"Le remède dans le mal" de Jean Starobinski
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fiche de lecture
publié le 18/07/2008
avis client : non évalué
niveau : avancé
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Résumé
Le remède dans le mal, de jean starobinski, est paru chez Gallimard en 1989. Il fait partie de la collection NRF Essais de léditeur, et sinscrit, par là, au sein dune volonté, affirmée par Eric Vigne, page 293, de restaurer lessai, lequel est une « mise à distance des certitudes perçues sans discernement, (une) mise en perspective des objets faussement familiers, (et une) mise en relation des modes de pensée dailleurs et dici ». Le présent ouvrage est annoncé, par la collection dans laquelle il parait, comme un instrument de critique autant que dérudition. jean starobinski confirme cette première approche dans lavertissement qui tient lieu de préface à son ouvrage : il enjoint ses lecteurs à ne pas sattendre à « une enquête systématique ni à une histoire complète » de la « critique des conduites masquées et des conventions de société », mais à létude dune « série dexemples - que lon eut pu multiplier ». Il prévient, ainsi, que son but nétait pas de produire une uvre close sur elle-même ; considérant, cependant, que les « études (
) rassemblées tracent un parcours, et comportent entre elles des liens assez évidents pour rendre inutile toute autre préface », il ne tient pas à pousser plus loin la justification de lunité de son livre.
Cet essai de starobinski est pourtant une uvre plurielle dans le sens où il est composé de plusieurs essais parus à des dates et dans des contextes divers avant dêtre réunis en un seul ouvrage. Ils ont tous en commun une période détude : « lâge des Lumières », comme nous lindique le sous-titre , cet âge étant entendu de manière plus ou moins large, certains articles se référent, ainsi, dans leurs études au XVIème siècle, dautres prolongent leur propos jusquau XIXème. Il semble, au vu du sous-titre, que leur autre point commun soit létude de la « critique et de la légitimation de lartifice » à cette époque, c'est-à-dire des moyens utilisés pour remettre en cause ou justifier un instrument de tromperie. Pourtant, en considérant les titres des différents chapitres (« Le mot civilisation », « Exil, satire, tyrannie », « Fable et mythologie au XVIIème et XVIIIème siècle » etc.), on ne perçoit pas forcément un seul type de sujets. La question qui se pose alors est de savoir doù cet ouvrage composite tire son unité. Nous essaierons de répondre à cette question tout au long de létude de ce texte.
Notre réflexion se structurera autour de deux axes, appuyés sur une analyse du sous-titre du présent ouvrage : « Critique et légitimation de lartifice à lâge des Lumières ». Il nous a semblé que labsence darticle devant les termes de « critique » et de « légitimation » nous en permettait une double lecture. En effet, on peut entendre, par cette proposition, lannonce dune étude de la critique et de la légitimation de lartifice qui ont pu être formulées à lépoque des Lumières ; on se place, dès lors, très près des exemples mobilisés en envisageant une analyse pointue qui mette au jour, les points de critique et de légitimation. Mais il nous semble aussi quon peut prendre plus de distance avec ces études, et que louvrage, sur lequel porte notre réflexion, nous propose, lui-même, une critique et une légitimation de lartifice à lâge des Lumières, c'est-à-dire que jean starobinski nous inviterait, à travers létude dune suite dexemples, à porter un jugement critique sur lutilisation de lartifice, des masques, de la ruse, à lépoque des Lumières. Nous verrons au fil de notre travail si cette hypothèse de lecture se vérifie.
Cet essai de starobinski est pourtant une uvre plurielle dans le sens où il est composé de plusieurs essais parus à des dates et dans des contextes divers avant dêtre réunis en un seul ouvrage. Ils ont tous en commun une période détude : « lâge des Lumières », comme nous lindique le sous-titre , cet âge étant entendu de manière plus ou moins large, certains articles se référent, ainsi, dans leurs études au XVIème siècle, dautres prolongent leur propos jusquau XIXème. Il semble, au vu du sous-titre, que leur autre point commun soit létude de la « critique et de la légitimation de lartifice » à cette époque, c'est-à-dire des moyens utilisés pour remettre en cause ou justifier un instrument de tromperie. Pourtant, en considérant les titres des différents chapitres (« Le mot civilisation », « Exil, satire, tyrannie », « Fable et mythologie au XVIIème et XVIIIème siècle » etc.), on ne perçoit pas forcément un seul type de sujets. La question qui se pose alors est de savoir doù cet ouvrage composite tire son unité. Nous essaierons de répondre à cette question tout au long de létude de ce texte.
Notre réflexion se structurera autour de deux axes, appuyés sur une analyse du sous-titre du présent ouvrage : « Critique et légitimation de lartifice à lâge des Lumières ». Il nous a semblé que labsence darticle devant les termes de « critique » et de « légitimation » nous en permettait une double lecture. En effet, on peut entendre, par cette proposition, lannonce dune étude de la critique et de la légitimation de lartifice qui ont pu être formulées à lépoque des Lumières ; on se place, dès lors, très près des exemples mobilisés en envisageant une analyse pointue qui mette au jour, les points de critique et de légitimation. Mais il nous semble aussi quon peut prendre plus de distance avec ces études, et que louvrage, sur lequel porte notre réflexion, nous propose, lui-même, une critique et une légitimation de lartifice à lâge des Lumières, c'est-à-dire que jean starobinski nous inviterait, à travers létude dune suite dexemples, à porter un jugement critique sur lutilisation de lartifice, des masques, de la ruse, à lépoque des Lumières. Nous verrons au fil de notre travail si cette hypothèse de lecture se vérifie.
Sommaire
- Une histoire de la critique et de la légitimation de l'artifice à l'âge des Lumières
- Une étude sous forme de « coups de sonde »
- Les critiques de l'artifice
- La légitimation de l'artifice par sa critique
- Critique et légitimation, par Jean Starobinski, du recours à l'artifice à l'âge des Lumières
- Une justification des auteurs critiques
- Les risques de cette justification
- Starobinski trompé par l'artifice ?
