La responsabilité des ministres de 1789 à 1958
Date de publication :
09/01/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
4 pages
Sommaire :
Sommaire
- Quelle responsabilité devant quelle institution?
- La responsabilité pénale des ministres
- La responsabilité politique des ministres
- Comment engager la responsabilité des ministres ?
- Les moyens informels
- Les moyens conformes aux textes
Résumé :
C'est un terme qui, tout en revêtant une certaine technicité, reste flou, et il est donc nécessaire de le définir. La période sur laquelle doit s'appliquer l'étude qui va suivre n'a pas été choisie au hasard puisqu'elle marque précisément la prise du pouvoir par le peuple et l'évolution du mode d'exercice de la souveraineté en France, mais il est utile d'indiquer que la durée importante de cette période exerce une influence évidente sur la définition des mots évoqués quelques lignes plus haut, et c'est donc en des termes volontairement généraux et théoriques que leur sens sera précisé.
Concernant la responsabilité des ministres, il en existe deux sortes qui peuvent s'appliquer à eux dans l'exercice de leurs fonctions. Chronologiquement, la plus ancienne en date est la responsabilité pénale, par laquelle il est notamment mis fin à la fonction du ministre qui s'est rendu coupable d'un délit, d'un crime, ou a failli à sa mission de façon grave et de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de son pays (sanction qui peut être assortie de condamnations pénales).
Une seconde forme de responsabilité est apparue peu à peu, affirmant clairement son existence pour la première fois à la fin du XIXe siècle; il s'agit de la responsabilité politique des ministres. La responsabilité politique des ministres n'est pas moins contraignante que la responsabilité pénale, mais son domaine d'application et ses effets sont différents: elle consiste en la démission ou le remerciement d'un ou plusieurs ministres (voire d'un gouvernement entier) suite à un refus de l'institution dont il dépend de soutenir son action. Cette institution peut être, selon les époques, soit un organe exécutif, soit un organe législatif, soit les deux. Ces organes seront décrits dans le développement.
Enfin, et c'est probablement le plus important, que doit-on entendre par ministre ? La fonction qui se cache derrière le titre n'a pas toujours eu le sens que nous lui connaissons aujourd'hui. Parfois, le titre même a changé, mais sans modifier le rôle fondamental du ministre: considérant le terme dans son acception la plus large, le ministère est une fonction exercée au sein du pouvoir et des organes exécutifs, plus ou moins étendue selon la spécialisation. Sauf mention contraire, dans la suite des développements, il faudra donc comprendre le mot ministre en ce sens, en lui ajoutant toutes les spécificités propres à l'époque à laquelle il appartient.
La doctrine (Pactet, Chantebout, Ardant) s'accorde à dire que la responsabilité des ministres est une des données essentielles du régime parlementaire, mais celui-ci n'en a certainement pas l'exclusivité. Aucun régime depuis 1789 ne peut être prétendu parfaitement parlementaire, et nombreux ont été les cas où les ministres ont été limogés non pas par une chambre basse élue au suffrage universel et à la légitimité forte, mais bien par le chef de l'exécutif, roi, empereur ou président à l'autorité plus ou moins bien fondée.
C'est pour cette raison qu'on parlera désormais aussi bien de la responsabilité des ministres devant le Parlement que devant le Président de la République, pour prendre l'exemple de la IVe République. L'illustration des propos à venir se fera au regard de tous les régimes qui se sont succédés depuis 1789, puisqu'on a montré que l'étude de la responsabilité des ministres dans les seuls régimes parlementaires ne traitait que partiellement le sujet, et que les régimes de 1789 à 1958 ne furent pas tous parlementaires (césarisme, monarchie, empire, régime mixte).
De qui dépendent les ministres? Dans quelles situations? Pour quelles raisons? Comment leur responsabilité est-elle engagée? Toutes ces interrogations nous amènent en fin de compte à étudier la nature et l'application du principe de responsabilité des ministres.
Dans cette optique, nous sommes amenés à nous demander quelle responsabilité s'exerce devant quelle institution (I), puis une fois cette question éclaircie, par quels moyens la responsabilité des ministres est engagée (II).
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