La présomption d’innocence et le droit constitutionnel.

Date de publication :

21/02/2008

Langue :

Français

Format :

.doc

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18 pages

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expert

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Sommaire :

 
 

Sommaire La présomption d’innocence et le droit constitutionnel. Sommaire

 
  1. L'édification constitutionnelle du principe de présomption d'innocence
    1. La constitutionnalisation du principe de présomption d'innocence
    2. L'effectivité du principe de présomption d'innocence
  2. La présomption d'innocence, une exigence constitutionnelle à concilier avec d'autres principes constitutionnels
    1. La présomption d'innocence et ses manifestations procédurales
    2. La présomption d'innocence et le respect de la dignité de la personne humaine

Résumé :

« La justice doit respecter le droit que chacun a d'être cru innocent » c'est par cette citation que Cesare Beccaria dans son fameux Traité des délits et des peines, en 1764, met en relief le principe de la présomption d'innocence, grâce à une mise en exergue de la sûreté. Ce dernier trouvera à se développer tout au long des décennies qui suivront...
Le fondement textuel de ce principe provient de l'Ancien droit, le principe de présomption d'innocence fut d'abord formulé dans la déclaration de Louis XVI du 1 mai 1788 selon laquelle « le premier de tous les principes en matière criminelle... veut qu'un accusé, fut-il condamné en première instance, soit toujours réputé innocent aux yeux de la loi jusqu'à ce que la sentence soit confirmée en dernier ressort ». Mais c'est surtout dans la Déclaration des droits de l'Homme de 1789 qu'il trouve une consécration à côté d'autres droits fondamentaux dont tout être humain doit disposer. Il sera étudié dans les développements du sens et de la portée de la formulation de l'article 9 de la D.D.H. que nous avons déjà cité : « Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable, s'il est jugé indispensable de l'arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s'assurer de sa personne doit être sérieusement réprimé par la loi ».
Le fondement idéologique de ce principe provient de la philosophie des Lumières en vertu de laquelle il est nécessaire de rétablir un certain équilibre entre l'accusateur et l'accusé en posant le fardeau de la charge de la preuve sur le premier, eu égard à la disproportion existant dans un procès pénal. Une autre justification du principe est à trouver dans une philosophie libérale en tant que l'on veut avantager l'individu quand il est opposé à l'Etat.
Si l'on veut donner une définition plus accessible de la présomption d'innocence, on peut dire que c'est le principe selon lequel toute personne poursuivie et soupçonnée d'avoir commis une infraction est considérée comme innocente des faits qui lui sont reprochés tant qu'elle n'a pas été déclarée coupable par la juridiction compétente pour la juger.
En droit français, le principe de présomption d'innocence ne trouva sa place de principe fondamental du procès pénal que récemment dans des textes. En effet, jusque dans les années 1980, seule la D.D.H. formulait ce principe et on sait que sa portée juridique fut pendant longtemps inexistante. Cependant, par évolution du bloc de constitutionnalité (acquisition de la valeur constitutionnelle de la D.D.H. par les décisions du 16 juillet 1971 Liberté d'association et du 27 décembre 1973 Taxation d'office), le Conseil constitutionnel a pu penser le contour constitutionnel du droit pénal dont plusieurs articles de la D.D.H. font référence.
Certains auteurs parlent alors de constitutionnalisation du droit pénal, matérialisée par deux tendances que doivent concilier le juge constitutionnel : éviter un développement excessif de la matière répressive et limiter l'arbitraire, ce qui sous-entend un arbitrage permanent entre le respect de l'autorité et le respect des libertés et droits de la défense. Ainsi, le droit constitutionnel est devenu une source à part entière du droit pénal, la plupart des lois de procédure pénale donnant lieu à saisine du Conseil constitutionnel mais cette influence de la juridiction constitutionnelle sur la formulation des principes directeurs du procès pénal est à nuancer dans la mesure où le Conseil constitutionnel a des pouvoirs restreints, son contrôle se limitant à un contrôle a priori des lois. L'influence du Conseil constitutionnel dans la construction du principe de présomption d'innocence en est une bonne illustration.
Nous sommes donc amenés à s'interroger sur la définition que le Conseil constitutionnel a donnée du principe de présomption d'innocence, ainsi que de savoir dans quelles mesures le Conseil constitutionnel va-t-il permettre à ce principe d'être atténué eu égard à d'autres exigences constitutionnelles.
En effet, le principe de la présomption d'innocence est protégé par les engagements internationaux et le droit constitutionnel qui l'a érigé en principe fondamental du procès pénal au travers de différentes décisions qui lui permirent également d'en définir la portée et ses limites (partie I).
Lorsque le principe de présomption d'innocence fut posé dans la D.D.H., il en ressort très clairement qu'il est lié à la protection de la liberté individuelle et au droit à la sûreté. Ceci montre l'enjeu du respect de la présomption d'innocence. Cependant, d'autres principes fondamentaux existent et ont également valeur constitutionnelle ce qui montre le besoin de concilier le principe de présomption d'innocence avec d'autres principes qui a priori semblent opposés mais pour lesquelles la conciliation est nécessaire (partie II).

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A propos de l'auteur :

pencil image Jérémie E. doctorant et directeur Sears
Niveau :Expert Etude suivie : Droit constitutionnel Ecole, université : université paul cézanne aix en provence et Montréal

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