définir ce quest un bien et ce quest un service, toujours en nous aidant des définitions de lINSEE.
Les biens sont des objets tangibles, physiques, que lon peut toucher et qui sont commercialisés afin de répondre à une demande, elle-même stimulée par un besoin ou un désir .
Les services, quant à eux, sont des prestations de personnes mettant à disposition dautrui leur(s) capacité(s) physiques ou intellectuelles qui ne nécessitent pas toujours une contrepartie monétaire, cest ce quon appelle les services marchands et les services non-marchands .
On peut maintenant traduire une partie de la définition de lINSEE : le pouvoir dachat du salaire est la quantité dobjets et de prestations que lon peut se fournir avec un certain salaire. La suite mérite encore quelques approfondissements. En effet, on peut se demander de quoi est composé le salaire tandis que la mention du mot « prix » amène forcément celle du calcul de lIPC, Indice des Prix à la Consommation.
Le salaire correspond aux revenus du travail sur les revenus dactivité. Cependant, un ménage ne dispose pas que de ses revenus dactivité pour vivre. Il dispose aussi des revenus du patrimoine* (immobilier, boursier ) et des prestations sociales (retraites et indemnités chômage, allocations ). On appelle revenu disponible laddition des revenus du travail, des revenus du patrimoine et des prestations sociales, moins les impôts directs (taxe dhabitation, impôt sur le revenu ).
Pour lIPC, le plus clair, cest cette définition venue de lINSEE encore une fois :
L'indice des prix à la consommation (IPC) est l'instrument de mesure, entre deux périodes données, de la variation du niveau général des prix sur le territoire français. Il s'agit des prix des biens et des services proposés aux consommateurs sur l'ensemble du territoire.
L'Insee suit les prix affichés toutes taxes comprises (TTC). Cela comprend les soldes et les promotions, mais exclut les réductions privées (cartes de fidélité) et les remises en caisse.
Une faible part, moins de 5 %, des biens et services ne sont pas couverts par l'indice : il s'agit principalement des services hospitaliers privés, de l'assurance vie et des jeux de hasard.
Ces produits sont exclus pour des raisons méthodologiques : par exemple les assurances vie sont en général à la fois des assurances, qui devraient être suivies par l'IPC, et des placements financiers, exclus du champ de l'IPC. Or ces deux fonctions sont indissociables et il est donc impossible de déterminer le prix du seul service d'assurance.
Mais pourquoi sintéresser à lIPC ?
Si lon sintéresse à lIPC, cest parce que calculer lévolution du pouvoir dachat revient à comparer lévolution du revenu disponible (dont on a précédemment évoqué la définition) à celle de lIPC. Ainsi, si le revenu disponible augmente plus vite que les prix, le pouvoir dachat augmente. A linverse, si ce sont les prix qui augmentent plus vite que le revenu disponible, le pouvoir dachat stagne, mais ne diminue pas car étant une constante évolution. LIPC est donc primordial dans le calcul du pouvoir dachat.
Afin dêtre plus précis, il faudra distinguer lévolution du pouvoir dachat selon les différentes professions et catégories socioprofessionnelles (agriculteurs ; artisans, commerçants ; cadres, professions intellectuelles supérieures ; professions intermédiaires ; employés ; ouvriers ; retraités ; autres personnes sans activité professionnelle) étant donné que lune des bases de calcul du pouvoir dachat est le revenu. Or le revenu est différent pour chaque ménage, mais se rapproche à lintérieur même des catégories socioprofessionnelles.
Il y a deux causes principales à cela, lune delles est politique, lautre est dordre médiatique. Lorsquil nous a promis une hausse du pouvoir dachat, Nicolas Sarkozy, candidat à la présidentielle de 2007, a répandu lidée selon laquelle les Français ne disposaient pas dun pouvoir dachat suffisant. Tout le long des élections, le débat sest donc articulé autour de cette idée : comment augmenter le pouvoir dachat des Français ? A tel point que lactuel Président est depuis surnommé « le Président du pouvoir dachat ».
Les médias martèlent quant à eux chaque jour les esprits avec laugmentation du prix des matières premières, la hausse du prix de lénergie, et lexplosion des prix des biens alimentaires. Il nest, pour sen rendre compte, que de lire la une des journaux : Nouvelle flambée des cours des matières premières ; Alimentaire : les prix flambent toujours ; Le pétrole à plus de 100 dollars
Avec toute cette médiatisation et cette agitation autour du pouvoir dachat, dinsuffisant il est devenu en baisse dans lesprit des Français, contredisant pourtant les statistiques de lINSEE.
Cette impression est concrètement apparue depuis le passage à leuro. On a alors accusé les entreprises et commerçants davoir profité du changement de monnaie pour augmenter leurs tarifs, raffermir leurs marges devant la perturbation des consommateurs face aux nouvelles pièces
Ainsi, lorsque le quotidien gratuit Métro (nº1328) pose la question suivante : Qui est responsable de la hausse des prix ? voilà ce quil reçoit en guise de réponse: Leuro, et le fait quon arrondisse les prix à la décimale supérieure (daprès Laura, 19 ans, étudiante en droit), réponse reflétant lopinion générale.
En réponse à toutes ces préoccupations, le gouvernement a lancé, mercredi 27 février 2008, une enquête sur la réelle augmentation du prix des denrées alimentaires. Ceci afin de mettre en avant une possible hausse de la marge que se réservent les distributeurs.
