Sarcophage de Séléné et Endymion, Paris, musée du Louvre, AGER, inv. Ma 1335
Date de publication :
20/03/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
3 pages
Sommaire :
Sommaire
- Le thème mythologique : illustration du désir de survie d'en l'au-delà
- La référence baroque : fourmillement des figures, composition dynamique et style du relief
Résumé :
Ce sarcophage a été trouvé en 1805 à Saint-Médard d’Eyrans en Gironde, en même temps que le sarcophage Ma 1346. Il est en marbre blanc, à gros cristaux et il y a des traces de patine dorée. Il mesure dans son entier 0,95m x 2,09m.
Le marbre utilisé pour la confection des sarcophages sculptés venait principalement de Carrare ou de Grèce (Proconnèse, île de Marmara ; Aliki de Thasos, Paros), ou encore d'Asie Mineure.
Sur la même cuve, la légende du berger endymion reflète l’évolution des sujets funéraires au début du IIIème siècle ap. J.-C. Le jeune homme, plongé dans un sommeil éternel, est visité par séléné, la déesse Lune. Dans le monde romain ce mythe évoque la survie de l’âme dans l’au-delà et le salut espéré du défunt.
Il forme une paire avec le sarcophage Ma 1346 qui représente le mythe d’Ariane abandonnée par Thésée à Naxos et sauvée par la venue de dionysos. Issu du même atelier vers 235 ap. J.-C., les deux sarcophages étaient destinés à un couple dont les squelettes ont été retrouvés à l’intérieur des cuves. Au centre du couvercle, l’espace réservé à l’inscription des noms des défunts est resté vierge. Ces sarcophages ont été produits dans les ateliers à Rome, puis exportés. Le décor, laissé inachevé, était sans doute adapté à la demande de l’acheteur, une fois le sarcophage parvenu à destination.
La production des sarcophages romains à décor sculpté se répand largement dès le début du IIème siècle, à la suite de l'abandon progressif de l'incinération en faveur de l'inhumation (qui dans le courant du IIIème siècle s'impose dans tout l'Empire), tout en restant un moyen de l'ensevelissement réservé aux familles fortunées à cause de son coût.
Ces nouveaux commanditaires sont souvent des provinciaux installés à Rome, qui sont en partie à l'origine de l'évolution du style artistique. Leur goût pour l'art plébéien (plus expressif et individuel à cause du lien étroit avec les réalités de la vie quotidienne), qui se mêle à la tradition hellénistique, fait naître dans les ateliers de sculpture romains une nouvelle expression artistique. Les premières manifestations de sculpture d'inspiration chrétienne s'inscrivent dans ce mouvement.
On peut déceler les caractéristiques suivantes : schématisation du dessin, simplification des formes tendant souvent à s'approcher d'une figure géométrique simple ; concentration sur un petit nombre de traits expressifs qu'on maintient et souligne, tandis que l'on réduit ou supprime d'autres traits, sacrifiés pour la clarté de l'ensemble; insensibilité à l'espace et à la corrélation, qui définit les dimensions des objets instables dans le même espace; insensibilité à la forme plastique, au poids.
Nous allons donc voir à travers ce sarcophage comment ce manifeste cet art en commençant par l’explication du thème mythologique, puis par la sensibilité baroque.
Le marbre utilisé pour la confection des sarcophages sculptés venait principalement de Carrare ou de Grèce (Proconnèse, île de Marmara ; Aliki de Thasos, Paros), ou encore d'Asie Mineure.
Sur la même cuve, la légende du berger endymion reflète l’évolution des sujets funéraires au début du IIIème siècle ap. J.-C. Le jeune homme, plongé dans un sommeil éternel, est visité par séléné, la déesse Lune. Dans le monde romain ce mythe évoque la survie de l’âme dans l’au-delà et le salut espéré du défunt.
Il forme une paire avec le sarcophage Ma 1346 qui représente le mythe d’Ariane abandonnée par Thésée à Naxos et sauvée par la venue de dionysos. Issu du même atelier vers 235 ap. J.-C., les deux sarcophages étaient destinés à un couple dont les squelettes ont été retrouvés à l’intérieur des cuves. Au centre du couvercle, l’espace réservé à l’inscription des noms des défunts est resté vierge. Ces sarcophages ont été produits dans les ateliers à Rome, puis exportés. Le décor, laissé inachevé, était sans doute adapté à la demande de l’acheteur, une fois le sarcophage parvenu à destination.
La production des sarcophages romains à décor sculpté se répand largement dès le début du IIème siècle, à la suite de l'abandon progressif de l'incinération en faveur de l'inhumation (qui dans le courant du IIIème siècle s'impose dans tout l'Empire), tout en restant un moyen de l'ensevelissement réservé aux familles fortunées à cause de son coût.
Ces nouveaux commanditaires sont souvent des provinciaux installés à Rome, qui sont en partie à l'origine de l'évolution du style artistique. Leur goût pour l'art plébéien (plus expressif et individuel à cause du lien étroit avec les réalités de la vie quotidienne), qui se mêle à la tradition hellénistique, fait naître dans les ateliers de sculpture romains une nouvelle expression artistique. Les premières manifestations de sculpture d'inspiration chrétienne s'inscrivent dans ce mouvement.
On peut déceler les caractéristiques suivantes : schématisation du dessin, simplification des formes tendant souvent à s'approcher d'une figure géométrique simple ; concentration sur un petit nombre de traits expressifs qu'on maintient et souligne, tandis que l'on réduit ou supprime d'autres traits, sacrifiés pour la clarté de l'ensemble; insensibilité à l'espace et à la corrélation, qui définit les dimensions des objets instables dans le même espace; insensibilité à la forme plastique, au poids.
Nous allons donc voir à travers ce sarcophage comment ce manifeste cet art en commençant par l’explication du thème mythologique, puis par la sensibilité baroque.
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