Les révolutions latino-américaines sont-elles des luttes de libération nationale ?
Date de publication :
11/01/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
4 pages
Sommaire :
Sommaire
- Les révolutions latino-américaines cherchent à libérer le peuple d'emprises historiques
- Libérer le peuple du pouvoir arbitraire d'un caudillo
- Libérer le peuple d'une organisation sociale jugée dépassée
- Néanmoins, une lecture marxiste de l'intégralité de ces révolutions comme luttes de libération nationale serait erronée
- Des révolutions qui ne suivent pas le schéma des révolutions déterminé par la pensée marxiste
- Des révolutions récupérées par l'idéologie marxiste dans un contexte de guerre froide
Résumé :
L'expression de libération nationale est souvent employée aujourd'hui comme définition pour des mouvements très variés : l'Armée sandiniste de libération nationale au Mexique, l'ELN ou Armée de libération nationale, qui est une guérilla colombienne... Il s'agit donc d'une expression forte et toujours actuelle. Elle est néanmoins ancienne puisqu'il s'agit d'une référence à la notion marxiste de libération nationale. Celle-ci repose sur l'idée de Marx, qui, internationaliste, considère que cet internationalisme repose sur l'égalité entre les nations. Ainsi, « une nation qui en opprime une autre ne saurait être libre ». Il soutient de ce fait plusieurs luttes d'indépendance, notamment celle de l'Irlande, lors du congrès fondateur de la Première Internationale, en 1854, mais aussi la Pologne. Cette expression peut faire référence soit aux nations colonisées, qui sont directement et politiquement sous la tutelle d'une autre, soit aux nations qui subissent une colonisation économique, plus pernicieuse, qui empêche leur développement.
Les épigones de Marx traitent différemment la question nationale, de Rosa Luxembourg qui s'oppose à toute guerre entre les nations, en ce qu'elles sont pour elle nécessairement bourgeoise, à Lénine, qui explique que tout comme la dictature du prolétariat est une étape nécessaire pour parvenir au communisme, la libération nationale est nécessaire avant de parvenir à un monde sans États - qui sont par essence bourgeois, puisque les prolétaires n'ont pas de nation. Ainsi, dans La révolution socialiste et le droit des nations à disposer d'elles-mêmes, en 1916, Lénine explique :
« De même que l'humanité ne peut aboutir à l'abolition des classes qu'en passant par la période de transition de la dictature de la classe opprimée, de même elle ne peut aboutir à la fusion inévitable des nations qu'en passant par la période de transition de la libération complète de toutes les nations opprimées, c'est-à-dire de la liberté pour elles de se séparer. »
De ce fait, conceptuellement, la libération nationale pose problème au sein de l'idéologie communiste. Cependant, elle est réhabilitée pour des raisons géopolitiques, dans le cadre de la guerre froide, comme on le verra plus loin, l'URSS cherchant à s'entourer de nations soeurs en les aidant à s'émanciper des États coloniaux.
La révolution semble endémique en Amérique Latine au 20ème siècle. Ce phénomène politique y est nouveau, puisque le 19ème avait vu les guerres d'indépendance, dans les années 1820-1830, des révoltes paysannes, des coups d'États militaires, mais pas encore de révolution au sens où il est défini aujourd'hui, la prise illégale de pouvoir par un groupe qui veut transformer les structures sociales, politiques, économiques d'un pays.
La période révolutionnaire en Amérique latine commence donc dès 1910, avec les débuts de la révolution mexicaine, et se poursuit tout au long du 20ème siècle
Peut-on alors dire des révolutions latino-américaines qu'elles constituent des réalisations du concept marxiste de luttes de libération nationale ?
Les épigones de Marx traitent différemment la question nationale, de Rosa Luxembourg qui s'oppose à toute guerre entre les nations, en ce qu'elles sont pour elle nécessairement bourgeoise, à Lénine, qui explique que tout comme la dictature du prolétariat est une étape nécessaire pour parvenir au communisme, la libération nationale est nécessaire avant de parvenir à un monde sans États - qui sont par essence bourgeois, puisque les prolétaires n'ont pas de nation. Ainsi, dans La révolution socialiste et le droit des nations à disposer d'elles-mêmes, en 1916, Lénine explique :
« De même que l'humanité ne peut aboutir à l'abolition des classes qu'en passant par la période de transition de la dictature de la classe opprimée, de même elle ne peut aboutir à la fusion inévitable des nations qu'en passant par la période de transition de la libération complète de toutes les nations opprimées, c'est-à-dire de la liberté pour elles de se séparer. »
De ce fait, conceptuellement, la libération nationale pose problème au sein de l'idéologie communiste. Cependant, elle est réhabilitée pour des raisons géopolitiques, dans le cadre de la guerre froide, comme on le verra plus loin, l'URSS cherchant à s'entourer de nations soeurs en les aidant à s'émanciper des États coloniaux.
La révolution semble endémique en Amérique Latine au 20ème siècle. Ce phénomène politique y est nouveau, puisque le 19ème avait vu les guerres d'indépendance, dans les années 1820-1830, des révoltes paysannes, des coups d'États militaires, mais pas encore de révolution au sens où il est défini aujourd'hui, la prise illégale de pouvoir par un groupe qui veut transformer les structures sociales, politiques, économiques d'un pays.
La période révolutionnaire en Amérique latine commence donc dès 1910, avec les débuts de la révolution mexicaine, et se poursuit tout au long du 20ème siècle
Peut-on alors dire des révolutions latino-américaines qu'elles constituent des réalisations du concept marxiste de luttes de libération nationale ?
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