La révolte est-elle un droit ?
Date de publication :
06/12/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
4 pages
Sommaire :
Sommaire
- La contradiction originelle : entre un devoir d'obéissance aux lois et le droit éventuel d'y désobéir
- Histoire de la construction du droit de résistance
- Enseignements de cette histoire : la résistance est un concept limite du droit, échappant aux catégories traditionnelles de l'entendement juridique et nous permettant de questionner le droit lui-même
Résumé :
Adolf Eichmann, personnification de la « banalité du mal » selon les mots d'Hannah Arendt, eut ces derniers mots avant d'être pendu : « je devais obéir aux règles et à mon drapeau ». Les exemples sont nombreux : lors de procès pour crimes contre l'humanité, la défense a constamment recours au devoir d'obéissance à la loi pour justifier les agissements des accusés, quelque infâmes soient-ils par ailleurs. Il faut admettre que si l'on s'en tient au positivisme de Hans Kelsen par exemple, le droit se définit d'abord par sa forme : c'est un ensemble de normes valides, c'est-à-dire obligatoires. La primauté de la forme sur le contenu implique l'obéissance absolue - aveugle, serait-on tentés de dire - au droit. Or, précisément, le fonctionnaire Eichmann fut condamné à mort pour avoir obéi, pour n'avoir pas résisté à l'ordre injuste qui pesait sur lui. Nous observons ici à l'oeuvre un renversement dialectique : l'insoumission, au cours du procès Eichmann, serait légale, tandis que l'obéissance, elle, serait illégale. Nous saisissons sans peine l'apparente contradictio in adjecto, le non-sens juridique qui est mis en lumière, entre un devoir d'obéir à la loi et un droit d'y désobéir.
En effet, comment par exemple déclarer à la fois : « tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la loi doit obéir à l'instant : il se rend coupable par la résistance » (article 7 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen) et proclamer à l'article 2 que la résistance est un « droit naturel et imprescriptible de l'homme » ? A partir de quel degré d'injustice peut-on considérer une loi (ou plus largement, un système juridique) comme oppressive, et sur quels critères fonder cette injustice ?
En effet, comment par exemple déclarer à la fois : « tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la loi doit obéir à l'instant : il se rend coupable par la résistance » (article 7 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen) et proclamer à l'article 2 que la résistance est un « droit naturel et imprescriptible de l'homme » ? A partir de quel degré d'injustice peut-on considérer une loi (ou plus largement, un système juridique) comme oppressive, et sur quels critères fonder cette injustice ?
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