La question du suicide chez les néo-platoniciens: traité 16 (I, 9) de Plotin, Sur le suicide raisonnable
Date de publication :
18/02/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
12 pages
Sommaire :
Sommaire
- Le suicide, problème limite de la pensée antique de la mort et de la philosophie
- Mort et philosophie comme séparations de l'âme et du corps
- Arguments de Plotin, rapports à sa doctrine, influences
- Il faut attendre la dissolution naturelle du corps pour que l'âme du corps soit vraiment libre. (1 - 7)
- Le suicide est le résultat de passions qu'il faut dominer ; on doit donc essayer de l'éviter, à moins qu'il ne soit vraiment nécessaire. S'il est pris de folie, le sage peut accepter le suicide. (7-14)
- Le suicide pour le poison est dangereux pour l'âme
- Le temps de la mort est fixé par le destin, et il ne faut pas le prévenir
- Nous devons employer le temps qui nous est donné pour progresser moralement, la valeur de notre âme après la mort dépend de sa condition au moment de la séparation du corps
- Conclusion : rapport au corps ; liberté et nécessité
Résumé :
Le suicide, problème limite de la pensée antique de la mort et de la philosophie.
Pour l'ensemble de la philosophie antique, le suicide constitue un problème-limite puisque, que ce soit pour plotin, Platon ou les Stoïciens, les trois principaux protagonistes de notre étude, la philosophie vise une séparation de l'âme et du corps. Ainsi, parce que l'aboutissement à une injonction sans délai au suicide marquerait indéniablement l'échec de la philosophie, il faut définir plus précisément en quoi consiste une telle « séparation » par la philosophie pour résoudre le problème que Pierre Hadot résume en ces termes :
« plotin dit et répète qu'il faut se séparer du corps ; pourquoi ne pas le faire volontairement et physiquement, une bonne fois, pourquoi ne pas fuir d'ici, lorsqu'on est lassé du corps et de la vie ? »
Parce que c'est le problème-limite de sa philosophie, Platon le pose au tout début du Phédon, sans le résoudre - évidemment, a-t-on envie de dire, car on pressent que la résolution du problème du suicide tel qu'il est posé par la philosophie antique ne peut se faire que dans l'inconnu de la loi divine, sans lequel la connaissance qu'on aurait de la solution ferait s'évanouir la tentation du suicide : connaître la loi divine, c'est à la fois le seul moyen de résoudre le problème et effacer les raisons de se le poser. plotin aborde la question en un court traité, où il se réfère au Phédon et polémique avec les thèses stoïciennes. Dans ce seizième traité, plotin n'invente pas à vrai dire une approche originale du problème du suicide, mais fait la synthèse entre platonisme et stoïcisme, autour de l'intégration de l'exception de la folie, selon laquelle le sage pourrait se donner la mort au cas exceptionnel où il sentirait la folie s'emparer de lui. C'est précisément autour de la notion d'exception, de nécessité, de liberté du sage et d'absolu de la loi que s'articulent les principales différences entre plotin et les auteurs du stoïcisme : Epictète, Marc-Aurèle, Cicéron et, à la marge, Sénèque.
Après avoir vu en quoi le thème de la séparation entre âme et corps constitue un point commun, quoiqu'avec des variantes, entre plotinisme, platonisme et stoïcisme, nous présenterons les arguments de plotin en en cherchant les influences et les éléments polémiques, pour enfin voir qu'ils peuvent se réduire à deux questions fondamentales sur lesquelles plotin se distingue de ses prédécesseurs : le rapport entre l'individu et son corps d'une part, entre liberté et nécessité d'autre part.
Pour l'ensemble de la philosophie antique, le suicide constitue un problème-limite puisque, que ce soit pour plotin, Platon ou les Stoïciens, les trois principaux protagonistes de notre étude, la philosophie vise une séparation de l'âme et du corps. Ainsi, parce que l'aboutissement à une injonction sans délai au suicide marquerait indéniablement l'échec de la philosophie, il faut définir plus précisément en quoi consiste une telle « séparation » par la philosophie pour résoudre le problème que Pierre Hadot résume en ces termes :
« plotin dit et répète qu'il faut se séparer du corps ; pourquoi ne pas le faire volontairement et physiquement, une bonne fois, pourquoi ne pas fuir d'ici, lorsqu'on est lassé du corps et de la vie ? »
Parce que c'est le problème-limite de sa philosophie, Platon le pose au tout début du Phédon, sans le résoudre - évidemment, a-t-on envie de dire, car on pressent que la résolution du problème du suicide tel qu'il est posé par la philosophie antique ne peut se faire que dans l'inconnu de la loi divine, sans lequel la connaissance qu'on aurait de la solution ferait s'évanouir la tentation du suicide : connaître la loi divine, c'est à la fois le seul moyen de résoudre le problème et effacer les raisons de se le poser. plotin aborde la question en un court traité, où il se réfère au Phédon et polémique avec les thèses stoïciennes. Dans ce seizième traité, plotin n'invente pas à vrai dire une approche originale du problème du suicide, mais fait la synthèse entre platonisme et stoïcisme, autour de l'intégration de l'exception de la folie, selon laquelle le sage pourrait se donner la mort au cas exceptionnel où il sentirait la folie s'emparer de lui. C'est précisément autour de la notion d'exception, de nécessité, de liberté du sage et d'absolu de la loi que s'articulent les principales différences entre plotin et les auteurs du stoïcisme : Epictète, Marc-Aurèle, Cicéron et, à la marge, Sénèque.
Après avoir vu en quoi le thème de la séparation entre âme et corps constitue un point commun, quoiqu'avec des variantes, entre plotinisme, platonisme et stoïcisme, nous présenterons les arguments de plotin en en cherchant les influences et les éléments polémiques, pour enfin voir qu'ils peuvent se réduire à deux questions fondamentales sur lesquelles plotin se distingue de ses prédécesseurs : le rapport entre l'individu et son corps d'une part, entre liberté et nécessité d'autre part.
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