Le processus de construction de lEtat par la guerre. Lexemple du Japon de 1860 à 1890
Date de publication :
19/05/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
10 pages
Sommaire :
Sommaire
- La fin de l'ère Edo marquée par une déchirure interne : la guerre comme source de changement
- Du shogunat à la restitution de l'empereur : un changement caractérisé par la lutte entre fiefs
- La guerre de Boshin comme coupure emblématique entre l'ère Edo et la naissance de l'etat moderne japonais
- L'ère de Meiji : la naissance de l'etat moderne japonais
- Un nouveau paysage interne sur les bases d'un mimétisme occidental: le passage de la féodalité à la modernité
- Les prétentions impérialistes d'un Japon nouvellement constitutionnel
Résumé :
D'après un proverbe japonais, « Il est impossible de se tenir debout en ce monde sans jamais se courber ». C'est précisément ce qui est arrivé au japon et qui a par la suite contribué à son évolution vers un etat moderne. Le japon, actuellement deuxième puissance économique mondiale, était loin de se douter durant la première partie du XIXe siècle que son économie se mondialiserait un jour. En effet, le japon était marqué par un profond isolationnisme caractérisé par l'ère Edo qui débute vers 1600 et se termine vers 1868, date à laquelle l'ère Meiji - signifiant ère des lumières - débute.
Depuis 1616, soit plus de deux siècles, le japon était gouverné par une famille, les Tokugawa qui exerçaient la fonction de shogun, dirigeant de facto du japon et dictateur militaire tandis que l'empereur héréditaire gardait une fonction symbolique en tant que dirigeant de jure et gardien des traditions. Les Tokugawa étaient caractérisés par leur forte politique isolationniste et leur système ancré dans la féodalité.
Durant cette période, le japon est fermé sur lui-même : seules la Chine et la Hollande avaient le privilège d'entretenir des relations commerciales. Les autres européens risquaient la peine de mort s'ils mettaient le pied sur le sol japonais. Au niveau interne, le système féodal japonais se présentait selon une forte hiérarchie au sommet de laquelle se trouvait la classe guerrière appelée bushi comprenant les shoguns, les samouraïs et leurs entourages. Parmi cette classe, les daimyos étaient les grands seigneurs possédant le plus de terre, les plus nobles après le shogun. Les samouraïs, eux, étaient les bushi possédant le moins de terre, et étaient fortement liés à leur seigneur. S'il arrivait malheur à leur maître, ces derniers devaient se faire seppuku, faussement appelé hara-kiri. Puis venaient ensuite les paysans, les artisans, les marchands, les individus pratiquant une activité liée à la mort, et enfin, les criminel et les mendiants.
Cependant, dès 1853, la situation du japon se bouleversa suite au débarquement sur le sol japonais d'une expédition américaine placée sous le commandement du Commodore Matthew Perry, qui pressa le japon d'ouvrir ses portes au commerce mondial en le menaçant de bombarder Edo (ancien Tokyo). L'issue des négociations menées confirme la véracité de notre proverbe japonais puisque le japon est contraint de s'incliner et s'ouvre pour la première fois au monde occidental en permettant l'accès aux ports de Shimoda et d'Hakodate. En 1954, les japonais et les américains signent le traité de Kanagawa qui permet aux navires de commerce américains d'entrer dans les ports nippons. Les anglais signent à leur tour un traité et marquent ainsi les premiers signes d'ouverture du japon qui en finira bientôt avec la féodalité pour devenir un etat moderne. Puis enfin, en 1858, différents traités sont signés avec les Etats-Unis, les Pays-Bas, la Russie, la Grande-Bretagne et la France. Le commerce avec l'Occident met alors fin à l'isolement du japon.
Néanmoins, ces traités ne se seront pas signés sans que le sang n'ait coulé. En 1860, un groupe d'activistes assassinent Li Naosuke, ministre et principal signataire du traité de 1958 avec les Etats-Unis. Notre étude débutera alors à cette date clé où commence la rébellion nippone en réaction contre l'Occident, et se terminera au début des années 1990, lorsque le japon débutera sa politique impérialiste.