Cependant, même si les conclusions parviennent à ce genre de résultats, cette enquête restera tout de même un vecteur dinformation principal et non une préparation à laction, puisquen france, lEtat ne dispose daucun moyen efficace pour pénaliser les « profiteurs » ou tout simplement relancer le pouvoir dachat. En effet, les mesures suggérées par les différents partis politiques, les médias ou la population, telles que la baisse de la TVA ou une augmentation significative des revenus des fonctionnaires, sont tout simplement inenvisageables étant donné limpact que cela aurait sur le budget.
Autre solution récemment apportée par le rapport Attali dont lobjectif est dune meilleure efficacité de la croissance. Celle de favoriser les entreprises et la main duvre française en mettant laccent sur une meilleure éducation à lobjectif de relancer la recherche et le développement afin dencourager les entreprises (en mettant laccent sur le développement des TPE et PME), engendrer de la concurrence sur le marché de loffre français et créer de lemploi en france en essayant dans le même temps de réduire les dépenses publiques. Bref, des solutions clairement envisageables existent nécessitant un travail de fond sur le système français pour en dégager une productivité nettement efficace, de lemploi, pour un pouvoir dachat que tous souhaitent voir augmenter plus vite.
Mais avant dentamer létude détaillée, il est important de définir clairement le pouvoir dachat afin de saisir la réflexion menée.
LInstitut National des Statistiques et des Etudes Economiques (INSEE) nous donne cette définition : Le pouvoir d'achat du salaire est la quantité de biens et de services que l'on peut acheter avec une unité de salaire. Son évolution est liée à celles des prix et des salaires.
Pour comprendre cette définition, il faut définir ce quest un bien et ce quest un service, toujours en nous aidant des définitions de lINSEE.
Les biens sont des objets tangibles, physiques, que lon peut toucher et qui sont commercialisés afin de répondre à une demande, elle-même stimulée par un besoin ou un désir .
Les services, quant à eux, sont des prestations de personnes mettant à disposition dautrui leur(s) capacité(s) physiques ou intellectuelles qui ne nécessitent pas toujours une contrepartie monétaire, cest ce quon appelle les services marchands et les services non-marchands .
On peut maintenant traduire une partie de la définition de lINSEE : le pouvoir dachat du salaire est la quantité dobjets et de prestations que lon peut se fournir avec un certain salaire. La suite mérite encore quelques approfondissements. En effet, on peut se demander de quoi est composé le salaire tandis que la mention du mot « prix » amène forcément celle du calcul de lIPC, Indice des Prix à la Consommation.
Le salaire correspond aux revenus du travail sur les revenus dactivité. Cependant, un ménage ne dispose pas que de ses revenus dactivité pour vivre. Il dispose aussi des revenus du patrimoine* (immobilier, boursier ) et des prestations sociales (retraites et indemnités chômage, allocations ). On appelle revenu disponible laddition des revenus du travail, des revenus du patrimoine et des prestations sociales, moins les impôts directs (taxe dhabitation, impôt sur le revenu ).
Pour lIPC, le plus clair, cest cette définition venue de lINSEE encore une fois :
L'indice des prix à la consommation (IPC) est l'instrument de mesure, entre deux périodes données, de la variation du niveau général des prix sur le territoire français. Il s'agit des prix des biens et des services proposés aux consommateurs sur l'ensemble du territoire.
L'Insee suit les prix affichés toutes taxes comprises (TTC). Cela comprend les soldes et les promotions, mais exclut les réductions privées (cartes de fidélité) et les remises en caisse.
Une faible part, moins de 5 %, des biens et services ne sont pas couverts par l'indice : il s'agit principalement des services hospitaliers privés, de l'assurance vie et des jeux de hasard.
Ces produits sont exclus pour des raisons méthodologiques : par exemple les assurances vie sont en général à la fois des assurances, qui devraient être suivies par l'IPC, et des placements financiers, exclus du champ de l'IPC. Or ces deux fonctions sont indissociables et il est donc impossible de déterminer le prix du seul service d'assurance.
Mais pourquoi sintéresser à lIPC ?
Si lon sintéresse à lIPC, cest parce que calculer lévolution du pouvoir dachat revient à comparer lévolution du revenu disponible (dont on a précédemment évoqué la définition) à celle de lIPC. Ainsi, si le revenu disponible augmente plus vite que les prix, le pouvoir dachat augmente. A linverse, si ce sont les prix qui augmentent plus vite que le revenu disponible, le pouvoir dachat stagne, mais ne diminue pas car étant une constante évolution. LIPC est donc primordial dans le calcul du pouvoir dachat.
Afin dêtre plus précis, il faudra distinguer lévolution du pouvoir dachat selon les différentes professions et catégories socioprofessionnelles (agriculteurs ; artisans, commerçants ; cadres, professions intellectuelles supérieures ; professions intermédiaires ; employés ; ouvriers ; retraités ; autres personnes sans activité professionnelle) étant donné que lune des bases de calcul du pouvoir dachat est le revenu. Or le revenu est différent pour chaque ménage, mais se rapproche à lintérieur même des catégories socioprofessionnelles.
Sommaire
- Revue de littérature
- Pourquoi un prix augmente-t-il ?
- Quelles sont les causes de l'inflation ?
- Un changement de monnaie peut-il entraîner une hausse des prix ?
- Evolution du contenu du panier de la ménagère
- Evolution des comportements sociétaux et réaction des banques vis-à-vis de ces changements
- Positionnement
- Un pouvoir d'achat en croissance... Mais une perception des Français différente
- L'effet perturbateur de l'Euro
- La notion de prix « juste » devenue floue
- Des budgets de plus en plus contraints
