A la recherche de la signification et des symboles contemporains de lautorité
Date de publication :
10/09/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
4 pages
Sommaire :
Sommaire
- Définition et situation des symboles de l'autorité au début du XXIème
- La définition des symboles de l'autorité : entre représentation physique et morale
- La place actuelle des symboles de l'autorité
- Les risques de déliquescence de l'autorité et de ses symboles : transformations et remises en question
- Un cas symptomatique de déliquescence de l'autorité : technocratie et prise de légitimité
- Stanley Milgram et la déresponsabilisation de l'individu
Résumé :
Il est très courant aujourd'hui d'entendre parler de crises ou de remises en question de l'autorité. Ainsi on parle de « crise de l'autorité parentale », de « l'autorité de l'école », de celle des juges et des médecins ou encore comme l'affirme la députée Christine Boutin, au moment de la contestation du CPE, de la fragilisation de « l'autorité de la loi » .
Or face à cette pluralité de crise de l'autorité, le sens d'autorité même semble confus et mélangé avec la chose qui l'accompagne. Cette confusion est d'autant plus importante que, comme le relève Alexandre Kojève, « le problème et la notion d'autorité ont été très peu étudiés. On s'est surtout occupé des questions relatives au transfert de l'autorité et à sa genèse, mais l'essence même de ce phénomène a rarement attiré l'attention. »
Le mot autorité vient du latin auctoritas, dérivant lui-même de augere qui signifie augmenter. L'auctoritas est le fondement du pouvoir, il est le poids donné par le prestige et l'excellence. « Ainsi Auguste affirmait l'emporter sur les autres, non pas par la nature de son pouvoir, mais par l'auctoritas que lui conféraient sa généalogie, ses vertus publiques, ses succès, ses fonctions. » Cette notion d'excellence et de prestige permet d'éviter deux confusions, celles avec le pouvoir et l'autoritarisme, qui sont des notions totalement distinctes. Ainsi concernant le pouvoir, Lipson le différencie en donnant ces définitions. « Le pouvoir est la capacité d'obtenir des résultats par action concertée » , l'autorité étant placée au-dessus car « revêtu des attributs de la légitimité. » Quant à l'autoritarisme, il se révèle être un système politique où le pouvoir n'est pas partagé. Kojève a proposé une définition différente de l'autorité ou plutôt trois. Il perçoit l'autorité comme étant « la possibilité qu'a un agent d'agir sur les autres sans que ces derniers réagissent sur lui, tout en étant capable de le faire » , la possibilité avec l'autorité par l'agent de « changer le donné humain extérieur, sans subir le contrecoup, c'est-à-dire sans changer lui-même en fonction des actions » et enfin « la possibilité d'agir sans faire de compromis » . Ce sont les définitions de Kojève que nous retiendrons pour notre étude de cas car elles sont moins restrictives et plus précises que celle donnée par Lipson. L'autorité apparaît ainsi comme un moyen de domination consentie, sans usage de la force.
Une fois cette notion d'autorité définie, nous pouvons enfin nous demander d'où provient cette autorité, qui paraît être en crise aujourd'hui. En d'autres termes, qu'est-ce qui permet l'exercice de l'autorité, qu'est-ce qui la représente aujourd'hui ?
Afin de répondre de manière circonscrite à cette question, nous nous exercerons dans une première partie à observer les symboles d'autorité en ce début du XXIème siècle (I) et dans une seconde partie, les risques de déliquescence de l'autorité à travers les transformations et les remises en question (II)
Or face à cette pluralité de crise de l'autorité, le sens d'autorité même semble confus et mélangé avec la chose qui l'accompagne. Cette confusion est d'autant plus importante que, comme le relève Alexandre Kojève, « le problème et la notion d'autorité ont été très peu étudiés. On s'est surtout occupé des questions relatives au transfert de l'autorité et à sa genèse, mais l'essence même de ce phénomène a rarement attiré l'attention. »
Le mot autorité vient du latin auctoritas, dérivant lui-même de augere qui signifie augmenter. L'auctoritas est le fondement du pouvoir, il est le poids donné par le prestige et l'excellence. « Ainsi Auguste affirmait l'emporter sur les autres, non pas par la nature de son pouvoir, mais par l'auctoritas que lui conféraient sa généalogie, ses vertus publiques, ses succès, ses fonctions. » Cette notion d'excellence et de prestige permet d'éviter deux confusions, celles avec le pouvoir et l'autoritarisme, qui sont des notions totalement distinctes. Ainsi concernant le pouvoir, Lipson le différencie en donnant ces définitions. « Le pouvoir est la capacité d'obtenir des résultats par action concertée » , l'autorité étant placée au-dessus car « revêtu des attributs de la légitimité. » Quant à l'autoritarisme, il se révèle être un système politique où le pouvoir n'est pas partagé. Kojève a proposé une définition différente de l'autorité ou plutôt trois. Il perçoit l'autorité comme étant « la possibilité qu'a un agent d'agir sur les autres sans que ces derniers réagissent sur lui, tout en étant capable de le faire » , la possibilité avec l'autorité par l'agent de « changer le donné humain extérieur, sans subir le contrecoup, c'est-à-dire sans changer lui-même en fonction des actions » et enfin « la possibilité d'agir sans faire de compromis » . Ce sont les définitions de Kojève que nous retiendrons pour notre étude de cas car elles sont moins restrictives et plus précises que celle donnée par Lipson. L'autorité apparaît ainsi comme un moyen de domination consentie, sans usage de la force.
Une fois cette notion d'autorité définie, nous pouvons enfin nous demander d'où provient cette autorité, qui paraît être en crise aujourd'hui. En d'autres termes, qu'est-ce qui permet l'exercice de l'autorité, qu'est-ce qui la représente aujourd'hui ?
Afin de répondre de manière circonscrite à cette question, nous nous exercerons dans une première partie à observer les symboles d'autorité en ce début du XXIème siècle (I) et dans une seconde partie, les risques de déliquescence de l'autorité à travers les transformations et les remises en question (II)
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