Le pouvoir monarchique pendant les régences de Marie de Médicis et d’Anne d’Autriche (début du XVIIe siècle)

Date de publication :

30/05/2008

Langue :

Français

Format :

.doc

Nombre de pages :

7 pages

Niveau :

grand public

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Sommaire :

 
 

Sommaire Le pouvoir monarchique pendant les régences de Marie de Médicis et d’Anne d’Autriche (début du XVIIe siècle) Sommaire

 
  1. L'entrée en matière des deux régentes : légitimation et continuité apparente
  2. Un pouvoir accaparé par les favoris
  3. Une tribune de contestation pour les « grands » du royaume

Résumé :

La loi salique qui organise en France la transmission héréditaire de la couronne par primogéniture mâle ne laisse a priori aucune place aux femmes en matière de pouvoir. Pourtant, au cours du xviie siècle, par deux fois, le royaume de France eut de fait une femme à sa tête. A la mort d'Henri IV en 1610 et à celle de Louis XIII en 1643 chaque fois, le dauphin laissé par le défunt roi n'est pas encore en âge de gouverner (13 ans selon l'ordonnance de Charles V en 1374), âgé respectivement de neuf et cinq ans. Les deux régences furent effectuées par marie de médicis et anne d'autriche. Deux femmes donc, mais aussi deux « étrangères ».
Lors de la minorité d'un roi, si l'on reconnaît au jeune monarque la plénitude de son autorité, on reconnaît également que celui-ci doit être suppléé dans la direction des affaires publiques le temps de parfaire son éducation et d'effectuer son apprentissage. Etant logiquement considérées comme chargées de l'éducation du jeune roi, les reines mères sont progressivement devenues les candidates quasi-naturelles à la régence lors d'une minorité. À tel point qu'à partir du XVe siècle, si l'on fait exception du cas de Philippe d'Orléans en 1715, la régence n'est plus confiée qu'à des femmes. L'autorité royale et la personne du roi n'étant au fil des siècles plus différenciées, on considéra peu à peu que la personne qui s'occupait du roi étant donc par là même titulaire de son autorité. Le processus de « confiscation » de la régence par les femmes ne s'est toutefois pas déroulé sans heurts et chaque nouveau cas de régence continua, malgré l'apparent consensus, à agiter et à susciter les passions ou ambitions de tous ceux qui pouvaient prétendre (de par leur sang ou leurs faveurs auprès du défunt roi) jouer un rôle pendant la régence. En effet, rien d'écrit, comme souvent en France, ne définit clairement qui doit être régent ni comment celui-ci doit exercer son autorité.
La régence en cas de minorité (à différencier de la régence en cas d'absence ou d'incapacité royale pour laquelle le roi, régnant, dispose d'une pleine autorité de nomination) est donc une période de transition : le roi confie à une tierce personne son pouvoir le temps d'être en mesure de l'exercer lui-même. Une régence n'est donc apparemment pas propice à de grands changements politiques ou à d'importantes innovations institutionnelles dans la mesure où le régent est censé remettre au roi lors de sa majorité le royaume dans l'état dans lequel il l'a trouvé. Dans un langage moderne, on dirait que le gouvernement de la régence n'est supposé s'occuper que des « affaires courantes » du royaume. C'est d'ailleurs sur ce critère que les différentes régentes furent très largement jugées. Maintenir l'Etat tel qu'il lui a été confié, voire en rétablir la prospérité passée, telles sont donc les tâches qu'une régente doit accomplir.
La régente dispose théoriquement de la totalité de l'autorité d'un souverain. Sa latitude d'action est en effet considérable. Le fait que les périodes de régences et notamment celles du xviie siècle soient si difficiles à délimiter précisément le démontre bien (la régence ne s'arrête pas subitement avec la majorité du roi contrairement à ce que les régentes elles-mêmes aimèrent à faire penser). Toutefois la marge de manoeuvre se retrouve théoriquement (encore une fois) limitée par le but qu'elle est censée atteindre. Elle doit maintenir le bateau à flot, pas innover. En outre au cours d'une régence, la souveraineté étant toujours incarnée par la personne du roi mais l'autorité étant exercée de fait par la régente, elle apparaît comme une période propice aux contestations dans la mesure où contester la régente peut être justifiée par un certain « devoir de révolte » mettant en avant le fait que le roi est désabusé. Les contestations portant sur le gouvernement de la régente peuvent ainsi être différenciées d'une atteinte à l'autorité monarchique. C'est ainsi que les régences furent généralement des périodes d'affaiblissement du pouvoir royal.

Etudier le pouvoir monarchique sous les régences de début du xviie siècle s'avère donc doublement intéressant. En premier lieu parce qu'il s'agit donc de périodes d'affaiblissement supposé du pouvoir monarchique alors même que la tendance est à l'avènement de la monarchie absolue. Ensuite parce qu'il est intéressant de voir que malgré les innombrables contestations dont furent ponctuées les deux régences la personne du roi et l'institution monarchique ne furent jamais remises en question.

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A propos de l'auteur :

pencil image Lucas Z. étudiant
Niveau :Grand public Etude suivie : Sciences politiques Ecole, université : Paris I Panthéon Sorbonne

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