Quels présupposés théologiques pour la philosophie de l’histoire ? Analyse basée sur les oeuvres de Karl Löwith, Blumenberg et Jean-Claude Monod

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exposé
publié le 04/11/2008
 
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Résumé Quels présupposés théologiques pour la philosophie de l’histoire ? Analyse basée sur les oeuvres de Karl Löwith, Blumenberg et Jean-Claude Monod Résumé

 
 
Trois auteurs, trois thèses différentes ? Trois temps différents d’une argumentation qui emprunterait alors la forme dialectique ? Le schéma d’analyse est séduisant. histoire et salut, l’œuvre de karl Löwith en serait le premier mouvement (thèse selon laquelle la sécularisation finalement n’est pas le moment d’une discontinuité, le troisième moment d’un mouvement dialectique). Réagirait alors blumenberg dont l’œuvre La légitimité des Temps modernes serait une critique de la catégorie de sécularisation telle qu’elle est couramment mise en vogue. jean-claude monod opèrerait le moment de la synthèse dans son œuvre La querelle de la sécularisation, de Hegel à blumenberg.

On a pu penser que toute interprétation théologique de l’histoire était sans intérêt philosophique et historique, et que la pensée historique digne de ce nom commençait seulement au 18e siècle : Voltaire, de ce point de vue à s’opposer semble-t-il à une vision théologique de l’histoire. A l’encontre de cette opinion répandue, K. Löwith s’attache à montrer que la philosophie moderne de l’histoire prend ses racines dans la croyance biblique en la rédemption et qu’elle prend fin avec la sécularisation de son modèle eschatologique.
En invoquant les notions du transfert et de la mondanisation, cet exposé entend montrer que le débat autour de la notion de sécularisation se prête à des herméneutiques opposées, selon que cette notion désigne le retrait de la religion et la construction de nouvelles institutions sur des bases nouvelles ou bien, au contraire, le passage dans le champ politique de schèmes et composantes religieux, sans que les acteurs n’en soient eux-mêmes nécessairement conscients. Une réflexion épistémologique portée sur l’histoire de la sécularisation s’impose alors, ce que blumenberg s’attache à faire, montrant les limites de l’interprétation selon laquelle la modernité se serait bornée à transposer dans la sphère profane des éléments sacrés empruntés à la tradition chrétienne.

C’est cette approche univoque qu’il s’agit de questionner afin de « réinvestir » le champ de l’histoire, selon la terminologie employée par blumenberg, en tentant de signifier la nouveauté à l’œuvre dans l’histoire sans pour autant sacrifier à la continuité. Comment, en d’autres termes, poser le refus de l’image mythique d’un commencement absolu, sans pour autant nier les ruptures historiques d’une part, sans délégitimer le projet d’émancipation d’autre part ?

Si le présent travail n’est pas en soi une réflexion sur l’épistémologie de l’histoire, il reste qu’il peut rejoindre des considérations épistémologiques, notamment lorsqu’il en vient à interroger la notion de sécularisation sur laquelle se sont construites nombre d’analyses portées par les philosophies de l’histoire afin de rendre compte d’un processus historique induisant la perte d’influence du religieux dans les structures politiques, culturelles ou tout simplement mentales.
 
 

Sommaire Quels présupposés théologiques pour la philosophie de l’histoire ? Analyse basée sur les oeuvres de Karl Löwith, Blumenberg et Jean-Claude Monod Sommaire

 
  1. Le « transfert » et la « mondanisation » : du tout au rien
    1. Au commencement était le Verbe : la tradition biblique de la sécularisation
    2. Vers la « mondanisation »
    3. Les ressorts cachés de la « mondanisation »
    4. La notion de « transfert »
  2. Querelle conceptuelle
    1. La sécularisation comme catégorie d'interprétation
    2. Réinvestir la notion de sécularisation
  3. La légitimité des Temps modernes ou la porosité des frontières
    1. Des différences notables
    2. Les conséquences antichrétiennes du christianisme
    3. Porosité des frontières
    4. « Réinvestir » l'histoire de la sécularisation (Blumenberg)
 
 
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