La puissance sur le plan international : entre capacité militaire et soft power
Date de publication :
22/04/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
6 pages
Sommaire :
Sommaire
- Les composantes traditionnelles de la puissance et leurs limites
- Ressources de la puissance
- Limites des composantes traditionnelles de la puissance
- Portee et r emise en cause de la puissance en douceur
- «Soft power» » et « structural power » : apports à la conception traditionnelle de la puissance
- L'exercice de la puissance aujourd'hui : une remise en cause radicale de ces apports ?
Résumé :
La notion de puissance est l'un des concepts fondamentaux des Relations internationales et occupe une place prépondérante si l'on reprend l'affirmation de l'auteur réaliste Hans Morgenthau selon laquelle « toute politique est politique de puissance ». Il s'agit alors de tenter une définition de cette notion.
Nous nous garderons ici de nous étendre sur la distinction faite en français mais absente en anglais (power) ainsi qu'en allemand (Macht) entre les termes « pouvoir » et « puissance ». Rappelons simplement qu'il est admis de réserver le premier à la politique intérieure et le second à la politique internationale.
Pour Raymond Aron, la puissance est « la capacité d'une unité politique d'imposer sa volonté à d'autres unités ». Pour Morgenthau il s'agit de l'emprise d'un acteur sur l'esprit et les actions des autres ». Ces deux définitions nous ramène à la caractérisation du terme par Max Weber : « la puissance signifie toute chance de faire triompher au sein d'une relation sociale sa propre volonté, même contre des résistances, peu importe sur quoi repose cette chance ». La puissance doit donc être avant tout envisagée comme une relation, une interaction, supposée conflictuelle au sein de l'état d'anarchie considéré dans l'analyse réaliste des relations internationales. Cette relation, « relation humaine » selon R.Aron peut s'exercer positivement c'est à dire qu'une unité peut imposer sa volonté aux autres suivant les modalités qu'elle aura choisies et amener ces autres unités à des actions qu'elles n'auraient pas entreprises en dehors de cette influence. Elle peut être également négative, c'est à dire qu'un Etat a la possibilité de ne pas accomplir quelque chose qu'il ne souhaite pas et peut empêcher un autre acteur d'agir selon sa volonté propre. C'est ainsi la puissance ou plutôt sa distribution entre les différents acteurs qui structure le système international. Cette distribution évolue au cours de l'histoire et fournit la caractérisation multipolaire, bipolaire ou unipolaire comme c'est le cas actuellement du monde.
L'impératif de puissance est relié à la défense de l'intérêt national, autre notion clé des réalistes, que nous définirons brièvement comme la garantie par un Etat de sa propre sécurité et de sa survie c'est à dire qu'il se doit de sauvegarder son intégrité territoriale, son indépendance politique, son identité culturelle.
Cet impératif amène la puissance à être envisagée essentiellement en terme de capacité militaire à mettre en oeuvre, même si celle-ci, si elle est considérée comme instrument de mesure de la puissance d'un Etat, apparaît comme une variable problématique du fait même de la relation toujours à l'oeuvre dans l'exercice cette puissance. L'efficacité du facteur militaire est ainsi remise en cause notamment dans les années 1990 par Joseph S. Nye Jr qui avance la notion de « soft power » puissance douce ou cooptative par opposition au « hard power » (puissance coercitive) ainsi que par Susan Strange qui détermine l'exercice d'un « structural power » (puissance structurelle), deux formes nouvelles de la puissance davantage adaptées aux changements advenus au niveau international.
Nous nous garderons ici de nous étendre sur la distinction faite en français mais absente en anglais (power) ainsi qu'en allemand (Macht) entre les termes « pouvoir » et « puissance ». Rappelons simplement qu'il est admis de réserver le premier à la politique intérieure et le second à la politique internationale.
Pour Raymond Aron, la puissance est « la capacité d'une unité politique d'imposer sa volonté à d'autres unités ». Pour Morgenthau il s'agit de l'emprise d'un acteur sur l'esprit et les actions des autres ». Ces deux définitions nous ramène à la caractérisation du terme par Max Weber : « la puissance signifie toute chance de faire triompher au sein d'une relation sociale sa propre volonté, même contre des résistances, peu importe sur quoi repose cette chance ». La puissance doit donc être avant tout envisagée comme une relation, une interaction, supposée conflictuelle au sein de l'état d'anarchie considéré dans l'analyse réaliste des relations internationales. Cette relation, « relation humaine » selon R.Aron peut s'exercer positivement c'est à dire qu'une unité peut imposer sa volonté aux autres suivant les modalités qu'elle aura choisies et amener ces autres unités à des actions qu'elles n'auraient pas entreprises en dehors de cette influence. Elle peut être également négative, c'est à dire qu'un Etat a la possibilité de ne pas accomplir quelque chose qu'il ne souhaite pas et peut empêcher un autre acteur d'agir selon sa volonté propre. C'est ainsi la puissance ou plutôt sa distribution entre les différents acteurs qui structure le système international. Cette distribution évolue au cours de l'histoire et fournit la caractérisation multipolaire, bipolaire ou unipolaire comme c'est le cas actuellement du monde.
L'impératif de puissance est relié à la défense de l'intérêt national, autre notion clé des réalistes, que nous définirons brièvement comme la garantie par un Etat de sa propre sécurité et de sa survie c'est à dire qu'il se doit de sauvegarder son intégrité territoriale, son indépendance politique, son identité culturelle.
Cet impératif amène la puissance à être envisagée essentiellement en terme de capacité militaire à mettre en oeuvre, même si celle-ci, si elle est considérée comme instrument de mesure de la puissance d'un Etat, apparaît comme une variable problématique du fait même de la relation toujours à l'oeuvre dans l'exercice cette puissance. L'efficacité du facteur militaire est ainsi remise en cause notamment dans les années 1990 par Joseph S. Nye Jr qui avance la notion de « soft power » puissance douce ou cooptative par opposition au « hard power » (puissance coercitive) ainsi que par Susan Strange qui détermine l'exercice d'un « structural power » (puissance structurelle), deux formes nouvelles de la puissance davantage adaptées aux changements advenus au niveau international.
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