Le statut du témoin assisté
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exposé
publié le 12/08/2008
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Résumé
Désigné par le Doyen Christian GUERY comme étant « un zombie procédural », qualifié par la doctrine de « témoin surassisté » ou « surdôté », le témoin assisté semble disposer de tous les avantages du mis en examen sans en avoir les inconvénients.
A mi chemin entre la place du témoin ordinaire et celle du mis en examen, la situation du témoin assisté est sans conteste ambiguë : cest celle dans laquelle une personne visée par un réquisitoire introductif, par une plainte, ou une mise en cause de la victime est entendue sans être mise en examen et dont ont attend des déclarations comparables à celles attendues dun témoin ordinaire. Mais qui est ce témoin assisté que tout le monde ne nous envie pas ? Sil trouve son origine dans la suggestion de J. Jonquères en 1973, il fait son apparition dans notre Droit par la loi du 30 décembre 1987 ayant permit à une personne désignée dans une plainte avec constitution de partie civile, de demander à être entendu comme témoin assisté afin de bénéficier de lassistance dun avocat sans, en principe, encourir lopprobre de lopinion publique. Nayant pas obtenu leffet escompté, à savoir protéger la réputation dune personne dont linculpation aurait été fondée sur des indices douteux, deux lois subséquentes sont venues compléter la loi du 30 décembre 1987. La loi du 4 janvier 1993 modifie lexpression « inculpé » par celle de mis en examen, cependant, la presse ne tarde pas à assimiler les deux notions et à faire échec aux volontés législatives. La loi du 24 aout 1993 étend donc limitativement la qualité de témoin assisté à toutes les personnes visées par un réquisitoire introductif dès lors que les charges retenues contre elles ne paraissent pas suffisamment solides pour asseoir la culpabilité. Ces dispositions neurent cependant que de faibles effets sur la situation de la personne visée qui restaient trop souvent encore accusée par lopinion publique alors même quelle navait été ni jugée, ni reconnue coupable. Où était donc la présomption dinnocence ? Ce principe nest il pas fondamental dans la procédure pénale française ? La personne visée ne doit elle pas pouvoir bénéficier dune garantie contre larbitraire qui plus est venant de lopinion publique et didées véhiculées ? Cest en vue de cette assurance et nécessité de promouvoir nos principes directeurs que la Commission Truche sest prononcée pour la « généralisation de la procédure du témoin assisté ». La loi du 15 juin 2000 est venue préciser ces travaux et le statut tant attendu. Ambivalent et original, ce statut qui confère à lintéressé une place toute particulière dans le procès pénal, mériterait un long développement notamment en ce qui concerne ses fondements et ses similitudes avec ceux du témoin ordinaire et du mis en examen. Cependant, on a pu lire « quentre une pensée écrite par un auteur qui disserte et celle que codifie le législateur qui commande, il y a un monde de distance. Quand une idée passe du domaine des opinions dans la loi, mille intérêts imprévus viennent sy ajouter, sy confier ». Ce monde de distance ne peut-il être constaté entre des textes dont lobjectif était louable et une déclinaison pratique ?
La loi du 15 juin 2000 semble avoir institué un témoin assisté intermédiaire entre le témoin ordinaire et le mis en examen (I) afin de protéger par lentremise dun statut légal et légitime, un principe directeur du procès pénal, la présomption dinnocence qui à lépreuve de la pratique ne paraît pas résister et demeure bafouée (II).
A mi chemin entre la place du témoin ordinaire et celle du mis en examen, la situation du témoin assisté est sans conteste ambiguë : cest celle dans laquelle une personne visée par un réquisitoire introductif, par une plainte, ou une mise en cause de la victime est entendue sans être mise en examen et dont ont attend des déclarations comparables à celles attendues dun témoin ordinaire. Mais qui est ce témoin assisté que tout le monde ne nous envie pas ? Sil trouve son origine dans la suggestion de J. Jonquères en 1973, il fait son apparition dans notre Droit par la loi du 30 décembre 1987 ayant permit à une personne désignée dans une plainte avec constitution de partie civile, de demander à être entendu comme témoin assisté afin de bénéficier de lassistance dun avocat sans, en principe, encourir lopprobre de lopinion publique. Nayant pas obtenu leffet escompté, à savoir protéger la réputation dune personne dont linculpation aurait été fondée sur des indices douteux, deux lois subséquentes sont venues compléter la loi du 30 décembre 1987. La loi du 4 janvier 1993 modifie lexpression « inculpé » par celle de mis en examen, cependant, la presse ne tarde pas à assimiler les deux notions et à faire échec aux volontés législatives. La loi du 24 aout 1993 étend donc limitativement la qualité de témoin assisté à toutes les personnes visées par un réquisitoire introductif dès lors que les charges retenues contre elles ne paraissent pas suffisamment solides pour asseoir la culpabilité. Ces dispositions neurent cependant que de faibles effets sur la situation de la personne visée qui restaient trop souvent encore accusée par lopinion publique alors même quelle navait été ni jugée, ni reconnue coupable. Où était donc la présomption dinnocence ? Ce principe nest il pas fondamental dans la procédure pénale française ? La personne visée ne doit elle pas pouvoir bénéficier dune garantie contre larbitraire qui plus est venant de lopinion publique et didées véhiculées ? Cest en vue de cette assurance et nécessité de promouvoir nos principes directeurs que la Commission Truche sest prononcée pour la « généralisation de la procédure du témoin assisté ». La loi du 15 juin 2000 est venue préciser ces travaux et le statut tant attendu. Ambivalent et original, ce statut qui confère à lintéressé une place toute particulière dans le procès pénal, mériterait un long développement notamment en ce qui concerne ses fondements et ses similitudes avec ceux du témoin ordinaire et du mis en examen. Cependant, on a pu lire « quentre une pensée écrite par un auteur qui disserte et celle que codifie le législateur qui commande, il y a un monde de distance. Quand une idée passe du domaine des opinions dans la loi, mille intérêts imprévus viennent sy ajouter, sy confier ». Ce monde de distance ne peut-il être constaté entre des textes dont lobjectif était louable et une déclinaison pratique ?
La loi du 15 juin 2000 semble avoir institué un témoin assisté intermédiaire entre le témoin ordinaire et le mis en examen (I) afin de protéger par lentremise dun statut légal et légitime, un principe directeur du procès pénal, la présomption dinnocence qui à lépreuve de la pratique ne paraît pas résister et demeure bafouée (II).
Sommaire
- Le témoin assisté, intermédiaire entre témoin ordinaire et mis en examen
- Le statut de témoin assisté, un statut paradoxal
- La condition procédurale du témoin assisté, « la partie croupion »
- La réception des textes dans la pratique, progrès ou « houles inutiles »
- La procédure du témoin assisté, l'émergence de difficultés procédurales
- La procédure du témoin assisté, l'irrespect dans la pratique de principes fondamentaux
