Spinoza et le libre arbitre
Date de publication :
25/03/2009
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
10 pages
Sommaire :
Sommaire
- L'objet de la réfutation : la philosophie cartésienne de la liberté
- Connaissance de la liberté
- Le dualisme
- Le problème du pont
- Critique spinoziste
- Contre le dualisme
- Contre le libre arbitre
- L'illusion du libre arbitre
- Portée de la réfutation (esquisse d'une réflexion critique)
- L'analogie
- Liberté et délibération
- Portée métaphysique du débat
Résumé :
spinoza a-t-il, comme on l'admet souvent aujourd'hui, réfuté le libre arbitre ?
La question mérite d'être posée parce que la culture contemporaine paraît empreinte, sur ce point, d'une contradiction remarquable.
D'un côté, la notion de libre arbitre, et celle de responsabilité morale qui en découle ont été battues en brèche, au dernier siècle, par des courants dominants de la pensée. Nietzsche y voyait l'une des illusions majeures de la métaphysique. Le marxisme théorique affirmait un déterminisme historique, qui servit de justification à l'une des formes du totalitarisme. La psychanalyse freudienne pose en principe un déterminisme psychique, à base inconsciente, qui paraît exclure la possibilité d'une autodétermination consciente. Le structuralisme a récusé la notion humaniste classique de sujet, et défini l'homme comme vecteur de structures (linguistiques, parentales, sociales, économiques), qui le déterminent en tant qu'être culturel, sans qu'il puisse en décider.
D'un autre côté, la liberté est le maître mot de la modernité, la valeur fondamentale constamment revendiquée contre tout asservissement et toute forme de limitation indue, dans la pensée comme dans l'action. Le paradoxe moderne est que cette revendication, notamment à l'égard des autorités et des cadres sociaux institués, s'est souvent référée aux courants doctrinaux qui niaient la liberté humaine - d'où les difficultés de Sartre à se faire le compagnon de route d'un parti marxiste.
spinoza paraît avoir été sur ce point plus cohérent que ses successeurs modernes : allant jusqu'au bout de sa négation du libre arbitre, il considérait que les criminels ne devaient pas être punis, mais combattus comme des animaux malfaisants et dangereux : « Les hommes méchants ne sont pas moins à craindre ni moins pernicieux quand ils sont méchants nécessairement » (Lettre 58 à Schuller).
L'antihumanisme de spinoza est cohérent. La question est donc de savoir s'il faut l'admettre, ou revenir à un humanisme cohérent en réhabilitant le libre arbitre.
La question mérite d'être posée parce que la culture contemporaine paraît empreinte, sur ce point, d'une contradiction remarquable.
D'un côté, la notion de libre arbitre, et celle de responsabilité morale qui en découle ont été battues en brèche, au dernier siècle, par des courants dominants de la pensée. Nietzsche y voyait l'une des illusions majeures de la métaphysique. Le marxisme théorique affirmait un déterminisme historique, qui servit de justification à l'une des formes du totalitarisme. La psychanalyse freudienne pose en principe un déterminisme psychique, à base inconsciente, qui paraît exclure la possibilité d'une autodétermination consciente. Le structuralisme a récusé la notion humaniste classique de sujet, et défini l'homme comme vecteur de structures (linguistiques, parentales, sociales, économiques), qui le déterminent en tant qu'être culturel, sans qu'il puisse en décider.
D'un autre côté, la liberté est le maître mot de la modernité, la valeur fondamentale constamment revendiquée contre tout asservissement et toute forme de limitation indue, dans la pensée comme dans l'action. Le paradoxe moderne est que cette revendication, notamment à l'égard des autorités et des cadres sociaux institués, s'est souvent référée aux courants doctrinaux qui niaient la liberté humaine - d'où les difficultés de Sartre à se faire le compagnon de route d'un parti marxiste.
spinoza paraît avoir été sur ce point plus cohérent que ses successeurs modernes : allant jusqu'au bout de sa négation du libre arbitre, il considérait que les criminels ne devaient pas être punis, mais combattus comme des animaux malfaisants et dangereux : « Les hommes méchants ne sont pas moins à craindre ni moins pernicieux quand ils sont méchants nécessairement » (Lettre 58 à Schuller).
L'antihumanisme de spinoza est cohérent. La question est donc de savoir s'il faut l'admettre, ou revenir à un humanisme cohérent en réhabilitant le libre arbitre.
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