La représentation politique
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mémoire
publié le 09/01/2002
avis client : non évalué
niveau : expert
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Résumé
Aujourd'hui je vais traiter d'un auteur qui poursuit à sa manière la tradition critique de Karl Marx, mais qui a développé une théorie tout à fait différente sous beaucoup d'aspects. Je veux parler du philosophe, anthropologue et sociologue Pierre Bourdieu.
On a déjà dit que l'approche critique est proche de l'approche réaliste dans la mesure où elle développe également une conception conflictuelle de la politique. On a commencé avec Machiavel pour qui le pouvoir politique conféré au prince était la garantie de l'ordre et de la stabilité. Pour Max Weber, on l'a vu, la politique n'est que la lutte pour le pouvoir à travers les partis politiques et les politiciens. Karl Marx prétend que toute la société est impliquée dans une lutte de classes et que la politique n'est qu'une expression de cette lutte de classe. En effet, l'Etat, dit Marx, appartient à la superstructure qui repose sur l'infrastructure que représentent les rapports de production. De plus, Marx pense que l'Etat prend position dans la lutte des classes, c'est-à-dire qu'il n'est pas un arbitre neutre au sein de cette lutte. Il favorise la classe dominante en garantissant les structures et l'organisation du mode de production capitaliste. Ainsi, s'il existe sans doute une certaine autonomie relative de l'Etat, parce que Marx voit également que l'Etat a adopté des lois en faveur de la protection du prolétariat et, par conséquent, contre les intérêts à court terme des entreprises, il était néanmoins convaincu que, à long terme, les structures du capitalisme ne permettraient pas le développement d'un Etat opposé aux intérêts de la bourgeoisie. C'est pourquoi dans une société sans classe comme il a prophétisé la société communiste l'Etat devient superflu et périt.
Bourdieu intègre des éléments aussi bien de Marx que de Weber (et des auteurs provenant de l'anthropologie comme Lévi-Strauss etc.). Cela indique déjà que, lui aussi, est de l'avis que la politique et l'Etat sont caractérisés avant tout par les phénomènes de pouvoir. Effectivement, il semble, si l'on jette un coup d'il superficiel sur ses travaux, que Bourdieu ne dévie pas trop de la conception marxiste. Il utilise par exemple beaucoup la notion de " capital " et de classes comme Marx et il est clair qu'il est de l'avis que toute la société, y compris la politique, est traversée par la lutte entre "dominants et dominés". Il s'agit cependant de s'intéresser plus particulièrement aux différences par rapport à la conception de Marx.
Je vais procéder comme suit :
Au début j'aimerais opposer à la notion de classe chez Marx, et le concept d'espace social tel qu'il est développé chez Bourdieu
Cela nous amène à la discussion du " champ " et du " capital " comme notions centrales de la théorie de Bourdieu. Et l'on verra que, contrairement à Marx, le capital de Bourdieu peut prendre plusieurs formes. En discutant ces expressions on développera la compréhension de la conception bourdieusienne de la domination.
Enfin, on discutera du pouvoir symbolique et de l'habitus, un aspect de la domination, particulièrement important.
A partir de là l'on devrait avoir les éléments de base de la compréhension de la théorie complexe de Bourdieu. Après cela, l'on se concentrera sur l'analyse développée par Bourdieu du " champ politique " ainsi que, en particulier, sur la relation entre " mandants " et " mandataires ".
On a déjà dit que l'approche critique est proche de l'approche réaliste dans la mesure où elle développe également une conception conflictuelle de la politique. On a commencé avec Machiavel pour qui le pouvoir politique conféré au prince était la garantie de l'ordre et de la stabilité. Pour Max Weber, on l'a vu, la politique n'est que la lutte pour le pouvoir à travers les partis politiques et les politiciens. Karl Marx prétend que toute la société est impliquée dans une lutte de classes et que la politique n'est qu'une expression de cette lutte de classe. En effet, l'Etat, dit Marx, appartient à la superstructure qui repose sur l'infrastructure que représentent les rapports de production. De plus, Marx pense que l'Etat prend position dans la lutte des classes, c'est-à-dire qu'il n'est pas un arbitre neutre au sein de cette lutte. Il favorise la classe dominante en garantissant les structures et l'organisation du mode de production capitaliste. Ainsi, s'il existe sans doute une certaine autonomie relative de l'Etat, parce que Marx voit également que l'Etat a adopté des lois en faveur de la protection du prolétariat et, par conséquent, contre les intérêts à court terme des entreprises, il était néanmoins convaincu que, à long terme, les structures du capitalisme ne permettraient pas le développement d'un Etat opposé aux intérêts de la bourgeoisie. C'est pourquoi dans une société sans classe comme il a prophétisé la société communiste l'Etat devient superflu et périt.
Bourdieu intègre des éléments aussi bien de Marx que de Weber (et des auteurs provenant de l'anthropologie comme Lévi-Strauss etc.). Cela indique déjà que, lui aussi, est de l'avis que la politique et l'Etat sont caractérisés avant tout par les phénomènes de pouvoir. Effectivement, il semble, si l'on jette un coup d'il superficiel sur ses travaux, que Bourdieu ne dévie pas trop de la conception marxiste. Il utilise par exemple beaucoup la notion de " capital " et de classes comme Marx et il est clair qu'il est de l'avis que toute la société, y compris la politique, est traversée par la lutte entre "dominants et dominés". Il s'agit cependant de s'intéresser plus particulièrement aux différences par rapport à la conception de Marx.
Je vais procéder comme suit :
Au début j'aimerais opposer à la notion de classe chez Marx, et le concept d'espace social tel qu'il est développé chez Bourdieu
Cela nous amène à la discussion du " champ " et du " capital " comme notions centrales de la théorie de Bourdieu. Et l'on verra que, contrairement à Marx, le capital de Bourdieu peut prendre plusieurs formes. En discutant ces expressions on développera la compréhension de la conception bourdieusienne de la domination.
Enfin, on discutera du pouvoir symbolique et de l'habitus, un aspect de la domination, particulièrement important.
A partir de là l'on devrait avoir les éléments de base de la compréhension de la théorie complexe de Bourdieu. Après cela, l'on se concentrera sur l'analyse développée par Bourdieu du " champ politique " ainsi que, en particulier, sur la relation entre " mandants " et " mandataires ".
Sommaire
- Classes et Espace Social
- Différenciation de la société
- Le champ
- Illusion, libido et habitus
- La vertu est-elle possible ?
- L'Etat et le champ politique
- La politique dans la théorie de Bourdieu
- Le champ politique se constitue par la distinction entre mandants et mandataires
- Le champ politique est caractérisé par la lutte des mandataires pour la reconnaissance des profanes et la recherche du pouvoir
- Comment peut-on mobiliser le soutien des profanes pour accéder aux postes politiques?
- Glossaire
- Capital (social)
- Capital étatique (ou méta-capital)
- Capital symbolique
