Renan, Qu'est ce qu'une Nation?
Date de publication :
30/05/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
5 pages
Sommaire :
Sommaire
- La conception renanienne de la nation
- La nation comme « principe spirituel » et ses deux facteurs constitutifs : mémoire collective d'un même passé et même volonté de poursuivre « ensemble » ( 1-2)
- La prévalence de ces deux facteurs sur tous les autres d'ordinaire invoqués. Explicitation complémentaire ( 3-4)
- Argumentaire à l'appui de cette conception face à des objections possibles et réaffirmation finale
- Réponses à deux objections possibles : la volonté populaire mal éclairée et les dissonances entre nations ( 5-6)
- Résumé de la thèse : l'essence et le « droit d'exister » d'une nation. Exhortation à maintenir ferme la thèse face aux « transcendants de la politique » ( 7-8)
Résumé :
1870 : après la victoire des troupes allemandes sur l'armée de Napoléon III, l'Alsace-Lorraine fut intégrée de force dans le second Reich allemand. Les vainqueurs justifièrent cette intégration au motif que les populations de ces territoires étaient en grande partie d'ethnie et/ou de langue germaniques. Ce rattachement à la nation allemande était-il pour autant légitime ? Etait-il juste pour les populations concernées ? Pour autant que de toute antiquité le droit (jus) est conçu en rapport au juste (justum), que le droit positif ou établi peut toujours être interrogé quant à sa légitimité et au nom de la justice - inextinguible revendication de toutes les Antigone à travers les âges - l'Allemagne était-elle en droit de faire ce rattachement, ou, inversement, le droit de ces populations de l'est de la France a-t-il été respecté ? On sait que la perte de l'Alsace-Lorraine fut douloureusement ressentie par les Français et a suscité une animosité croissante contre l'Allemagne, des figures populaires comme celle du Général Boulanger - le Général "Revanche" - montrant l'ampleur de cette animosité, qui déboucha sur le cri vengeur des mobilisés de 1914 : « A Berlin ! A Berlin ! ».
C'est dans ce lourd contexte qu'Ernest renan prononça le 11 mars 1882 à la Sorbonne sa conférence devenue célèbre « Qu'est-ce qu'une nation ? ». renan était un spécialiste d'hébreu et s'était spécialisé dans l'étude critique des textes bibliques. Il écrivit une Vie de Jésus qui fit sa renommée. On aurait pu s'attendre à voir valoriser par cet exégète la langue et la religion comme facteurs de base d'une communauté nationale. Pourtant, selon lui, ce n'est ni la langue, ni la religion, qui constitue une nation, et pas davantage la race ou les aléas de la géographie : c'est la volonté d'un avenir commun, d'un « vivre ensemble » à partir d'un même héritage. Sans conteste, le problème ici en cause déborde de beaucoup le contexte particulier précité, il est fondamental aussi bien en philosophie politique et qu'en droit constitutionnel. En un premier temps, nous examinerons les termes dans lesquels renan présente sa conception de la nation comme « principe spirituel » avec deux facteurs constitutifs, l'un ayant trait au passé, l'autre à l'avenir, ces deux facteurs prévalant selon lui sur tous les autres d'ordinaire invoqués. En un second temps, nous verrons comment renan repousse des objections possibles à sa thèse, objections de taille à vrai dire - pour la réaffirmer à la fin de façon vigoureuse, face à ce qu'il appelle les « transcendants de la politique ».
C'est dans ce lourd contexte qu'Ernest renan prononça le 11 mars 1882 à la Sorbonne sa conférence devenue célèbre « Qu'est-ce qu'une nation ? ». renan était un spécialiste d'hébreu et s'était spécialisé dans l'étude critique des textes bibliques. Il écrivit une Vie de Jésus qui fit sa renommée. On aurait pu s'attendre à voir valoriser par cet exégète la langue et la religion comme facteurs de base d'une communauté nationale. Pourtant, selon lui, ce n'est ni la langue, ni la religion, qui constitue une nation, et pas davantage la race ou les aléas de la géographie : c'est la volonté d'un avenir commun, d'un « vivre ensemble » à partir d'un même héritage. Sans conteste, le problème ici en cause déborde de beaucoup le contexte particulier précité, il est fondamental aussi bien en philosophie politique et qu'en droit constitutionnel. En un premier temps, nous examinerons les termes dans lesquels renan présente sa conception de la nation comme « principe spirituel » avec deux facteurs constitutifs, l'un ayant trait au passé, l'autre à l'avenir, ces deux facteurs prévalant selon lui sur tous les autres d'ordinaire invoqués. En un second temps, nous verrons comment renan repousse des objections possibles à sa thèse, objections de taille à vrai dire - pour la réaffirmer à la fin de façon vigoureuse, face à ce qu'il appelle les « transcendants de la politique ».
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