Le secret en droit pénal
Date de publication :
07/09/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
6 pages
Sommaire :
Sommaire
- Le secret protégé par le droit pénal
- La protection des secrets d'intérêt général
- La protection des secrets protégeant un intérêt particulier
- Le secret réprimé par le droit pénal
- La révélation du secret imposée par le droit pénal
- La difficile répression des infractions secrètes
Résumé :
Au-delà du secret bancaire, le droit pénal, branche du droit qui incrimine les atteintes portées aux valeurs sociales et les sanctionne d'une peine, se préoccupe de divers types de secret. Le secret peut se définir comme un savoir, une information tenue cachée ou inaccessible. Cette définition du secret correspond au secret professionnel, au secret médical ou au secret bancaire. Le droit pénal assure le respect de ces secrets. En effet, la violation du secret professionnel ou du secret médical est en soi constitutif d'un délit (article 226-13 du Code pénal : CP). Le droit pénal a par ailleurs tout intérêt à assurer le respect de certains secrets en incriminant leur violation afin d'assurer l'efficacité de la procédure pénale (secret de l'instruction, secret de l'enquête, secret de l'identité de l'officier de police infiltré etc.). La protection de ces secrets n'est pas absolue, elle cède face à la protection d'un intérêt jugé supérieur tel que le droit de se défendre du dépositaire du secret (Douai 26 octobre 1951). La révélation du secret est même parfois imposée par le droit pénal à l'image de l'article 226-14 CP alinéa 2 qui écarte le secret médical afin de permettre au médecin d'informer le procureur de la République des indices physiques et psychiques lui faisant soupçonner que son patient est ou a été victime de violences de nature physiques, sexuelles ou psychiques. En dehors de ces exceptions, le droit pénal semble s'attacher à la protection de certains secrets d'intérêt général (secret de l'instruction, secret du délibéré) ou privés (secret de la confession, anonymat du donneur d'organe).
Toutefois, le droit pénal ne se limite pas à protéger le secret. En effet, le droit pénal peut réprimer le secret. Le secret peut caractériser la commission d'une infraction tenue cachée à l'autorité judiciaire voire à la victime à l'image des infractions à la comptabilité des sociétés cachées à leurs dirigeants et actionnaires. Dans ce cas, le secret est un obstacle à la mise en oeuvre de la répression de l'auteur de l'infraction, surtout s'il est combiné à la prescription de l'action publique (mode d'extinction de l'action publique lorsque celle-ci n'est pas exercée avant l'écoulement d'un certain délai fixé). Le droit pénal, dans un souci d'efficacité de la répression, va donc chercher à porter atteinte au secret afin de permettre à la victime ou au Ministère public d'avoir connaissance de l'infraction dans un délai utile, c'est- à -dire permettant l'exercice de l'action publique. Ainsi, l'élaboration d'un statut du repenti à l'article 132-78 CP peut s'analyser comme une incitation à la révélation d'infractions secrètes telles que les infractions terroristes. Par ailleurs, le droit pénal peut tenir compte du caractère secret de certaines infractions afin d'y adapter sa répression dans le souci de prévenir toute impunité découlant du secret. C'est ainsi qu'a pu être analysée la jurisprudence de la Cour de cassation repoussant le point de départ de la prescription de l'action publique à la découverte de l'infraction du délit d'abus de biens sociaux dans des conditions permettant l'exercice de l'action publique (Crim. 27 octobre 1999 et Crim. 05 mai 2004).
Dès lors la prise en compte du secret par le droit pénal traduit la recherche d'un équilibre entre la défense de la société et donc l'efficacité du droit pénal et l'intérêt général ou privé tendant à la protection du secret. Le point d'équilibre entre ces divers intérêts conduit le droit pénal à protéger le secret (I) dès lors que cette protection ne contrevient à aucun intérêt supérieur et à réprimer ce secret (II) lorsque celui-ci paralyse le droit pénal ou porte atteinte à un intérêt supérieur.
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