Les invasions biologiques sont actuellement reconnues comme la deuxième cause de
diminution de la biodiversité. Les recherches dans cette thématique ont eu pour principal
point de départ l’ouvrage d’Elton (1958) « The ecology of invasions by animals and plants ».
Elles sont directement impliquées dans la disparition d’espèces autochtones (Vitousek et al.,
1996), l’homogénéisation
des faunes et
des flores (Olden & Poff, 2003), mais aussi dans
des
préjudices liés aux activités humaines ou dans l’émergence de problèmes sanitaires (Mack et
al., 2000). Economiquement, l’impact de ces invasions n’est pas négligeable. En effet, le
programme G.I.S.P. (http://www.gisp.org/) (« The Global Invasive Species Programm »)
(Mooney, 1997) montre l’importance de l’étude
des espèces invasives à ces niveaux.
La littérature fourmille d’exemples de végétaux impliqués dans ce phénomène d’invasions
biologique. Sans doute un
des plus connus, la jacinthe d’eau Eichhornia crassipes (Mart.) est
une espèce colonisatrice, ayant un succès important, qui interfère avec l’agriculture, les cours
d’eau et leur qualité en général. Elle envahi
des habitats où elle ne rencontre aucun de ces
prédateurs (Howard & Harley, 1998 ; Kathiresan, 2000). Ainsi, la compréhension
des
mécanismes entre chaque étape lors du processus d’invasion biologique est primordiale afin
de lutter efficacement contre les envahissements.
Une invasion biologique se définit par l'augmentation de l'aire de répartition d'une espèce au
cours d'une période donnée en dehors de son aire d’origine à l'échelle
des temps géologiques.
C’est un processus évolutif naturel (Williamson & Fitter, 1996 ; Richardson et al., 2000).
Une définition plus précise retenue est l'apparition durable, dans une nouvelle partie de son
aire de répartition, d'une ou de plusieurs
populations d'une espèce animale, végétale ou
fongique. Que cette apparition soit ou non d'origine anthropique, la condition sine qua non est
que la ou les
populations en question doivent se reproduire sans apports extérieurs nécessaires
(I.N.R.A. et al., 2003). Richardson et al. (2000) ont défini un certain nombre de barrières
majeures lors d’un processus d’invasion. La première barrière, géographique, se me
sure en
général à l’échelle continentale. Une fois cette première enceinte franchie, l’espèce doit
pouvoir s’installer localement dans son nouvel environnement et réussir à se reproduire
(barrière reproductive). Dans le cas contraire, elle sera qualifiée d’« espèce occasionnelle ».
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Une population as
surant sa reproduction peut se disperser afin de fonder de nouvelles
populations, dans ce cas, cette espèce sera qualifiée d’« espèce naturalisée ».
Les habitats naturels seront généralement envahis après les milieux anthropiques (milieux
agricoles ou tout autre milieu aménagé par l’Homme) et le processus d’invasion biologique se
caractérise dans sa dernière phase non seulement par une explosion démographique
des
populations naturalisées, mais aussi par une expansion géographique, souvent très rapide.
(Williamson & Fitter, 1996, Richardson et al., 2000). Cependant,
des phases de latence « lag
phase », souvent variable peuvent être observées entre l’introduction et la naturalisation d’une
espèce invasive. Bien souvent, ces phases sont lentes au début de l’invasion (Kowarik, 1995).
Elles peuvent être due à un changement de l’habitat
survenant brusquement ou à un effet
Allee (Parker, 2004). Selon Williamson (1999), simplement 10%
des espèces introduites
arriveraient à s’établir dans leur nouveau milieu et parmi celles-ci, seulement 10%
deviendraient « transformatrices » de l’habitat (« tens rules »), elles le modifieraient.
Finalement, seulement 1%
des espèces introduites pourraient avoir un réel impact écologique
et économique.
Lorsqu’une espèce a déjà franchi la barrière géographique, commence à s’installer et à
envahir
des habitats, il est intéressant de considérer dans quelles me
sures – au niveau de
l’espèce et
des populations qui la compose – et suivant quels mécanismes, elle peut se
propager. Beaucoup d’étu
des, revues dans Sakai et al. (2001), se sont intéressées aux
caractéristiques
des espèces végétales envahissantes mais se sont focalisés pour la plupart
sur
les attributs physiologiques, génétiques, écologiques
des plantes adultes. Hors, le stade
propagule est extrêmement important dans le cycle de vie
des plantes
surtout
chez les espèces
végétales annuelles et leurs
conséquences non négligeables
sur le développement, la vie de la
future plante ainsi que
sur leur propre
descendance (Müller-Schärer et al., 2004). Ainsi, en cas
de succès significatif au moment du franchissement de la barrière reproductive, une espèce
pourra dès lors envahir de nouveaux habitats. Les
graines produites par les plantes mères dans
un dème auront donc au demeurant une influence non négligeable
sur l’évolution de
l’invasion.
