Rapport à M. Christian Poncelet, Président du Sénat, dans le cadre de « Tremplin Entreprise » : comment former davantage d’entrepreneurs en France ? (2007)

Date de publication :

29/02/2008

Langue :

Français

Format :

.doc

Nombre de pages :

33 pages

Niveau :

expert

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non évalué

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le comité Oboulo.com

Sommaire :

 
 

Sommaire Rapport à M. Christian Poncelet, Président du Sénat, dans le cadre de « Tremplin Entreprise » : comment former davantage d’entrepreneurs en France ? (2007)
 Sommaire

 
  1. Diagnostic
    1. La situation actuelle en terme de création d'entreprises par les jeunes n'a guère évolué
    2. La nécessité de vivifier, d'étoffer et de renforcer notre tissu économique implique de développer l'esprit d'entreprendre chez les jeunes
    3. Formation et entrepreneuriat sont deux notions qui se combinent depuis assez peu de temps
  2. Propositions
    1. Fédérer, coordonner et renforcer les actions actuellement mises en place par les organismes de formation pour améliorer leur efficacité et généraliser les bonnes initiatives
    2. Développer la sensibilisation à l'entrepreneuriat dans l'enseignement secondaire
    3. Développer les interactions avec les entreprises dans l'enseignement supérieur
    4. S'appuyer sur l'enseignement à distance pour démocratiser l'entrepreneuriat dans le cadre de la formation continue
    5. Développer les relations entre les chercheurs de l'enseignement supérieur et le secteur privé
    6. Sensibiliser et former les enseignants

Résumé :

Pour réduire le chômage, innover et accélérer sa croissance, la france a besoin d'entrepreneurs capables de créer de nouvelles entreprises d'une part et de développer les entreprises qui existent d'autre part. Or tout le monde s'accorde à dire qu'entreprendre dépend en grande partie d'une culture, d'un état d'esprit, d'une éducation reçue dans son jeune âge. L'enseignement de l'entrepreneuriat et la formation des entrepreneurs apparaissent dès lors comme étant des points clés du développement de l'esprit d'entreprendre en france.

La promotion de valeurs, d'aptitudes et d'attitudes entrepreneuriales à tous les niveaux d'enseignement mériterait d'être considérée comme l'une des priorités stratégiques pour notre pays dans les années qui viennent. Il faudrait intégrer l'esprit d'entreprendre comme l'une des compétences de base à acquérir dans tout programme de formation, quel qu'il soit. Dès lors, notre système éducatif dans son ensemble devrait accepter de jouer un rôle plus important dans l'éveil des jeunes à l'entrepreneuriat, ce qui passe par la mise en place de stratégies de sensibilisation, d'information et d'accompagnement des futurs entrepreneurs.

Pour autant, apprendre à créer, à reprendre ou à gérer une entreprise ne constitue que l'une des facettes de la démarche entrepreneuriale, qu'il convient d'aborder au sens large dans le cadre du système éducatif français. Les compétences et attitudes entrepreneuriales constituent, au-delà d'un contexte purement professionnel, un atout pour l'ensemble de la société et un moyen de favoriser l'épanouissement individuel des jeunes. L'apprentissage de l'esprit d'entreprendre implique en effet le développement ou la redécouverte de qualités personnelles, telles que la créativité, l'autonomie ou encore le sens des responsabilités, utiles dans la vie de tous les jours et dans n'importe quelle activité.

Dans ce contexte, l'objectif du rapport a consisté à mettre en avant des mesures concrètes et innovantes dans le domaine de la formation, qui sont susceptibles d'encourager davantage d'étudiants et de jeunes diplômés à entreprendre, que ce soit à travers la création ou la reprise d'entreprises, mais également comme salarié associé au capital d'une PME, voire même comme intrapreneurs au sein d'une grande entreprise.

Les mesures techniques en faveur de la création et de la reprise d'entreprises se sont amplifiées et multipliées depuis dix ans, facilitant le passage à l'acte d'entreprendre.
A cet égard, la loi sur l'initiative économique de 2003, dite « loi Dutreil », a constitué une avancée majeure en :
-Simplifiant la vie du créateur et son installation (libre capital des Sarl, domiciliation du créateur),
-Adaptant la protection et les cotisations sociales au début d'activité (activités occasionnelles, cotisation unique pour le salarié créateur),
-Permettant aux salariés de franchir le pas plus aisément (formation, congé, clause d'exclusivité),
-Favorisant le financement des projets (apports au capital, taux d'usure, recours aux obligations).
Dans le même temps, les pouvoirs publics ont élargi la gamme des produits de financement et de garanties à l'intention des créateurs et repreneurs via Oséo.

L'arsenal des outils paraît aujourd'hui suffisamment étoffé, au regard du niveau historiquement élevé des créations d'entreprises depuis 2003. Pourtant, force est de constater que le flux des entreprises créées par les jeunes diplômés reste relativement limité. Selon une étude de l'APCE réalisée en août 2005 et qui portait sur l'entrepreneuriat étudiant, 4% environ des créateurs d'entreprises passent directement du statut d'étudiant à celui de créateur. Ainsi, le nombre de créations d'entreprises nouvelles par des étudiants se situe entre 7.000 et 9.000 par an. Cette étude révèle que les jeunes de niveau bac+2 à bac+4 sont à l'origine de près de la moitié des entreprises créées par les étudiants (48%) et que les bac+5 et au delà ne représentent qu'une très faible part avec seulement 1,5% pour les ingénieurs et 3,3% pour les managers. Il semble que plus on fait d'études, plus on en sait (ou croit savoir) sur la complexité des entreprises, des relations du travail, de l'organisation, du management, moins on a envie de s'y frotter. Il y a là un paradoxe tout à fait significatif de notre pays. Pour les diplômés de l'enseignement supérieur, l'obtention d'un poste au sein d'une grande entreprise leur parait être une opportunité plus avantageuse au sortir de leurs études, tant en terme d'apprentissage d'un métier qu'en terme de rémunération, cette dernière étant plus sûre et immédiatement plus élevée. A ceci s'ajoute une forte aversion au risque, caractéristique de la société française, qui contribue à dévaloriser le statut de créateur d'entreprises et de dirigeant de PME.
Le fait que les individus les plus diplômés soient les moins attirés par la création d'entreprises est d'autant plus dommageable que les études montrent très clairement que les entreprises créées par des diplômés génèrent davantage d'emplois que celles qui sont créées par des non diplômés.

Pour convaincre les étudiants diplômés de créer, voire de reprendre une entreprise, plutôt que d'opter pour la voie du salariat classique, il semble nécessaire d'agir simultanément sur trois leviers :
-Diminuer les freins culturels qui sous valorisent le statut d'entrepreneur, notamment à travers une promotion active et positive de l'entrepreneuriat,
-Diminuer le risque perçu, par une meilleure préparation des étudiants à la création et à la reprise d'entreprises,
-Réduire les inconvénients matériels immédiats qui sont induits par la création d'une entreprise en mettant en place une politique fiscale et sociale adaptée.

On pourrait légitimement penser que si le système éducatif français dans son ensemble intégrait davantage et plus en amont des études la dimension entrepreneuriale, l'aversion au risque diminuerait, le statut de créateur d'entreprises et de dirigeant de PME serait revalorisé et l'esprit d'entreprendre se développerait chez les jeunes ; d'autant que beaucoup détiennent « la fibre entrepreneuriale », la plupart du temps sans le savoir.

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A propos de l'auteur :

pencil image Benhamou J. entrepreneur
Niveau :Expert Etude suivie : Marketing Ecole, université : HEC

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