Contre Sainte-Beuve, de Marcel Proust
 
 
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français
 
publié le 30/03/2007
 
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niveau : avancé
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section Sommaire
 
 
  1. Le Contre Sainte-Beuve apparaît comme un véritable réquisitoire contre une exclusivité de l’intelligence qui seule nous permettrait de juger
  2. Les réminiscences proustiennes sont bien souvent galvaudées dans la conversation courante : la fameuse madeleine est connue de tous mais sa portée est bien plus grande qu’un simple souvenir d’un goût d’enfance
  3. Sainte-Beuve considère comme dépassée toute œuvre du passé
  4. Il semble que l’histoire littéraire donne raison à Proust plutôt qu’à Sainte-Beuve (à propos des auteurs évoqués, peut-être pas en général), et à travers lui à la sensation plutôt qu’à l’intelligence
  5. Proust ne dénigre pas totalement l’intelligence, il ne la voit pas entièrement inutile
  6. Pour Proust, une grande Å“uvre est celle qui exprime un moi profond, c’est-à-dire que son auteur a écrit avec ses sentiments pour guider et non pas pour plaire aux autres ''moi mondains''
  7. Même si l’on doit considérer les vérités de l’intelligence comme ''moins précieuses'', la raison est certainement présente dans la composition d’une Å“uvre ou dans sa critique
  8. L’artiste ne parle pas à la raison, cette affirmation permet de mieux comprendre l’écriture de Proust et notamment son utilisation de la métaphore
 
 
section Résumé
 
 
Le XIX° siècle apparaît comme une période d’autorité absolue de la science, et à travers elle de la raison. En effet, le grand mouvement philosophique de ce siècle, le positivisme, ne laisse aucune place à autre chose que la raison, c’est-à-dire que l’intelligence est première pour toute connaissance. « Pour un esprit scientifique, toute connaissance est une réponse à une question ». Cette phrase d’Auguste Comte, chef de file du positivisme, résume tout à fait cette prépondérance de la raison dans la fondation des connaissances. Or, une critique de l’intelligence et de la raison va émerger à partir de la fin de ce siècle, critique de laquelle va naître un moment philosophique dont le problème central sera le problème de l’esprit. Cette critique de la rationalité scientifique peut être illustrée notamment par Bergson : En critiquant la science en ce qu’elle nous masquerait le temps réel de la vie, il montre que quelque chose échappe à la science. Et c’est précisément cette « chose » qui va conduire à la définition de ce qui va être nommé « esprit ». Ce problème philosophique, représenté également par Alain ou Brunschvicg, tente de définir la place de l’esprit dans les actes scientifiques, politiques ou artistiques par exemple. C’est d’ailleurs la question de la place de l’esprit dans l’art qui fait qu’il semble possible de dire que la critique de l’intelligence de proust entre dans cette tentative de compréhension des actes de l’esprit.
Il peut paraître erroné d’évoquer proust à propos d’un moment philosophique. Néanmoins, il est indéniable que son œuvre participe de ce moment, et notamment son Contre sainte-beuve. En effet, dans le Contre sainte-beuve, écrit de 1908 à 1910 (ce n’est donc pas une adhésion à un mouvement par la suite mais une véritable adhésion au moment 1900), marcel proust propose une critique de la méthode de l’écrivain et de la critique de sainte-beuve en général. Cet ouvrage, qui ne devait être au départ qu’un article pour le Figaro, représente réellement l’apport de proust à la critique de la rationalité et de la science. En effet, la méthode de sainte-beuve est, pour proust, révélatrice de l’erreur que l’on commet lorsque l’on juge par l’intelligence seulement. A travers sa critique de sainte-beuve, notamment en opposant son propre point de vue sur des écrivains que sainte-beuve dénigre ou ignore, proust nous montre les limites de l’intelligence et applique à la littérature le problème majeur du moment 1900, le problème de l’esprit.
 
 
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