Le rôle du vêtement dans la construction des identités sexuées dans la classe supérieure
Date de publication :
18/12/2006
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
92 pages
Sommaire :
Sommaire
- Contexte théorique et définitions
- Sexe et genre
- La construction de l'identité sexuée chez l'enfant
- La socialisation différenciée
- Enjeux historiques autour du vêtement
- L'arrangement des sexes, Goffman, Ed La dispute, 1977 (version anglaise), 2002 (traduction française)
Résumé :
Quentin Bell dans Mode et société : essai sur la sociologie du vêtement nous rappelle que « dans presque toute société, les vêtements indiquent le sexe de celui qui les porte, et distribuent les hommes et les femmes dans des catégories différentes. ». Le vêtement est en effet différencié selon les sexes, tant dans les matières utilisées pour la confection, que dans les coupes, les couleurs...
Si le corps est porteur de l'identité sexuée, comme nous le rappelle C. Detrez dans La construction sociale du corps, il ne faut pas oublier que les soi-disant évidences biologiques ne le sont pas tout à fait. L'identité sexuée ne se résume pas « à un assemblage de chromosomes ou à une énumération de différences anatomiques » (C. Detrez, op cit). L'adéquation entre le sexe et le genre n'est pas automatique, l'identité sexuée est le produit d'un processus de « sexuation ». La société entre pour une large part dans les différences existant entre les hommes et les femmes, façonnant leurs modes d'être, leurs goûts...
C'est précisément parce l'identité sexuée n'est pas innée, mais est le résultat d'un apprentissage que nous intéresserons plus particulièrement aux processus par lesquels les individus incorporent et s'approprient cette identité sexuée.
Le vêtement peut être, comme l'est le jouet , une occasion privilégiée pour observer les processus de socialisation sexuée. Le vêtement est en effet une des premières images qui, dans le quotidien, nous est donnée du sexe des individus. Il semble que le vêtement est un révélateur des représentations que la société se fait de ce que « doivent être » un homme et une femme, dans ce domaine sont rappelées sans cesse les convenances à respecter, les attentes collectives.
Ce qui est donc intéressant dans le vêtement, c'est le poids des contraintes sociales contraignant le choix des vêtements. A la différence du monde des jouets où les parents peuvent ou non respecter dans leur choix les destinations de sexe, dans le domaine des vêtements, cette question ne se pose pas. Le vêtement n'est pas questionné comme pouvant être autre pour chacun des deux sexes. Pour beaucoup, c'est un donné de la société que les filles portent des jupes et des robes ainsi que des pantalons, tandis que les garçons portent uniquement des pantalons, de même au niveau des couleurs, les gens prennent pour acquis que le rose soit une couleur de fille. Ce sont ces idées que nous avons voulu interroger dans ce projet.
Le vêtement est un indicateur très significatif des représentations et des apprentissages sexués, il est un révélateur de la socialisation sexuée au sein de la famille, et plus largement dans toute la société. Il s'agira donc d'étudier comment le vêtement peut être un indicateur significatif des représentations et apprentissages sexués des enfants dans leur famille.
Mais par ailleurs nous nous plaçons dans un milieu social particulier les classes supérieures. Ceci amène une détermination supplémentaire par rapport au choix du vêtement et de son rôle vis à vis de la construction de l'identité sexuée. En effet, dans tous les milieux sociaux, l'image de la femme et de l'homme sont différentes.
La condition de la femme diffère suivant les milieux sociaux, selon qu'elle doit ou non travailler, selon le type de travail, selon qu'elle a ou non une femme de ménage. Historiquement les différences étaient très importantes entre l'ouvrière, dont l'archétype peut être représentée par Gervaise Macquart dans L'assommoir de Zola et la bourgeoise. A chaque milieu social est associé une image de la femme.
Le poids des contraintes économiques et sociales jouant, dans deux milieux sociaux différents, le rôle du vêtement dans la construction de la personnalité sera sensiblement différent.
Nous nous sommes à dessein concentrés sur un milieu où les personnes peuvent s'offrir des toilettes, faire attention à elles. Dans le milieu des classes supérieures, le vêtement revêt une importance bien plus grande que dans tous les autres milieux sociaux. Dans La Distinction, Bourdieu oppose l'usage « réaliste » et fonctionnaliste, que font les classes populaires du vêtement à l'usage qu'en font les classes dominantes qui sont attentives au paraître. Le vêtement n'a pas, dans ces milieux, pour fonction première une fonction protectrice, il permet de reconnaître socialement les individus.
Nous partons donc de trois idées essentielles :
Le vêtement a une influence sur la représentation des identités sexuées.
Le vêtement est un indicateur de l'appartenance de classe.
Les représentations des genres, des identités sexuées sont différentes suivant les milieux sociaux.
