La société sénégalaise après la première guerre mondiale: « Première journée à Rufisque », de Jean-Richard Bloch, 1926
Date de publication :
30/11/2006
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
6 pages
Sommaire :
Sommaire
- Le Sénégal : enfant prodigue de la colonisation.
- Une colonie ancienne.
- Un statut particulier .
- La grande guerre : l'impôt du sang pour l'assimilation.
- La force noire au secours de la nation.
- La politique de Blaise Diagne.
- Des lendemains entre espoirs et déceptions.
- La 'politique négrophile'.
- Une nouvelle dignité et des exigences.
- Des espoirs vite déçus.
- Mr Chabot, l'archétype du raciste.
- Un racisme viscéral et tripal.
- Un militant de l'apartheid social.
Résumé :
Dans son roman première journée à rufisque qu'il écrit en 1926, jean-richard bloch, écrivain et intellectuel engagé, d'origine juive et militant du parti communiste, favorable à l'émancipation des colonies, s'attache à décrire la société sénégalaise aux lendemains de la première guerre mondiale en donnant la parole à un colonial raciste et exploiteur.
Dès le XVIIe siècle, les Français, après les Portugais et les Britanniques, s'installent le long des côtes du Sénégal pour implanter plusieurs comptoirs, à rufisque notamment. La France, la Grande Bretagne et la Hollande se disputent le Sénégal et le traité de Paris signé en 1814 rend le pays à la France. A partir de 1854, Faidherbe entreprend d'élargir la domination française à l'ensemble du Sénégal. C'est lui qui crée les premiers bataillons de tirailleurs Sénégalais pour l'aider dans cette entreprise. Les dernières résistances contre l'occupation coloniale sont défaites en 1891. Le décret du 16 juin 1895 crée l'OAF (Afrique Occidentale Française). Le Sénégal est le siège de la fédération, Dakar en étant la capitale à partir de 1902. Le Sénégal jouit alors d'une place particulière dans l'empire colonial français, plus autonome que les autres colonies, ce qui permet l'émergence d'une élite noire et en 1914, Blaise Diagne est le premier député noir à entrer au parlement français. Dans le même temps la guerre éclate en Europe. Celle-ci paraissait inévitable, voire nécessaire pour certains, et l'idée de faire appel aux colonies pour soutenir l'effort de guerre français avait émergé dès 1910 : dans La force noire, le lieutenant-colonel Mangin imagine une Afrique noire qui serait un immense réservoir de soldats dévoués. En 1914, l'état major est encore sceptique face aux thèses de Mangin, et c'est réellement à partir de 1916 que le gouvernement français va recruter massivement des troupes dans tout l'empire. Blaise Diagne est nommé à la tête d'un Commissariat général des troupes noires pour le recrutement des soldats au Sénégal. Lui qui exige depuis 1914 le droit pour les citoyens Sénégalais de pouvoir combattre aux côtés de la France, voit ainsi son voeux exaucé. Cette guerre constitue une étape décisive dans l'histoire du Sénégal puisqu'elle engendre des sentiments nouveaux chez les colonisés qui sont rentrés du front français, conscients d'avoir participé à la lutte et contribué à la victoire de la métropole.
Ces sentiments nouveaux transparaissent dans le texte de jean-richard bloch. Des lignes 1 à 5, le narrateur s'étonne du fait que les blancs et les indigènes ne se mélangent pas dans le train et demande à son « informateur » si des voitures sont réservées aux Noirs. Cette question amène Mr Chabot, des lignes 10 à 35, à montrer de quelle manière la guerre a « gâté le Noir ». Mais il finit ce tableau en concluant, des lignes 35 à 70, que la paix une fois revenue, les choses vont rentrer dans l'ordre petit à petit. Il est intéressant de voir dans le discours de Mr Chabot, l'archétype du raciste, l'impact qu'a eu la première guerre mondiale sur la société sénégalaise. Pour mieux comprendre les bouleversements provoqués par ce conflit mondial, il convient de revenir sur le statut du Sénégal avant guerre. Puis il faut analyser quelle a été l'implication du Sénégal dans la guerre en s'attardant sur la politique menée par Blaise Diagne. Enfin, on pourra mesurer comment ce conflit remet en cause la société sénégalaise dans ses structures.
Dès le XVIIe siècle, les Français, après les Portugais et les Britanniques, s'installent le long des côtes du Sénégal pour implanter plusieurs comptoirs, à rufisque notamment. La France, la Grande Bretagne et la Hollande se disputent le Sénégal et le traité de Paris signé en 1814 rend le pays à la France. A partir de 1854, Faidherbe entreprend d'élargir la domination française à l'ensemble du Sénégal. C'est lui qui crée les premiers bataillons de tirailleurs Sénégalais pour l'aider dans cette entreprise. Les dernières résistances contre l'occupation coloniale sont défaites en 1891. Le décret du 16 juin 1895 crée l'OAF (Afrique Occidentale Française). Le Sénégal est le siège de la fédération, Dakar en étant la capitale à partir de 1902. Le Sénégal jouit alors d'une place particulière dans l'empire colonial français, plus autonome que les autres colonies, ce qui permet l'émergence d'une élite noire et en 1914, Blaise Diagne est le premier député noir à entrer au parlement français. Dans le même temps la guerre éclate en Europe. Celle-ci paraissait inévitable, voire nécessaire pour certains, et l'idée de faire appel aux colonies pour soutenir l'effort de guerre français avait émergé dès 1910 : dans La force noire, le lieutenant-colonel Mangin imagine une Afrique noire qui serait un immense réservoir de soldats dévoués. En 1914, l'état major est encore sceptique face aux thèses de Mangin, et c'est réellement à partir de 1916 que le gouvernement français va recruter massivement des troupes dans tout l'empire. Blaise Diagne est nommé à la tête d'un Commissariat général des troupes noires pour le recrutement des soldats au Sénégal. Lui qui exige depuis 1914 le droit pour les citoyens Sénégalais de pouvoir combattre aux côtés de la France, voit ainsi son voeux exaucé. Cette guerre constitue une étape décisive dans l'histoire du Sénégal puisqu'elle engendre des sentiments nouveaux chez les colonisés qui sont rentrés du front français, conscients d'avoir participé à la lutte et contribué à la victoire de la métropole.
Ces sentiments nouveaux transparaissent dans le texte de jean-richard bloch. Des lignes 1 à 5, le narrateur s'étonne du fait que les blancs et les indigènes ne se mélangent pas dans le train et demande à son « informateur » si des voitures sont réservées aux Noirs. Cette question amène Mr Chabot, des lignes 10 à 35, à montrer de quelle manière la guerre a « gâté le Noir ». Mais il finit ce tableau en concluant, des lignes 35 à 70, que la paix une fois revenue, les choses vont rentrer dans l'ordre petit à petit. Il est intéressant de voir dans le discours de Mr Chabot, l'archétype du raciste, l'impact qu'a eu la première guerre mondiale sur la société sénégalaise. Pour mieux comprendre les bouleversements provoqués par ce conflit mondial, il convient de revenir sur le statut du Sénégal avant guerre. Puis il faut analyser quelle a été l'implication du Sénégal dans la guerre en s'attardant sur la politique menée par Blaise Diagne. Enfin, on pourra mesurer comment ce conflit remet en cause la société sénégalaise dans ses structures.
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