Punir
Date de publication :
26/04/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
9 pages
Sommaire :
Sommaire
- Punir, ex-communier
- La rébellion contre le Souverain
- Qui se prémunit en punissant
- Punir, à terme réintégrer
- Juger pour protéger
- Rendre sa dignité à l'homme coupable
- La possibilité de réintégration
- Le mode de punition, un moteur et un révélateur social
- Des « tendances historiques » loin d'être définitives
- Les sociétés du contrat sont-elles capables de choisir leur mode de punition ?
- Punir l'exorbitant
Résumé :
Bien punir relève donc à la fois d'une analyse cohérente de la société et d'un projet pour son devenir. En posant ce problème, nous postulons la présence d'un « punisseur » placé face à lui, et même, nous faisons ce « punisseur », et sommes mis en demeure de choisir entre divers modes de punition préexistants dans l'une ou l'autre de ces deux perspectives ; mais auparavant, l'auteur de la punition, que l'on suppose incarné, a dû se demander comment punir. Au moyen de quels instruments peut-il frapper un tiers d'une peine pour avoir commis un délit ou un crime ? Ou plutôt sanctionner une faute par une peine, une punition ? Ou, sans focalisation particulière, sévir1 ? La cible de la punition est en effet logiquement un tiers, mais elle peut aussi être le sujet lui-même, s'il s'estime coupable. punir suppose aussi des limites, tant par son caractère social que par sa nature d'application, qui introduit une dialectique entre décision et effectivité disjointes. Le mode de punition est quant à lui sujet à une évolution, aussi bien particulière, se jouant dans un cas donné, qu'historique.
Ceci posé, en revenant sur la nature du punisseur, dont nous avons, étrangement peut-être, si facilement et si naturellement épousé le point de vue, nous sommes tentés de l'assimiler à l'institution de justice, mais n'excluons pas un sens singulier à lui donner, puisqu'il s'est d'abord imposé. Cela nous amène cependant, de même que nous sommes désormais capables de nous détacher consciemment de l'image du punisseur omniscient comme notre double, à formuler l'idée que le punisseur n'est pas tout-puissant, du fait qu'il peut-être médiatisé par cette institution2. La cible de la punition ne peut dépendre immédiatement et uniquement de la volonté du punisseur, et ce souvent quand bien même ils seraient la même personne : avoir commis un acte punissable nécessite d'avoir échappé aux instances qui le puniraient. L'homme puni doit-il donc se soumettre pour une punition efficace ? Peut-il dès lors se corriger, se « redresser » par elle ?
Ainsi, en quoi punir permet-il de fonder de nouveau la société, en agissant sur elle à travers la seule expression d'une punition, qu'elle soit une condamnation, après que l'on a statué sur un jugement, donc, ou non ?
Tout d'abord, punir exclut de la société celui qui est avant tout un coupable ; pourtant, punir réintègre dans la société celui qui est ensuite un membre de celle-ci ; enfin, punir renseigne par le mouvement de rejet-retour de l'homme puni sur la marche de la société.
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