Il s'agira donc d'étudier en quoi le vêtement est un indicateur des représentations et des apprentissages différenciés selon les sexes Mais plus précisément, on se demande donc en quoi le vêtement peut être un indicateur des représentations de l'homme et de la femme dans les classes supérieures
Qu'est-ce que le vêtement révèle de la construction différenciée selon les sexes des rôles de genre dans les classes supérieures ?
On essaiera ici de saisir les variations individuelles de l'habitus vestimentaire des classes supérieures.
Si le corps est porteur de l'identité sexuée, comme nous le rappelle C. Detrez dans La construction sociale du corps, il ne faut pas oublier que les soi-disant évidences biologiques ne le sont pas tout à fait. L'identité sexuée ne se résume pas « à un assemblage de chromosomes ou à une énumération de différences anatomiques » (C. Detrez, op cit). L'adéquation entre le sexe et le genre n'est pas automatique, l'identité sexuée est le produit d'un processus de « sexuation ». La société entre pour une large part dans les différences existant entre les hommes et les femmes, façonnant leurs modes d'être, leurs goûts...
C'est précisément parce l'identité sexuée n'est pas innée, mais est le résultat d'un apprentissage que nous intéresserons plus particulièrement aux processus par lesquels les individus incorporent et s'approprient cette identité sexuée.
Le vêtement peut être, comme l'est le jouet , une occasion privilégiée pour observer les processus de socialisation sexuée. Le vêtement est en effet une des premières images qui, dans le quotidien, nous est donnée du sexe des individus. Il semble que le vêtement est un révélateur des représentations que la société se fait de ce que « doivent être » un homme et une femme, dans ce domaine sont rappelées sans cesse les convenances à respecter, les attentes collectives.
Ce qui est donc intéressant dans le vêtement, c'est le poids des contraintes sociales contraignant le choix des vêtements. A la différence du monde des jouets où les parents peuvent ou non respecter dans leur choix les destinations de sexe, dans le domaine des vêtements, cette question ne se pose pas. Le vêtement n'est pas questionné comme pouvant être autre pour chacun des deux sexes. Pour beaucoup, c'est un donné de la société que les filles portent des jupes et des robes ainsi que des pantalons, tandis que les garçons portent uniquement des pantalons, de même au niveau des couleurs, les gens prennent pour acquis que le rose soit une couleur de fille. Ce sont ces idées que nous avons voulu interroger dans ce projet.
Le vêtement est un indicateur très significatif des représentations et des apprentissages sexués, il est un révélateur de la socialisation sexuée au sein de la famille, et plus largement dans toute la société. Il s'agira donc d'étudier comment le vêtement peut être un indicateur significatif des représentations et apprentissages sexués des enfants dans leur famille.
Mais par ailleurs nous nous plaçons dans un milieu social particulier les classes supérieures. Ceci amène une détermination supplémentaire par rapport au choix du vêtement et de son rôle vis à vis de la construction de l'identité sexuée. En effet, dans tous les milieux sociaux, l'image de la femme et de l'homme sont différentes.
La condition de la femme diffère suivant les milieux sociaux, selon qu'elle doit ou non travailler, selon le type de travail, selon qu'elle a ou non une femme de ménage. Historiquement les différences étaient très importantes entre l'ouvrière, dont l'archétype peut être représentée par Gervaise Macquart dans L'assommoir de Zola et la bourgeoise. A chaque milieu social est associé une image de la femme.
Le poids des contraintes économiques et sociales jouant, dans deux milieux sociaux différents, le rôle du vêtement dans la construction de la personnalité sera sensiblement différent.
Nous nous sommes à dessein concentrés sur un milieu où les personnes peuvent s'offrir des toilettes, faire attention à elles. Dans le milieu des classes supérieures, le vêtement revêt une importance bien plus grande que dans tous les autres milieux sociaux. Dans La Distinction, Bourdieu oppose l'usage « réaliste » et fonctionnaliste, que font les classes populaires du vêtement à l'usage qu'en font les classes dominantes qui sont attentives au paraître. Le vêtement n'a pas, dans ces milieux, pour fonction première une fonction protectrice, il permet de reconnaître socialement les individus.
Nous partons donc de trois idées essentielles :
Le vêtement a une influence sur la représentation des identités sexuées.
Le vêtement est un indicateur de l'appartenance de classe.
Les représentations des genres, des identités sexuées sont différentes suivant les milieux sociaux.
Il s'agira donc d'étudier en quoi le vêtement est un indicateur des représentations et des apprentissages différenciés selon les sexes Mais plus précisément, on se demande donc en quoi le vêtement peut être un indicateur des représentations de l'homme et de la femme dans les classes supérieures
Qu'est-ce que le vêtement révèle de la construction différenciée selon les sexes des rôles de genre dans les classes supérieures ?
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