La représentation théâtrale : une fête pour "crever ce qui nous sépare des morts"
Date de publication :
03/12/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
9 pages
Sommaire :
Sommaire
- Les enjeux et les implications d'une telle conception qui met en valeur la ''représentation''
- Une mise en 'uvre efficiente
- Se servir du physique pour accéder à l'immatériel
Résumé :
A la création de sa pièce Les Paravents, Jean genet écrivait au metteur en scène : « Je voudrais que la représentation soit si forte et si dense qu'elle illumine, par ses prolongements, le monde des morts (ou plus justement de la mort) - [...] - et celui des vivants qui viendront (mais c'est moins important). Je vous dis cela parce que la fête, si limitée dans le temps et l'espace, apparemment destinée à quelques spectateurs, sera d'une telle gravité qu'elle sera aussi destinée aux morts. Personne ne doit être écarté ou privé de la fête : il faut qu'elle soit si belle que les morts aussi la devinent, et qu'ils en rougissent [...]. Tout doit être réuni afin de crever ce qui nous sépare des morts. Tout faire pour que nous ayons le sentiment d'avoir travaillé pour eux et d'avoir réussi ».
Le théâtre européen s'est quelque peu transformé au XXe siècle. Les changements se sont opérés tantôt grâce aux metteurs en scène, tantôt grâce aux auteurs dramatiques. Au théâtre, en effet, les influences sont réciproques entre l'écriture dramatique et les conditions de la représentation, qu'il s'agisse d'une innovation architecturale, d'une conception nouvelle des rapports acteurs-spectateurs ou de l'apparition de nouveaux modes de jeu. Tous les arts ont par ailleurs repensé la notion de mimesis au XXe siècle. La scène n'est plus censée reproduire un fragment du monde réel, de ce fait, la nature de l'illusion théâtrale s'est profondément modifiée. Ainsi, la citation de Genet semble s'insérer dans ce contexte littéraire. Il y affirme sa conception propre du théâtre qui devient une « fête » qui, par ses « prolongements », « illumine le monde des morts » mais également « des vivants qui viendront ». Il destine donc ses pièces à l'accès à deux mondes virtuels : celui de la mort et celui du futur. Dans ses pièces dont « personne ne doit être écarté » et où « tout doit être réuni pour crever ce qui nous sépare des morts », c'est la notion d'unité qui semble primer tant sur le plan de la représentation qu'au niveau de ses visées éthiques à savoir relier l'irréel au réel en le mettant à jour. Pour Genet donc, tout est affaire de « prolongements » et de « représentation », excluant même les notions d'action et de dialogue. Les spectateurs semblent être activement impliqués dans la « fête » au même titre que les acteurs, que l'auteur et que le metteur en scène. Les « prolongements » affectifs sont aussi mis au premier plan (« forte », « rougissent »). L'ambigüité de cette conception du théâtre réside dans le fait que la « représentation » et la « fête » sont étroitement liées au monde de la réalité physique mais elles permettent à l'auteur de signifier l'invisible, l'irréel ; de dire, plus que le langage qui n'est même pas évoqué, l'ineffable.
Le théâtre européen s'est quelque peu transformé au XXe siècle. Les changements se sont opérés tantôt grâce aux metteurs en scène, tantôt grâce aux auteurs dramatiques. Au théâtre, en effet, les influences sont réciproques entre l'écriture dramatique et les conditions de la représentation, qu'il s'agisse d'une innovation architecturale, d'une conception nouvelle des rapports acteurs-spectateurs ou de l'apparition de nouveaux modes de jeu. Tous les arts ont par ailleurs repensé la notion de mimesis au XXe siècle. La scène n'est plus censée reproduire un fragment du monde réel, de ce fait, la nature de l'illusion théâtrale s'est profondément modifiée. Ainsi, la citation de Genet semble s'insérer dans ce contexte littéraire. Il y affirme sa conception propre du théâtre qui devient une « fête » qui, par ses « prolongements », « illumine le monde des morts » mais également « des vivants qui viendront ». Il destine donc ses pièces à l'accès à deux mondes virtuels : celui de la mort et celui du futur. Dans ses pièces dont « personne ne doit être écarté » et où « tout doit être réuni pour crever ce qui nous sépare des morts », c'est la notion d'unité qui semble primer tant sur le plan de la représentation qu'au niveau de ses visées éthiques à savoir relier l'irréel au réel en le mettant à jour. Pour Genet donc, tout est affaire de « prolongements » et de « représentation », excluant même les notions d'action et de dialogue. Les spectateurs semblent être activement impliqués dans la « fête » au même titre que les acteurs, que l'auteur et que le metteur en scène. Les « prolongements » affectifs sont aussi mis au premier plan (« forte », « rougissent »). L'ambigüité de cette conception du théâtre réside dans le fait que la « représentation » et la « fête » sont étroitement liées au monde de la réalité physique mais elles permettent à l'auteur de signifier l'invisible, l'irréel ; de dire, plus que le langage qui n'est même pas évoqué, l'ineffable.
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