De quoi lIronie contemporaine est-elle le symptôme ?
Date de publication :
26/07/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
5 pages
Sommaire :
Sommaire
- Au niveau de l'individu, l'ironie est le révélateur d'une prise de distance voulue, que le récepteur peut percevoir comme le symptôme d'un individualisme et d'un égoïsme exacerbés
- Au niveau de l'individu, l'ironie est d'abord le révélateur de dualismes dans sa personnalité
- L'ironie est le révélateur d'une distance avec l'autre et le monde qui peut être perçue comme arrogante
- C'est peut-être surtout dans le choix, ou non, d'utiliser l'ironie qui renseigne sur l'individu
- L'ironie comme révélateur d'une société décomplexée avec le discours politique
- L'ironie peut apparaître comme l'arrêt de mort du discours politique et donc comme symptôme d'une société dépolitisée voire en décadence
- Elle est surtout le révélateur d'un discours politiquement décomplexé, plus efficace (lumières?) qui permet de défendre les idées en les déguisant
- L'ironie comme symptôme d'une société trop rigide
- L'ironie comme symptôme d'une société qui étouffe
- L'ironie : un médicament de notre société plus qu'un symptôme ?
Résumé :
A la fin du XVIIIe, un concept totalement nouveau de l'ironie apparaît. L'ironie sort du cercle rhétorique pour s'emparer de la littérature. On a relu les textes et trouvé de l'ironie là où on ne s'y attendait pas.
Il faut peut être déjà s'atteler à définir l'ironie. Qu'est ce que l'ironie ? Pour Serry, la difficulté de trouver une définition de l'ironie vient de ce qu'il y en a trop. Au niveau étymologique, ironie vient du grec eironeia qui veut dire ignorance feinte. Nous touchons alors à la définition classique de l'ironie, celle qu'utilisait Socrate dans l'Athènes antique. Nous allons nous intéresser ici uniquement à l'ironie contemporaine, c'est-à-dire à une forme d'expression qui consiste à dire l'inverse de ce que l'on pense, tout en s'efforçant de laisser entendre la distance qui existe entre ce que l'on dit et ce que l'on pense réellement. Ce qui classe donc l'ironie dans la catégorie des tropes, c'est-à-dire des procédés selon lesquels la signification de mots est modifiée pour être associé à de nouvelles idées. En 1899, Alcanter Bralm inventa un point d'ironie, pour informer le lecteur de la déformation de ce sens. Mais la définition reste vague... on peut alors tenter de l'affiner en soulignant ce que n'est pas l'ironie. Tout d'abord, l'ironie n'est pas que de l'humour. On retrouve déjà cette distinction chez Bergson dans Le Rire qui rappelait que « tantôt on énoncera ce qui devait être en feignant de croire que c'est précisément ce qui est : en cela consiste l'ironie. Tantôt au contraire, on décrira minutieusement et méticuleusement ce qui est, en affectant de croire que c'est bien là ce que les choses devraient être : ainsi procède souvent l'humour ». L'ironie n'est pas non plus la dérision. La dérision implique un accès temporaire à la vérité : on fait de la dérision, parce que nous, on connaît. L'ironie n'est pas non plus le cynisme, car le cynisme a une connotation négative que ne possède pas l'ironie. Dès lors, de quoi l'ironie contemporaine est elle le symptôme ? Il faut noter qu'un symptôme n'est pas un syndrome. Le symptôme est ce que l'on ressent, le syndrome est un ensemble de symptômes, c'est la maladie même. Mais le symptôme n'est pas toujours négatif, et étudier les symptômes, ce n'est pas qu'étudier de quelle maladie l'ironie est l'émanation. Il faut donc aussi entendre symptôme comme révélateur, dans sa neutralité la plus complète sur ce qu'il révèle. Dès lors, l'ironie n'est-elle que le symptôme d'un mépris individuel, égoïste, d'une société moqueuse et distante ou au contraire l'abandon temporaire de la raison, que l'on retrouve dans l'ironie, est-elle le révélateur, non d'un mal, mais d'une société émancipée et décomplexée ? Nous noterons dans un premier temps que l'ironie est le révélateur d'une volonté individuelle de distance, qui peut être perçue comme le symptôme d'un individualisme et un égoïsme exacerbé. Nous verrons alors que même si elle s'éloigne de la raison, l'ironie n'est pas le symptôme de sa mort, mais plutôt le révélateur d'un rapport décomplexé de notre société au discours politique. Enfin, nous analyserons plus globalement que l'ironie est le symptôme d'une société trop rigide qui cherche à s'échapper. Nous aurons donc trois visions : l'individu, le discours et la société.
