Réflexion sur lincrémentalisme
Date de publication :
14/07/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
13 pages
Sommaire :
Sommaire
- Incrémentalisme, analyse et prise de décision
- L'approche positive de l'analyse dans le modèle incrémental ou les limites insolubles de la connaissance scientifique dans le champ politique
- L'approche normative de l'analyse politique dans le modèle incrémental
- Du discursif au rhétorique ou quand la science devient partisane
- Dialectique et analyse
- Persuasion et analyse de politique
Résumé :
L'objection incrémentaliste est une invitation au réalisme dans l'analyse des politiques publiques. En reconnaissant l'irréductibilité du conflit de valeurs opposant les acteurs dans la sphère politique, Charles Lindblom propose de tenir pour base de l'action publique des faits concrets. Mais, loin de prôner un empirisme plat ou un factualisme de premier degré, il était surtout question de montrer que la prétention du projet rationnel de définir un cadre exhaustif d'action sur le monde, donc de partir d'idées (idéaux ?), était largement usurpée. La complexité même du réel rend impossible pareille entreprise. À la place, il convient de partir de l'existant, et conscient de sa nature, il importe de se demander comment y agir. L'incrémentalisme est avant tout une théorie de la cognition de la prise de décision.
La problématique centrale de cette approche peut se décliner ainsi : dans une société complexe, caractérisée par l'incertitude et la multiplicité d'intervenants, quel modèle de prise de décision est le plus pertinent qui soit compatible avec l'intelligence de la démocratie ? L'incrémentalisme place donc la connaissance au coeur de son articulation. Mais, il s'agit ici d'une connaissance au second degré. L'effort de connaissance n'est plus neutre et passif. Il est orienté et réactif. Alors que le modèle rationnel est basé sur une dichotomie entre la connaissance (règne de l'objectivité) et l'action (règne des valeurs), l'incrémentalisme propose un rapprochement entre les deux ordres. La connaissance ne définit pas l'action, elle s'en inspire pour l'améliorer. Le travail d'analyse et le travail politique sont inextricablement liés (Lindblom, 1993 :7). Les catégories d'analyse doivent être forgées à travers les interactions et les affrontements politiques. C'est dans ce sens que l'incrémentalisme se voulait une approche « raisonnable », proche de la réalité, de la prise de décision.
Dans ce travail, il est question d'étudier le statut de la connaissance et le rôle de l'analyse politique dans l'incrémentalisme. On se demandera notamment quelle place cette approche fait à la connaissance scientifique et à l'analyse politique dans la prise de décision (I). Ce qui nous permettra de constater finalement que la fusion des deux ordres de discours, scientifique et politique, des idées et des valeurs, a pour effet de modifier la fonction et la nature même de l'analyse politique. Celle-ci devient essentiellement rhétorique et argumentative (Majone, 1989) (II).
La problématique centrale de cette approche peut se décliner ainsi : dans une société complexe, caractérisée par l'incertitude et la multiplicité d'intervenants, quel modèle de prise de décision est le plus pertinent qui soit compatible avec l'intelligence de la démocratie ? L'incrémentalisme place donc la connaissance au coeur de son articulation. Mais, il s'agit ici d'une connaissance au second degré. L'effort de connaissance n'est plus neutre et passif. Il est orienté et réactif. Alors que le modèle rationnel est basé sur une dichotomie entre la connaissance (règne de l'objectivité) et l'action (règne des valeurs), l'incrémentalisme propose un rapprochement entre les deux ordres. La connaissance ne définit pas l'action, elle s'en inspire pour l'améliorer. Le travail d'analyse et le travail politique sont inextricablement liés (Lindblom, 1993 :7). Les catégories d'analyse doivent être forgées à travers les interactions et les affrontements politiques. C'est dans ce sens que l'incrémentalisme se voulait une approche « raisonnable », proche de la réalité, de la prise de décision.
Dans ce travail, il est question d'étudier le statut de la connaissance et le rôle de l'analyse politique dans l'incrémentalisme. On se demandera notamment quelle place cette approche fait à la connaissance scientifique et à l'analyse politique dans la prise de décision (I). Ce qui nous permettra de constater finalement que la fusion des deux ordres de discours, scientifique et politique, des idées et des valeurs, a pour effet de modifier la fonction et la nature même de l'analyse politique. Celle-ci devient essentiellement rhétorique et argumentative (Majone, 1989) (II).
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