Chez les angiospermes, la graine est le vecteur de transmission de l’information génétique.
Elle se compose essentiellement d’un embryon, entouré d'une enveloppe protectrice, avec un
tissu nourricier plus ou moins développé (Laberche, 1998). Les annuelles sont
des plantes qui
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accomplissent leur cycle de reproduction en une seule saison. Leur
survie passera
obligatoirement par une phase de production de
graines et un stockage de celles-ci dans le sol
(banque de
graines). Ces banques de
graines se forment partir
des « pluies de
graines », issues
des plantes mères dans la population et vont ainsi régénérer les stocks en vue de la
germination à la nouvelle saison (Adams et al., 2005). Seules les
graines viables vont ensuite
pouvoir germer soit lors de la formation de trouées (perturbations) au sein de la communauté
végétale, soit directement dans la végétation fermée (Zabinski et al., 2000). Toutes les
graines
de la banque ne vont pas toujours germer. Si les conditions nécessaires à la germination ne
sont pas optimales (température, lumière, humidité), les
graines resteront dormantes dans le
stock.
[...] Ruiz De Clavijo, E Role of within-individual variation in capitulum size and achene mass in the adaptation of annual Centaurea eriophora to varying water supply in a mediterranean environment. Annals of Botany 286. Sakai, A. K., Allendorf, F. W., et al The population biology of invasive species. Annual Review of Ecology Systematics 332. Simons, A. M., Johnson, M. O Variation in seed traits of Lobelia inflata (Campanulaceae): Sources and fitness consequences. American Journal of Botany 132. Smith, C. C., Fretwell, S. [...]
[...] Fondamentalement, ce travail a été innovant sur la compréhension des réponses de la dormance, de la masse des graines aux niveaux intra et interindividuel. Il ressort de que la variabilité intra-individuelle de la masse des graines est liées à des processus développementaux (effets maternels), et que la forte variabilité inter-individuelle aurait une base génétique. Fumanal (2007a) a montré que chez cette espèce, le phénomène d’adaptation locale n’était pas prépondérant pour expliquer l’évolution de l’invasion en France, mais que cela résultait simplement de la plasticité phénotypique des traits considérés au sein des individus. [...]
[...] Discussion La masse des graines produites par les plantes diminue au cours du temps dans les populations de Lux et de Genlis. Des phénomènes similaires ont été mis au jour chez d’autres espèces, au niveau des inflorescences des plantes. Les graines produites sur les inflorescences supérieures d’un individu avaient une masse moyenne significativement supérieure à la moyenne des graines produites sur les inflorescences inférieures (Obeso ; Ruiz De Clavijo, 2002). Les dates de récoltes dans les 2 populations n’étaient pas tout à fait identiques et aussi régulières, ceci peut expliquer le fait que sur les dates D3 et D4 les effectifs et les masses ne suivent pas tout à fait la même tendance que sur les dates D1 et D2. [...]
[...] D’observer la structuration de la variabilité de la masse des semences parmi 2 populations in natura Décrypter la germination en fonction de la masse des graines Quantifier la dynamique de levée de dormance en fonction de différentes périodes de stratification Qualifier et quantifier de la compétition intra-individuelle. Matériels et méthodes 1. Caractéristiques générales des populations étudiées. Notre étude a été réalisée sur 7 populations françaises (Tableau réparties géographiquement du nord au sud. La masse des graines d’A. artemisiifolia peut varier de 0,0012 g à plus de 0,0130 g. [...]
[...] La variabilité du poids des graines et l’influence des dates de récoltes des graines chez les 2 populations ont été testées à l’aide de tests appareillés, paramétriques ou non selon la normalité et l’homoscédasticté des variances de nos variables. b. Rôle de la masse de la graine sur la probabilité de germination. L’intérêt de cette expérimentation était de comprendre si le poids des graines individuel affectait la probabilité de germination au sein de 4 populations (Paysay, Ales, Collias et Pont d’Ain). [...]
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