Le projet dautonomie de Cornelius Castoriadis
Date de publication :
22/01/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
99 pages
Sommaire :
Sommaire
- L'autonomie est l'expression du pouvoir social créateur
- L'irréductibilité de la psyché et de la société
- Le sens de l'autonomie réside dans la possibilité de remise en question des significations sociales
- Le recouvrement du projet d'autonomie par le projet bureaucratique
- La pseudo-rationalité du développement des sociétés humaines occidentales
- L'échec du marxisme
- L'autonomie comme expérience du mouvement ouvrier
- La démocratie constitue le lieu tragique de l'autonomie
- La dimension tragique de l'univers démocratique
- Démocratie et représentation
Résumé :
cornelius castoriadis a centré, tout au long de sa vie, ses réflexions sur la question de l'autonomie, portant sur l'institution globale de la société. Trois approches ont été privilégiées, celle de la philosophie, de la psychanalyse et celle de la politique. Parler de l'institution globale de la société implique, en effet, de prendre en considération toutes les sphères de l'existence sociale : la philosophie repère la portée de la signification individuelle et sociale de l'autonomie, la psychanalyse conçoit cette question comme un projet d'élucidation du sens des désirs humains et la politique intègre sa visée dans la sélection du régime le plus adéquat à son épanouissement, ce régime étant la démocratie.
autonomie et démocratie sont deux mots d'origine grecque, dont les sens dégagent une polysémie: ici, " l'étymologie ne résout pas tous les problèmes de substance mais parfois aide à penser. " Dans le premier concept, nous avons la relation entre autos et nomos, et " c'est le terme de nomos qui donne tout son sens au terme et au projet d'autonomie. Être autonome, pour un individu ou une collectivité, ne signifie pas faire " ce que l'on désire " ou ce qui nous plaît sur l'instant, mais se donner ses propres lois. " C'est à cause de la présence du nomos que castoriadis n'a jamais changé le terme d'autonomie. La question d'autonomie recouvre les problèmes de l'autoconstitution du social et de l'autocréation, mais ne se réduit pas à l'ensemble de ces termes. castoriadis préfère ne pas employer le concept d'autopoièse à la place d'autonomie, parce qu'il entend justement insister sur le fait que la société est une autocréation humaine à travers la dimension fondamentale du nomos. Les hommes sont capables d'instituer des règles de vivre-ensemble, c'est même la première démarche sociale, puisque la société a besoin de se définir pour pouvoir exister. " Nomos : le mot, traduit d'ordinaire par " loi ", signifie à l'origine le partage, la loi du partage, donc l'institution, donc l'usage (les us et les coutumes), donc la convention et, à la limite, la pure et simple convention. ". Nous avons alors deux sanctions de cette cohérence sociale, d'une part les lois qui définissent un certain nombre de droits, d'autre part les moeurs qui régissent de manière implicite les comportements des sujets de cette société. Le terme de nomos ne se limite d'ailleurs pas à la pure dimension juridique, il est riche en ce qu'il recouvre toutes les conditions initiales et effectives de la socialisation. Dans la question de l'autonomie, il faudra veiller à ne pas s'éloigner de ce nomos qui définit les cadres de la société dans lesquels les individus peuvent évoluer. " Derrière cette idée du nomos, de la loi ou de la règle humaine, il faut entendre non pas, comme on le dit aujourd'hui, des " règles du jeu "- expression dérisoirement superficielle-, mais les lois et les règles qui nous rendent tout d'abord et radicalement capables de nous livrer, ou non, à des " jeux " et à autre chose[]. Le nomos est notre institution imaginaire créatrice, moyennant laquelle nous nous faisons comme êtres humains. " 5 . Il faut entendre le concept de règles au sens fort, puisque ce sont ces règles qui déterminent le champ des possibilités de l'action humaine. Sans ces règles, nous ne sommes rien, car elles créent notre humanité, elles ont donc une portée ontologique. La question de l'autonomie est alors une question de création sociale, puisque les hommes, en définissant ces règles, définissent également la manière dont ils se représentent comme hommes : l'enjeu est bien la question ouverte de " l'autocréation " 6 de l'homme comme type anthropologique nouveau à travers ce nomos.
autonomie et démocratie sont deux mots d'origine grecque, dont les sens dégagent une polysémie: ici, " l'étymologie ne résout pas tous les problèmes de substance mais parfois aide à penser. " Dans le premier concept, nous avons la relation entre autos et nomos, et " c'est le terme de nomos qui donne tout son sens au terme et au projet d'autonomie. Être autonome, pour un individu ou une collectivité, ne signifie pas faire " ce que l'on désire " ou ce qui nous plaît sur l'instant, mais se donner ses propres lois. " C'est à cause de la présence du nomos que castoriadis n'a jamais changé le terme d'autonomie. La question d'autonomie recouvre les problèmes de l'autoconstitution du social et de l'autocréation, mais ne se réduit pas à l'ensemble de ces termes. castoriadis préfère ne pas employer le concept d'autopoièse à la place d'autonomie, parce qu'il entend justement insister sur le fait que la société est une autocréation humaine à travers la dimension fondamentale du nomos. Les hommes sont capables d'instituer des règles de vivre-ensemble, c'est même la première démarche sociale, puisque la société a besoin de se définir pour pouvoir exister. " Nomos : le mot, traduit d'ordinaire par " loi ", signifie à l'origine le partage, la loi du partage, donc l'institution, donc l'usage (les us et les coutumes), donc la convention et, à la limite, la pure et simple convention. ". Nous avons alors deux sanctions de cette cohérence sociale, d'une part les lois qui définissent un certain nombre de droits, d'autre part les moeurs qui régissent de manière implicite les comportements des sujets de cette société. Le terme de nomos ne se limite d'ailleurs pas à la pure dimension juridique, il est riche en ce qu'il recouvre toutes les conditions initiales et effectives de la socialisation. Dans la question de l'autonomie, il faudra veiller à ne pas s'éloigner de ce nomos qui définit les cadres de la société dans lesquels les individus peuvent évoluer. " Derrière cette idée du nomos, de la loi ou de la règle humaine, il faut entendre non pas, comme on le dit aujourd'hui, des " règles du jeu "- expression dérisoirement superficielle-, mais les lois et les règles qui nous rendent tout d'abord et radicalement capables de nous livrer, ou non, à des " jeux " et à autre chose[]. Le nomos est notre institution imaginaire créatrice, moyennant laquelle nous nous faisons comme êtres humains. " 5 . Il faut entendre le concept de règles au sens fort, puisque ce sont ces règles qui déterminent le champ des possibilités de l'action humaine. Sans ces règles, nous ne sommes rien, car elles créent notre humanité, elles ont donc une portée ontologique. La question de l'autonomie est alors une question de création sociale, puisque les hommes, en définissant ces règles, définissent également la manière dont ils se représentent comme hommes : l'enjeu est bien la question ouverte de " l'autocréation " 6 de l'homme comme type anthropologique nouveau à travers ce nomos.
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