Slavoj Zizek et le vide de la Loi
Date de publication :
09/09/2009
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
7 pages
Sommaire :
Sommaire
- Kant, la Loi et le sujet démocratique
- Sade, Foucault et le sujet capitaliste
- Symétrie du capitalisme libéral et du totalitarisme
- La société du risque
Résumé :
Nous retrouvons l'opacité de l'administration dans le fait que la loi étant vide, on ne sait pas ce qu'elle est. Le fait que le sujet moderne doive créer ses propres règles sans garantie et sans fondement implique le fait que la loi est obscure et culpabilisatrice. zizek développe cet argument en reprenant un texte de Deleuze tiré de se Présentation de Sacher-Masoch, qui entend montrer la nouveauté radicale du concept de loi chez Kant.
« La loi n'y dépend plus du Bien, mais au contraire le Bien de la loi. Cela signifie que la loi n'a plus à se fonder, ne peut plus se fonder sur un principe supérieur d'où elle tirerait son droit. Cela signifie que la loi doit valoir par elle-même et se fonder sur elle-même, qu'elle n'a donc pas d'autre ressource que sa propre forme. (...) en faisant de LA loi un fondement ultime, Kant dotait la pensée moderne d'une de ses dimensions principales : l'objet de la loi se dérobe essentiellement. (...) Car le plus clair, c'est que LA loi, définie par sa pure forme, sans matière et sans objet, sans spécification, est telle qu'on ne sait pas ce qu'elle est, et qu'on ne peut pas le savoir. Elle agit sans être connue. Elle définit un domaine d'errance où l'on est déjà coupable, c'est-à-dire où l'on a déjà transgressé les limites avant de savoir ce qu'elle est : ainsi d'dipe. Et la culpabilité et le châtiment ne nous font même pas connaître ce qu'est la loi, mais la laissent dans cette indétermination même, qui correspond comme telle à l'extrême précision du châtiment. »
Le fait de la loi précédant toujours un contenu que le sujet ne pourra pas connaître (puisque la loi n'est pas soutenue par une métanorme), celui-ci ne peut mesurer ses actes que par rapport à la forme vide de la loi et non à la loi en tant que telle (au principe qui la légitimerait). Puisqu'il est impossible pour le sujet d'avoir la certitude qu'il faut suivre telle ou telle norme, puisqu'il n'a pas la garantie extérieure que le contenu de la loi est juste, il demeure à-priori coupable dans la mesure où il ne sait pas ce qu'il est susceptible d'enfreindre.
« La loi n'y dépend plus du Bien, mais au contraire le Bien de la loi. Cela signifie que la loi n'a plus à se fonder, ne peut plus se fonder sur un principe supérieur d'où elle tirerait son droit. Cela signifie que la loi doit valoir par elle-même et se fonder sur elle-même, qu'elle n'a donc pas d'autre ressource que sa propre forme. (...) en faisant de LA loi un fondement ultime, Kant dotait la pensée moderne d'une de ses dimensions principales : l'objet de la loi se dérobe essentiellement. (...) Car le plus clair, c'est que LA loi, définie par sa pure forme, sans matière et sans objet, sans spécification, est telle qu'on ne sait pas ce qu'elle est, et qu'on ne peut pas le savoir. Elle agit sans être connue. Elle définit un domaine d'errance où l'on est déjà coupable, c'est-à-dire où l'on a déjà transgressé les limites avant de savoir ce qu'elle est : ainsi d'dipe. Et la culpabilité et le châtiment ne nous font même pas connaître ce qu'est la loi, mais la laissent dans cette indétermination même, qui correspond comme telle à l'extrême précision du châtiment. »
Le fait de la loi précédant toujours un contenu que le sujet ne pourra pas connaître (puisque la loi n'est pas soutenue par une métanorme), celui-ci ne peut mesurer ses actes que par rapport à la forme vide de la loi et non à la loi en tant que telle (au principe qui la légitimerait). Puisqu'il est impossible pour le sujet d'avoir la certitude qu'il faut suivre telle ou telle norme, puisqu'il n'a pas la garantie extérieure que le contenu de la loi est juste, il demeure à-priori coupable dans la mesure où il ne sait pas ce qu'il est susceptible d'enfreindre.
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