Sociologie des organisations
Date de publication :
30/05/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
7 pages
Sommaire :
Sommaire
- Présentation du film
- Analyse du travail organisationnel
- Du Taylorisme à une pratique de gestion néo-libérale qui entraîne une nouvelle organisation du travail
- Une stratégie disciplinaire dans l'organisation et une conflictualité voulue par le manager
- Les rapports au sein de l'entreprise
- Des rapports de forces qui brisent « le collectif »
- La peur annihile la faculté de penser et engendre des souffrances individuelles
- Une illusion de la démocratie en entreprise
- L'entreprise et la société
- La vie privée rattrapée par la vie sociale de l'entreprise
- La santé au travail, un problème de société
- Un désengagement politique et syndical
- Une analyse plus approfondie de deux scènes
- Début de la scène avec mme Alaoui jusqu'à « on vous analyse, on voit que vous travaillez très bien »
- Dernière séquence : la viatique : début jusqu'à 5 min de séquence
Résumé :
I Présentation du film
« Ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés » est un documentaire où prends sens une réalité invisible, la souffrance au travail. Inspirés du livre « souffrance en France » de Christophe DEJOURS, les réalisateurs Sophie BRUNEAU et Marc Antoine ROUDIL ont voulu agir avec leur outil à eux ; créer un film. Mais pas n'importe lequel, ils ont installé leur caméra dans un cabinet médical pour filmer la consultation de personnes malades de leur travail et qui ont un jour, craqué. L'enjeu précis est de raconter la souffrance du au harcèlement au travail.
Le film est divisé en deux parties. Dans la première, nous assistons à quatre entretiens individuels filmés en plan fixe, dans un environnement clinicien. C'est un climat plutôt simple, voire froids, entre un représentant du corps médical (psychologue ou médecins) et un individu malade de son travail. La première employée, Mme ALAOUI est ouvrière à la chaîne depuis 17 ans, elle raconte les cadences infernales, les réductions du personnel et l'exigence du rendement croissant. Ensuite il y a un directeur d'agence qui « a pété les plombs » comme il le dit lui-même ; confronté à des objectifs inatteignables, il ne voulait pas les répercuter sur son personnel. Une aide-soignante malmenée par son chef et rabaissée à passer la serpillière, enfin une gérante de magasin, rétrogradée, après 20 ans de service
Pendant les entretiens, ce qui est frappant, est le ton de la voix calme, les regards entre soulagement, peur et fatigue des personnes. Tous ont des professions et des statuts différents, mais une souffrance commune se fait sentir. Elle se traduit pour tous par des arrêts maladies répétés dues à des pathologies physiques (douleurs au dos) et surtout psychiques (dépressions). Tous sont blessés et humiliés. Ce sont les victimes d'une guerre dévastatrice, celle du néo-libéralisme, dont le nerf est la compétitivité. Une guerre fondée sur le productivisme qui apparaît dans les années 1980 et modifie en profondeur l'organisation du travail Son titre, significatif, « ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés » est inspiré d'une fable de La Fontaine « les animaux malades de la peste » comme pour qualifier le travail, ce qu'il est devenu aujourd'hui pour les individus, une souffrance !
La deuxième partie est un débat final, qui réunit les trois praticiens du documentaire et Christophe DEJOURS, pour prolonger le débat et trouver des solutions ensemble. Il permet surtout au spectateur d'avoir des points de repères et des pistes pour comprendre cette souffrance et la replacer dans son contexte : les nouvelles pratiques managériales.
Le film explore ainsi les maux psychiques liés au monde du travail et interroge chacun de nous sur la banalisation de ce mal au travail. Quelle place occupons-nous en tant qu'acteur de notre société ? Et en tant que spectateur d'un film venant rompre le silence ? Car il s'agit bien la d'un fléau qui sévit et dont personne ne parle. Comme si le cinéma libérait la parole. C'est un grand risque pour les praticiens que d'écouter leur souffrance car les solutions sont difficiles et qu'il faut du courage que d'affronter ce mal, de le regarder en face sans rien dire. « Ils ne mourraient pas tous » soulèvent énormément de questions qui sont à la fois d'ordre social, juridique, et économique.
« Ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés » est un documentaire où prends sens une réalité invisible, la souffrance au travail. Inspirés du livre « souffrance en France » de Christophe DEJOURS, les réalisateurs Sophie BRUNEAU et Marc Antoine ROUDIL ont voulu agir avec leur outil à eux ; créer un film. Mais pas n'importe lequel, ils ont installé leur caméra dans un cabinet médical pour filmer la consultation de personnes malades de leur travail et qui ont un jour, craqué. L'enjeu précis est de raconter la souffrance du au harcèlement au travail.
Le film est divisé en deux parties. Dans la première, nous assistons à quatre entretiens individuels filmés en plan fixe, dans un environnement clinicien. C'est un climat plutôt simple, voire froids, entre un représentant du corps médical (psychologue ou médecins) et un individu malade de son travail. La première employée, Mme ALAOUI est ouvrière à la chaîne depuis 17 ans, elle raconte les cadences infernales, les réductions du personnel et l'exigence du rendement croissant. Ensuite il y a un directeur d'agence qui « a pété les plombs » comme il le dit lui-même ; confronté à des objectifs inatteignables, il ne voulait pas les répercuter sur son personnel. Une aide-soignante malmenée par son chef et rabaissée à passer la serpillière, enfin une gérante de magasin, rétrogradée, après 20 ans de service
Pendant les entretiens, ce qui est frappant, est le ton de la voix calme, les regards entre soulagement, peur et fatigue des personnes. Tous ont des professions et des statuts différents, mais une souffrance commune se fait sentir. Elle se traduit pour tous par des arrêts maladies répétés dues à des pathologies physiques (douleurs au dos) et surtout psychiques (dépressions). Tous sont blessés et humiliés. Ce sont les victimes d'une guerre dévastatrice, celle du néo-libéralisme, dont le nerf est la compétitivité. Une guerre fondée sur le productivisme qui apparaît dans les années 1980 et modifie en profondeur l'organisation du travail Son titre, significatif, « ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés » est inspiré d'une fable de La Fontaine « les animaux malades de la peste » comme pour qualifier le travail, ce qu'il est devenu aujourd'hui pour les individus, une souffrance !
La deuxième partie est un débat final, qui réunit les trois praticiens du documentaire et Christophe DEJOURS, pour prolonger le débat et trouver des solutions ensemble. Il permet surtout au spectateur d'avoir des points de repères et des pistes pour comprendre cette souffrance et la replacer dans son contexte : les nouvelles pratiques managériales.
Le film explore ainsi les maux psychiques liés au monde du travail et interroge chacun de nous sur la banalisation de ce mal au travail. Quelle place occupons-nous en tant qu'acteur de notre société ? Et en tant que spectateur d'un film venant rompre le silence ? Car il s'agit bien la d'un fléau qui sévit et dont personne ne parle. Comme si le cinéma libérait la parole. C'est un grand risque pour les praticiens que d'écouter leur souffrance car les solutions sont difficiles et qu'il faut du courage que d'affronter ce mal, de le regarder en face sans rien dire. « Ils ne mourraient pas tous » soulèvent énormément de questions qui sont à la fois d'ordre social, juridique, et économique.
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