Le Président Français gouverne-t-il ?
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exposé
publié le 13/01/2008
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Résumé
Qui ne se souvient pas de la phrase du Président de la République, Jacques Chirac, déclarant le 14 juillet 2004, à lencontre de son Ministre de lEconomie et des Finances « je décide, il exécute. » Le Président aurait-il outrepassé son rôle constitutionnel darbitre en déclarant détenir le pouvoir décisionnel ? Le Président gouverne-t-il ?
Gouverner doit ici sentendre comme la capacité à détenir le pouvoir exécutif, le pouvoir décisionnel notamment (rôle dimpulsion politique), mais aussi, dans une conception plus large, la faculté à influencer les orientations politiques « la maîtrise du jeu politique ».
Or, la Constitution du 26 octobre 1958 instaure un bicéphalisme à la tête de lEtat : le Président « assure par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de lEtat » (article 5) tandis que le gouvernement, et notamment le Premier Ministre, « détermine et conduit la politique de la Nation. » (Article 20).En définitive, selon la Constitution, le Président est un arbitre suprême « au dessus de la mêlée » et le gouvernement gouverne.
Néanmoins, si la Constitution est une règle du jeu, elle nest pas tout le jeu : ainsi peut-on dire que cest la pratique politique et non le texte constitutionnel qui est déterminante. Et cest bien là tout lenjeu : la Vème République est véritablement le régime politique où la question de savoir si le Président gouverne est apparue puisque sous les Républiques précédentes, notamment la IIIème et la IVe, le Président se voit attribuer certains pouvoirs, certes, mais se contente de régner, « dexercer une magistrature morale », souvent parce quil na pas le choix du fait de la pratique institutionnelle. « Arroser les chrysanthèmes »
Aussi, un tel regard rétrospectif peut nous amener à nous demander comment le Président a réussi à sémanciper de son rôle constitutionnel darbitre. En effet, il semble aujourdhui indéniable que le Président a une forte capacité daction dans la direction des politiques nationales. Sil ne gouverne jamais seul (cabinet, Premier Ministre), son rôle sest affermi graduellement, certains nhésitant pas à parler de présidentialisme (concentration des pouvoirs entre les mains dun seul) voire de dérive monarchique. Le Président, un monarque républicain au détriment de léquilibre institutionnel des pouvoirs ? Lenjeu est de taille en témoigne les volontés de VIème République.
Face à un tel constat, il conviendrait de se demander dans quelle mesure et par quels moyens le chef de lEtat exerce une domination politique et institutionnelle.
Dans une première partie, nous verrons que le Président français sest émancipé de son statut darbitre jusquà obtenir les moyens pour gouverner (I) avant de démontrer que son rôle, prépondérant, nest modéré quà la marge(II).
Gouverner doit ici sentendre comme la capacité à détenir le pouvoir exécutif, le pouvoir décisionnel notamment (rôle dimpulsion politique), mais aussi, dans une conception plus large, la faculté à influencer les orientations politiques « la maîtrise du jeu politique ».
Or, la Constitution du 26 octobre 1958 instaure un bicéphalisme à la tête de lEtat : le Président « assure par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de lEtat » (article 5) tandis que le gouvernement, et notamment le Premier Ministre, « détermine et conduit la politique de la Nation. » (Article 20).En définitive, selon la Constitution, le Président est un arbitre suprême « au dessus de la mêlée » et le gouvernement gouverne.
Néanmoins, si la Constitution est une règle du jeu, elle nest pas tout le jeu : ainsi peut-on dire que cest la pratique politique et non le texte constitutionnel qui est déterminante. Et cest bien là tout lenjeu : la Vème République est véritablement le régime politique où la question de savoir si le Président gouverne est apparue puisque sous les Républiques précédentes, notamment la IIIème et la IVe, le Président se voit attribuer certains pouvoirs, certes, mais se contente de régner, « dexercer une magistrature morale », souvent parce quil na pas le choix du fait de la pratique institutionnelle. « Arroser les chrysanthèmes »
Aussi, un tel regard rétrospectif peut nous amener à nous demander comment le Président a réussi à sémanciper de son rôle constitutionnel darbitre. En effet, il semble aujourdhui indéniable que le Président a une forte capacité daction dans la direction des politiques nationales. Sil ne gouverne jamais seul (cabinet, Premier Ministre), son rôle sest affermi graduellement, certains nhésitant pas à parler de présidentialisme (concentration des pouvoirs entre les mains dun seul) voire de dérive monarchique. Le Président, un monarque républicain au détriment de léquilibre institutionnel des pouvoirs ? Lenjeu est de taille en témoigne les volontés de VIème République.
Face à un tel constat, il conviendrait de se demander dans quelle mesure et par quels moyens le chef de lEtat exerce une domination politique et institutionnelle.
Dans une première partie, nous verrons que le Président français sest émancipé de son statut darbitre jusquà obtenir les moyens pour gouverner (I) avant de démontrer que son rôle, prépondérant, nest modéré quà la marge(II).
Sommaire
- L'institutionnalisation d'un Président fort, capable de gouverner
- La présidentialisation du régime
- Une « dérive monarchique » acceptée par la classe politique
- Un rôle prépondérant qui n'est modéré qu'à la marge
- Du « monarque » décideur
- Au Président empêcheur
