Les rapports de la littérature et de la bande dessinée dans Nénéref de Vincent Sardon, éditions Ego comme X, collection “Coquille d’oeuf”, Angoulême, 1994

Date de publication :

26/09/2007

Langue :

Français

Format :

.pdf

Nombre de pages :

12 pages

Niveau :

expert

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Sommaire :

 
 

Sommaire Les rapports de la littérature et de la bande dessinée dans Nénéref de Vincent Sardon, éditions Ego comme X, collection “Coquille d’oeuf”, Angoulême, 1994 Sommaire

 
  1. Une satire des écrivains
    1. Un minimalisme tensionnel
    2. Prédominance de la trivialité
    3. L'échec des écrivains
  2. La communication entre la littérature et la bande dessinée
    1. Les références et les allusions : transfert de la littérature vers la bande dessinée
    2. Les dialogues entre Sardon (auteur-narrateur) et ses personnages
  3. La communication structurelle : cohérence de l'oeuvre et sens de la réflexion
    1. Pas (vraiment) de cadre spatio-temporel, mais des couples d'écrivains
    2. Progression de la communication au fil des planches

Résumé :

Alors que l'une des caractéristiques fondamentales de la bande dessinée est le récit, la caricature est une satire instantanée, qui n'est pas censée avoir une quelconque dimension narrative. Pourtant, réalisant dans nénéref des caricatures d'écrivains célèbres, sardon les inscrit dans de petites anecdotes triviales qui jouent avec les clichés connus de l'histoire de la littérature pour mieux les subvertir par un humour corrosif, dans une modélisation qui évoque les recueils de gags de nombreuses séries humoristiques, comme Peanuts, Gaston Lagaffe ou Léonard. On note dès le titre l'intention de la caricature : « nénéref », c'est, en une sorte de langage infantile, la déformation phonétique double de « N.R.F. » : par métathèse, avec l'inversion du « ène » en « né », et par métaplasme, avec la gémination du « né ». Cettehistoire littéraire caricaturale (et paradoxale) qu'il nous propose se présente donc sous la forme d'un petit livre de vingt planches dessinées au trait, en noir et blanc, sous une couverture jaune portant un double encadrement rouge qui fait inévitablement songer à la présentation des volumes de la collection blanche de Gallimard : c'est ainsi un écho au titre, ce qui renforce la cohérence parodique. En effet, on peut trouver dans le catalogue de la N.R.F. des oeuvres de tous les écrivains présents ici - tous sauf un, Charles Bukowski, important en ce qu'il occupe la dernière planche de ce recueil. Structurellement, nénéref semble obéir à une logique fragmentaire, puisque les planches ne sont pas explicitement reliées entre elles ; de plus elles ne sont pas numérotées, on peut les lire dans n'importe quel ordre, et la planche paraît exister pour soi. Le peu de poids de l'ouvrage pourrait d'ailleurs se déduire du peu de temps qu'il faut pour le lire (en dix minutes dans le métro, mais toute oeuvre est virtuellement infinie, cela dépend du regard qui est porté sur elle... ). On va voir cependant que l'oeuvre de sardon touche à des problèmes importants de l'expression artistique, pour la bande dessinée, comme l'appréhension de la littérature par le dessin, mais aussi, plus largement, quant à la communication qui peut s'établir entre l'auteur, son oeuvre, et le lecteur. L'image de la littérature est ici celle de l'échec, et tout particulièrement celui des écrivains dans la communication avec leur monde, un échec qui est compensé par la communication de l'auteur de bande dessinée avec ses personnages. Dans son entreprise satirique, la bande dessinée rédime donc les impasses de la littérature simplement écrite.

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A propos de l'auteur :

pencil image ARNAUD DESPAX Enseignement supérieur - Monitorat
Niveau :Expert Etude suivie : DEA de Littérature Française - Agrégation de Lettres - Doctorat de Lettres Modernes langue(s) : anglais - allemand

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