"La signification sociale de l'argent" de Viviane ZELIZER, Seuil, 2005

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publié le 02/09/2008
 
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Résumé "La signification sociale de l'argent" de Viviane ZELIZER, Seuil, 2005 Résumé

 
 
Dans ce livre, viviane zelizer envisage une approche de la monnaie qui se distinguerait à la fois des approches économiques traditionnelles (pour l’essentiel néoclassiques) et des approches de la sociologie classique (ou du moins la présentation qu’elle en fait).
Pour les économistes, la monnaie est caractérisée par le fait qu’elle est un équivalent général, accepté par tous dans toutes les sphères de l’échange économique (pouvoir libératoire illimité), parfaitement fongible et divisible. Les néoclassiques considèrent également qu’elle n’est qu’un voile se superposant au troc et qu’elle ne peut avoir d’effets sur l’économie réelle (donc pas d’autres effets que sur les prix). On peut signaler au passage que zelizer ne retient qu’une version, certes dominante, de l’analyse économique de la monnaie : rappelons que pour des auteurs comme Hayek, la création monétaire aura des effets sur la structure des prix relatifs et que Keynes considère qu’elle peut être désirée pour elle-même, ce qui induit des effets sur l’économie réelle. Toutefois ces auteurs approfondissent peu les liens que la monnaie peut entretenir avec les phénomènes sociaux.
Ces liens, on les trouvera chez d’autres auteurs comme Max Weber ou Georg Simmel et constituent, selon zelizer, l’analyse classique de la sociologie.
Selon les sociologues classiques, la monnaie participe à un irrésistible mouvement de rationalisation. Celui-ci permet de développer des relations égalitaires fondées sur la raison et le calcul mais également des relations impersonnelles. Principal agent de la liberté, l’argent a également des effets aliénants et nivelateurs et valorise les relations sociétaires au détriment des relations communautaires, laissant place aux « eaux glacées du calcul égoïste » (Marx).
L’argent serait alors, avec l’intellect et le Droit, le principal facteur d’objectivation et d’homogénéisation de la vie sociale, intuition de Georg Simmel, reprise récemment. Cela suppose que l’argent est un phénomène homogène, qu’il y a une dichotomie entre l’argent et les valeurs non pécuniaires et que la monétarisation accompagne une marchandisation inéluctable de la vie sociale.
Pour résumer, on peut déduire des écrits de viviane zelizer que l’image de la monnaie retenue par les économistes et les sociologues classiques constitue un idéal type fondé sur les idées d’équivalent général, de fongibilité, de divisibilité et d’objectivité.
zelizer conteste cette approche et montre que l’essor du phénomène monétaire donne lieu à des réappropriations par les individus et les groupes ; il y a donc, constamment, des phénomènes de subjectivation.
 
 

Sommaire "La signification sociale de l'argent" de Viviane ZELIZER, Seuil, 2005 Sommaire

 
  1. Une critique des approches « classiques »
  2. Le marquage social des monnaies
    1. La notion de marquage social
    2. Exemples de marquage social
    3. L'argent des pauvres
  3. La subjectivation de la monnaie
  4. Simmel s'est-il trompé ?
    1. Les erreurs apparentes de Simmel
    2. La prise en compte de la subjectivation chez Simmel
    3. La complémentarité des travaux
 
 
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