Il faut peut être déjà s'atteler à définir l'ironie. Qu'est ce que l'ironie ? Pour Serry, la difficulté de trouver une définition de l'ironie vient de ce qu'il y en a trop. Au niveau étymologique, ironie vient du grec eironeia qui veut dire ignorance feinte. Nous touchons alors à la définition classique de l'ironie, celle qu'utilisait Socrate dans l'Athènes antique. Nous allons nous intéresser ici uniquement à l'ironie contemporaine, c'est-à-dire à une forme d'expression qui consiste à dire l'inverse de ce que l'on pense, tout en s'efforçant de laisser entendre la distance qui existe entre ce que l'on dit et ce que l'on pense réellement. Ce qui classe donc l'ironie dans la catégorie des tropes, c'est-à-dire des procédés selon lesquels la signification de mots est modifiée pour être associé à de nouvelles idées. En 1899, Alcanter Bralm inventa un point d'ironie, pour informer le lecteur de la déformation de ce sens. Mais la définition reste vague... on peut alors tenter de l'affiner en soulignant ce que n'est pas l'ironie. Tout d'abord, l'ironie n'est pas que de l'humour. On retrouve déjà cette distinction chez Bergson dans Le Rire qui rappelait que « tantôt on énoncera ce qui devait être en feignant de croire que c'est précisément ce qui est : en cela consiste l'ironie. Tantôt au contraire, on décrira minutieusement et méticuleusement ce qui est, en affectant de croire que c'est bien là ce que les choses devraient être : ainsi procède souvent l'humour ». L'ironie n'est pas non plus la dérision. La dérision implique un accès temporaire à la vérité : on fait de la dérision, parce que nous, on connaît. L'ironie n'est pas non plus le cynisme, car le cynisme a une connotation négative que ne possède pas l'ironie. Dès lors, de quoi l'ironie contemporaine est elle le symptôme ? Il faut noter qu'un symptôme n'est pas un syndrome. Le symptôme est ce que l'on ressent, le syndrome est un ensemble de symptômes, c'est la maladie même. Mais le symptôme n'est pas toujours négatif, et étudier les symptômes, ce n'est pas qu'étudier de quelle maladie l'ironie est l'émanation. Il faut donc aussi entendre symptôme comme révélateur, dans sa neutralité la plus complète sur ce qu'il révèle. Dès lors, l'ironie n'est-elle que le symptôme d'un mépris individuel, égoïste, d'une société moqueuse et distante ou au contraire l'abandon temporaire de la raison, que l'on retrouve dans l'ironie, est-elle le révélateur, non d'un mal, mais d'une société émancipée et décomplexée ? Nous noterons dans un premier temps que l'ironie est le révélateur d'une volonté individuelle de distance, qui peut être perçue comme le symptôme d'un individualisme et un égoïsme exacerbé. Nous verrons alors que même si elle s'éloigne de la raison, l'ironie n'est pas le symptôme de sa mort, mais plutôt le révélateur d'un rapport décomplexé de notre société au discours politique. Enfin, nous analyserons plus globalement que l'ironie est le symptôme d'une société trop rigide qui cherche à s'échapper. Nous aurons donc trois visions : l'individu, le discours et la société.
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