Suite aux pressions étrangères, le japon sera marqué par une déchirure interne menant à de nombreux conflits. Cependant, ces conflits marqueront le début d'une nouvelle ère, l'ère Meiji, qui donnera naissance à l'etat moderne japonais. Ainsi, en se basant sur la célèbre formule de Charles Tilly « L'etat fait la guerre et la guerre fait l'etat » , dans quelles mesures les conflits nippons résultant des pressions étrangères constituent-ils la clé de voûte de l'évolution du japon isolationniste et féodal en etat moderne ?
Pour répondre à cela, il sera tout d'abord nécessaire d'étudier que la fin de l'ère Edo est marquée par une déchirure interne, et que la guerre constitue une source de changement (I), pour ensuite analyser l'ère Meiji et la naissance de l'etat moderne japonais (II).
Depuis 1616, soit plus de deux siècles, le japon était gouverné par une famille, les Tokugawa qui exerçaient la fonction de shogun, dirigeant de facto du japon et dictateur militaire tandis que l'empereur héréditaire gardait une fonction symbolique en tant que dirigeant de jure et gardien des traditions. Les Tokugawa étaient caractérisés par leur forte politique isolationniste et leur système ancré dans la féodalité.
Durant cette période, le japon est fermé sur lui-même : seules la Chine et la Hollande avaient le privilège d'entretenir des relations commerciales. Les autres européens risquaient la peine de mort s'ils mettaient le pied sur le sol japonais. Au niveau interne, le système féodal japonais se présentait selon une forte hiérarchie au sommet de laquelle se trouvait la classe guerrière appelée bushi comprenant les shoguns, les samouraïs et leurs entourages. Parmi cette classe, les daimyos étaient les grands seigneurs possédant le plus de terre, les plus nobles après le shogun. Les samouraïs, eux, étaient les bushi possédant le moins de terre, et étaient fortement liés à leur seigneur. S'il arrivait malheur à leur maître, ces derniers devaient se faire seppuku, faussement appelé hara-kiri. Puis venaient ensuite les paysans, les artisans, les marchands, les individus pratiquant une activité liée à la mort, et enfin, les criminel et les mendiants.
Cependant, dès 1853, la situation du japon se bouleversa suite au débarquement sur le sol japonais d'une expédition américaine placée sous le commandement du Commodore Matthew Perry, qui pressa le japon d'ouvrir ses portes au commerce mondial en le menaçant de bombarder Edo (ancien Tokyo). L'issue des négociations menées confirme la véracité de notre proverbe japonais puisque le japon est contraint de s'incliner et s'ouvre pour la première fois au monde occidental en permettant l'accès aux ports de Shimoda et d'Hakodate. En 1954, les japonais et les américains signent le traité de Kanagawa qui permet aux navires de commerce américains d'entrer dans les ports nippons. Les anglais signent à leur tour un traité et marquent ainsi les premiers signes d'ouverture du japon qui en finira bientôt avec la féodalité pour devenir un etat moderne. Puis enfin, en 1858, différents traités sont signés avec les Etats-Unis, les Pays-Bas, la Russie, la Grande-Bretagne et la France. Le commerce avec l'Occident met alors fin à l'isolement du japon.
Néanmoins, ces traités ne se seront pas signés sans que le sang n'ait coulé. En 1860, un groupe d'activistes assassinent Li Naosuke, ministre et principal signataire du traité de 1958 avec les Etats-Unis. Notre étude débutera alors à cette date clé où commence la rébellion nippone en réaction contre l'Occident, et se terminera au début des années 1990, lorsque le japon débutera sa politique impérialiste.
Suite aux pressions étrangères, le japon sera marqué par une déchirure interne menant à de nombreux conflits. Cependant, ces conflits marqueront le début d'une nouvelle ère, l'ère Meiji, qui donnera naissance à l'etat moderne japonais. Ainsi, en se basant sur la célèbre formule de Charles Tilly « L'etat fait la guerre et la guerre fait l'etat » , dans quelles mesures les conflits nippons résultant des pressions étrangères constituent-ils la clé de voûte de l'évolution du japon isolationniste et féodal en etat moderne ?
Pour répondre à cela, il sera tout d'abord nécessaire d'étudier que la fin de l'ère Edo est marquée par une déchirure interne, et que la guerre constitue une source de changement (I), pour ensuite analyser l'ère Meiji et la naissance de l'etat moderne japonais (II).
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