Comment réguler léconomie mondiale ?
Date de publication :
27/04/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
14 pages
Sommaire :
Sommaire
- Défaillances de marché et globalisation des économies
- Une meilleure compréhension des défaillances de marché
- Qui se heurte aux faiblesses de l'action publique pour renforcer la régulation de l'économie mondiale
- Repenser la coopération internationale et réformer les grandes institutions économiques
- Repenser la coopération internationale
- Organiser la réforme des grandes institutions économiques
- La cohérence des politiques de régulation passe par une mobilisation concertée des acteurs
- L'enjeu des politiques de régulation cohérentes
- La gouvernance économique passe par la mobilisation des acteurs
Résumé :
« réguler l'économie mondiale : le juge plutôt que le diplomate ? », article récent de Jérôme Sgard , pose le problème du rôle des instances qui régulent des échanges globalisés : les Etats, les organisations multilatérales, les acteurs privés et des instruments de cette régulation : marchés, règlements, agence de régulation, instance de gestion des contentieux.
Cette question de la régulation de l'économie mondiale prend une importance particulière lorsque les économies sont engagées dans un processus d'intégration à la fois commercial, financier et productif car les risques de contagion internationale à partir d'une crise locale prennent un ampleur nouvelle.
La prise de conscience d'une action nécessaire pour endiguer l'accroissement des risques à l'échelle internationale est évidente quand on étudie des débats autour de thèmes comme ceux de la nouvelle architecture économique mondiale, des biens publics mondiaux ou de la gouvernance économique.
Si la mondialisation apparaît comme un gigantesque élargissement des marchés elle est aussi : un révélateur des défaillances de ces marchés et des limites de l'action publique, une prise de conscience de nouveaux rapports de forces économiques, voire la reconnaissance d'une nécessaire correction des dérives du capitalisme.
Joseph Stiglitz constate : « le problème c'est que la mondialisation économique est allée plus vite que la mondialisation politique » . Plus précisément, il montre que les Etats-Unis ont tenté d'imposer une mondialisation politique fondée sur l'idée de démocratie alors que l'enjeu était l'élaboration d'un consensus, c'est à dire un compromis acceptable entre des points vue divergents. Le besoin d'action collective lié à l'intégration des économies nécessite de dégager ce consensus et aussi d'identifier les niveaux d'action adaptés aux problèmes à résoudre. Stiglitz rappelle : « la science économique a dégagé un ensemble de principes qui aide à déterminer le plus adapté à chaque problème. Les biens publics mondiaux et les externalités mondiales - les actes qui ont un effet sur les autres sur l'ensemble de la planète- doivent être traités au niveau mondial ; les biens publics locaux et les externalités locales - les actes qui n'ont d'impact que sur les membres d'une collectivité locale - doivent être traités au niveau local » .
Mais le problème n'est pas seulement d'identifier le bon niveau d'intervention, il faut penser et mettre en acte une nouvelle gouvernance économique. Cette « gouvernance désigne le système d'action conjuguée des acteurs privés et publics, englobant les Etats, organisations régionales, institutions multilatérales, entreprises et mouvements sociaux » .
La complexité du problème actuel de la régulation de l'économie mondiale tient donc à ce qu'il combine une triple dimension. D'un côté, l'analyse économique permet de mieux identifier des défaillances de marchés qui prennent une importance croissante lorsque les échanges se développent à la fois entre les nations et à l'intérieur des économies (essor et approfondissement des marchés extérieurs et intérieurs). D'un autre côté la prise de conscience du besoin de biens publics mondiaux est confrontée à des modes de coopération et à des institutions internationales héritées des relations intergouvernementales qui se sont mises en place après 1945. Enfin, l'ampleur des besoins de régulation oblige à repenser les frontières entre intervention publique et action privée, c'est ce qui est abordé avec les questions de nouvelle architecture mondiale et de gouvernance économique. C'est à travers ces trois dimensions que nous allons examiner les problèmes actuels de régulation de l'économie mondiale en montrant que la mondialisation est un facteur d'accentuation de l'imbrication entre les logiques privées et publiques.
Cette question de la régulation de l'économie mondiale prend une importance particulière lorsque les économies sont engagées dans un processus d'intégration à la fois commercial, financier et productif car les risques de contagion internationale à partir d'une crise locale prennent un ampleur nouvelle.
La prise de conscience d'une action nécessaire pour endiguer l'accroissement des risques à l'échelle internationale est évidente quand on étudie des débats autour de thèmes comme ceux de la nouvelle architecture économique mondiale, des biens publics mondiaux ou de la gouvernance économique.
Si la mondialisation apparaît comme un gigantesque élargissement des marchés elle est aussi : un révélateur des défaillances de ces marchés et des limites de l'action publique, une prise de conscience de nouveaux rapports de forces économiques, voire la reconnaissance d'une nécessaire correction des dérives du capitalisme.
Joseph Stiglitz constate : « le problème c'est que la mondialisation économique est allée plus vite que la mondialisation politique » . Plus précisément, il montre que les Etats-Unis ont tenté d'imposer une mondialisation politique fondée sur l'idée de démocratie alors que l'enjeu était l'élaboration d'un consensus, c'est à dire un compromis acceptable entre des points vue divergents. Le besoin d'action collective lié à l'intégration des économies nécessite de dégager ce consensus et aussi d'identifier les niveaux d'action adaptés aux problèmes à résoudre. Stiglitz rappelle : « la science économique a dégagé un ensemble de principes qui aide à déterminer le plus adapté à chaque problème. Les biens publics mondiaux et les externalités mondiales - les actes qui ont un effet sur les autres sur l'ensemble de la planète- doivent être traités au niveau mondial ; les biens publics locaux et les externalités locales - les actes qui n'ont d'impact que sur les membres d'une collectivité locale - doivent être traités au niveau local » .
Mais le problème n'est pas seulement d'identifier le bon niveau d'intervention, il faut penser et mettre en acte une nouvelle gouvernance économique. Cette « gouvernance désigne le système d'action conjuguée des acteurs privés et publics, englobant les Etats, organisations régionales, institutions multilatérales, entreprises et mouvements sociaux » .
La complexité du problème actuel de la régulation de l'économie mondiale tient donc à ce qu'il combine une triple dimension. D'un côté, l'analyse économique permet de mieux identifier des défaillances de marchés qui prennent une importance croissante lorsque les échanges se développent à la fois entre les nations et à l'intérieur des économies (essor et approfondissement des marchés extérieurs et intérieurs). D'un autre côté la prise de conscience du besoin de biens publics mondiaux est confrontée à des modes de coopération et à des institutions internationales héritées des relations intergouvernementales qui se sont mises en place après 1945. Enfin, l'ampleur des besoins de régulation oblige à repenser les frontières entre intervention publique et action privée, c'est ce qui est abordé avec les questions de nouvelle architecture mondiale et de gouvernance économique. C'est à travers ces trois dimensions que nous allons examiner les problèmes actuels de régulation de l'économie mondiale en montrant que la mondialisation est un facteur d'accentuation de l'imbrication entre les logiques privées et publiques.
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