Sectes et libertés
Date de publication :
02/02/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
6 pages
Sommaire :
Sommaire
- La secte comme l'expression de l'aliénation totale des libertés individuelles
- Le danger représenté par les sectes : l'atteinte aux libertés fondamentales et à l'ordre public
- Une action contre les sectes légitimées
- La secte comme l'expression la plus aboutie de la liberté de culte et d'opinion
- Les libertés de culte et d'opinion appliquées aux sectes
- Une lutte contre les sectes liberticides ?
Résumé :
Dans l'imaginaire collectif, sectes et libertés ne font pas bon ménage. On se les représente souvent comme des groupes d'illuminés fanatiques menés par un gourou dont le seul but est de gagner de l'argent en endoctrinant des personnes faibles et influençables. Tant et si bien que selon un sondage TNS-SOFRES de 2004, 94,2% des Français déclarent avoir peur des sectes, et 87,5% souhaiteraient les voir interdire. Le mot « secte » a donc endossé une connotation péjorative, évoquant rites occultes, pratiques mystiques ou autres suicides collectifs.
Cependant, si l'on en revient à une définition plus sociologique de la secte, on s'aperçoit qu'elle n'est autre qu'un groupement d'individus hétérogènes, unis par une foi commune religieuse ou politique. Trop peu nombreux pour former une religion, ils sont parfois en opposition avec celle à laquelle ils appartenaient. La différence entre religion et secte apparaît donc ici ténue, la différence ne consistant que dans le nombre de membres. Ernest Renan finit de jeter le doute sur la question en affirmant qu'une religion est une secte qui a réussi.
Se pose dès lors la question de l'attitude que les autorités se doivent d'adopter vis-à-vis des sectes, et la réponse à cette question repose tout entière sur la définition que l'on donne d'une secte. S'il s'agit d'un groupement d'hommes et de femmes qui se réunissent pour exercer leur culte, alors la secte est un outil de liberté d'opinion et de conscience qui ne peut être inquiété en vertu du principe de laïcité proclamé par l'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses ». Cependant, si l'on revient à la définition commune d'une secte en tant que groupement de fanatiques intolérants, alors, non seulement la secte va à l'encontre du principe de laïcité qu'elle semblait incarner, mais en plus, elle devient une menace pour la liberté même de ses membres. Il conviendrait dès lors de restreindre, voire d'interdire purement et simplement les sectes dans la mesure où celles-ci ont recours à des pratiques contraires à l'ordre public. C'est le chemin que semble avoir pris la France, s'érigeant en chef de file de la lutte contre les dérives sectaires pour la protection des libertés individuelles.
C'est à partir de ces expériences contradictoires que l'on en vient à s'interroger sur l'attitude à adopter vis-à-vis des sectes. Représentent-elles un réel danger pour la liberté des personnes, ou au contraire, sont-elles l'expression la plus aboutie de la liberté de conscience et de culte ? Faut-il interdire juridiquement les sectes ? Une telle mesure ne serait-elle pas liberticide ?
Nous verrons que si la secte n'est pas toujours synonyme de liberté pour ses membres et porte parfois atteinte à l'ordre public (I), la liberté d'opinion autorise les sectes, rendant par là leur répression illégitime (II).
Cependant, si l'on en revient à une définition plus sociologique de la secte, on s'aperçoit qu'elle n'est autre qu'un groupement d'individus hétérogènes, unis par une foi commune religieuse ou politique. Trop peu nombreux pour former une religion, ils sont parfois en opposition avec celle à laquelle ils appartenaient. La différence entre religion et secte apparaît donc ici ténue, la différence ne consistant que dans le nombre de membres. Ernest Renan finit de jeter le doute sur la question en affirmant qu'une religion est une secte qui a réussi.
Se pose dès lors la question de l'attitude que les autorités se doivent d'adopter vis-à-vis des sectes, et la réponse à cette question repose tout entière sur la définition que l'on donne d'une secte. S'il s'agit d'un groupement d'hommes et de femmes qui se réunissent pour exercer leur culte, alors la secte est un outil de liberté d'opinion et de conscience qui ne peut être inquiété en vertu du principe de laïcité proclamé par l'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses ». Cependant, si l'on revient à la définition commune d'une secte en tant que groupement de fanatiques intolérants, alors, non seulement la secte va à l'encontre du principe de laïcité qu'elle semblait incarner, mais en plus, elle devient une menace pour la liberté même de ses membres. Il conviendrait dès lors de restreindre, voire d'interdire purement et simplement les sectes dans la mesure où celles-ci ont recours à des pratiques contraires à l'ordre public. C'est le chemin que semble avoir pris la France, s'érigeant en chef de file de la lutte contre les dérives sectaires pour la protection des libertés individuelles.
C'est à partir de ces expériences contradictoires que l'on en vient à s'interroger sur l'attitude à adopter vis-à-vis des sectes. Représentent-elles un réel danger pour la liberté des personnes, ou au contraire, sont-elles l'expression la plus aboutie de la liberté de conscience et de culte ? Faut-il interdire juridiquement les sectes ? Une telle mesure ne serait-elle pas liberticide ?
Nous verrons que si la secte n'est pas toujours synonyme de liberté pour ses membres et porte parfois atteinte à l'ordre public (I), la liberté d'opinion autorise les sectes, rendant par là leur répression illégitime (II).
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