Structuration de la variabilité de la masse des graines chez Ambrosia artemisiifolia et conséquences sur la dynamique des populations
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mémoire
publié le 12/11/2007
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Résumé
Les invasions biologiques sont actuellement reconnues comme la deuxième cause de
diminution de la biodiversité. Les recherches dans cette thématique ont eu pour principal
point de départ louvrage dElton (1958) « The ecology of invasions by animals and plants ».
Elles sont directement impliquées dans la disparition despèces autochtones (Vitousek et al.,
1996), lhomogénéisation des faunes et des flores (Olden & Poff, 2003), mais aussi dans des
préjudices liés aux activités humaines ou dans lémergence de problèmes sanitaires (Mack et
al., 2000). Economiquement, limpact de ces invasions nest pas négligeable. En effet, le
programme G.I.S.P. (http://www.gisp.org/) (« The Global Invasive Species Programm »)
(Mooney, 1997) montre limportance de létude des espèces invasives à ces niveaux.
La littérature fourmille dexemples de végétaux impliqués dans ce phénomène dinvasions
biologique. Sans doute un des plus connus, la jacinthe deau Eichhornia crassipes (Mart.) est
une espèce colonisatrice, ayant un succès important, qui interfère avec lagriculture, les cours
deau et leur qualité en général. Elle envahi des habitats où elle ne rencontre aucun de ces
prédateurs (Howard & Harley, 1998 ; Kathiresan, 2000). Ainsi, la compréhension des
mécanismes entre chaque étape lors du processus dinvasion biologique est primordiale afin
de lutter efficacement contre les envahissements.
Une invasion biologique se définit par l'augmentation de l'aire de répartition d'une espèce au
cours d'une période donnée en dehors de son aire dorigine à l'échelle des temps géologiques.
Cest un processus évolutif naturel (Williamson & Fitter, 1996 ; Richardson et al., 2000).
Une définition plus précise retenue est l'apparition durable, dans une nouvelle partie de son
aire de répartition, d'une ou de plusieurs populations d'une espèce animale, végétale ou
fongique. Que cette apparition soit ou non d'origine anthropique, la condition sine qua non est
que la ou les populations en question doivent se reproduire sans apports extérieurs nécessaires
(I.N.R.A. et al., 2003). Richardson et al. (2000) ont défini un certain nombre de barrières
majeures lors dun processus dinvasion. La première barrière, géographique, se mesure en
général à léchelle continentale. Une fois cette première enceinte franchie, lespèce doit
pouvoir sinstaller localement dans son nouvel environnement et réussir à se reproduire
(barrière reproductive). Dans le cas contraire, elle sera qualifiée d« espèce occasionnelle ».
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Une population assurant sa reproduction peut se disperser afin de fonder de nouvelles
populations, dans ce cas, cette espèce sera qualifiée d« espèce naturalisée ».
Les habitats naturels seront généralement envahis après les milieux anthropiques (milieux
agricoles ou tout autre milieu aménagé par lHomme) et le processus dinvasion biologique se
caractérise dans sa dernière phase non seulement par une explosion démographique des
populations naturalisées, mais aussi par une expansion géographique, souvent très rapide.
(Williamson & Fitter, 1996, Richardson et al., 2000). Cependant, des phases de latence « lag
phase », souvent variable peuvent être observées entre lintroduction et la naturalisation dune
espèce invasive. Bien souvent, ces phases sont lentes au début de linvasion (Kowarik, 1995).
Elles peuvent être due à un changement de lhabitat survenant brusquement ou à un effet
Allee (Parker, 2004). Selon Williamson (1999), simplement 10% des espèces introduites
arriveraient à sétablir dans leur nouveau milieu et parmi celles-ci, seulement 10%
deviendraient « transformatrices » de lhabitat (« tens rules »), elles le modifieraient.
Finalement, seulement 1% des espèces introduites pourraient avoir un réel impact écologique
et économique.
Lorsquune espèce a déjà franchi la barrière géographique, commence à sinstaller et à
envahir des habitats, il est intéressant de considérer dans quelles mesures au niveau de
lespèce et des populations qui la compose et suivant quels mécanismes, elle peut se
propager. Beaucoup détudes, revues dans Sakai et al. (2001), se sont intéressées aux
caractéristiques des espèces végétales envahissantes mais se sont focalisés pour la plupart sur
les attributs physiologiques, génétiques, écologiques des plantes adultes. Hors, le stade
propagule est extrêmement important dans le cycle de vie des plantes surtout chez les espèces
végétales annuelles et leurs conséquences non négligeables sur le développement, la vie de la
future plante ainsi que sur leur propre descendance (Müller-Schärer et al., 2004). Ainsi, en cas
de succès significatif au moment du franchissement de la barrière reproductive, une espèce
pourra dès lors envahir de nouveaux habitats. Les graines produites par les plantes mères dans
un dème auront donc au demeurant une influence non négligeable sur lévolution de
linvasion.
Chez les angiospermes, la graine est le vecteur de transmission de linformation génétique.
Elle se compose essentiellement dun embryon, entouré d'une enveloppe protectrice, avec un
tissu nourricier plus ou moins développé (Laberche, 1998). Les annuelles sont des plantes qui
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accomplissent leur cycle de reproduction en une seule saison. Leur survie passera
obligatoirement par une phase de production de graines et un stockage de celles-ci dans le sol
(banque de graines). Ces banques de graines se forment partir des « pluies de graines », issues
des plantes mères dans la population et vont ainsi régénérer les stocks en vue de la
germination à la nouvelle saison (Adams et al., 2005). Seules les graines viables vont ensuite
pouvoir germer soit lors de la formation de trouées (perturbations) au sein de la communauté
végétale, soit directement dans la végétation fermée (Zabinski et al., 2000). Toutes les graines
de la banque ne vont pas toujours germer. Si les conditions nécessaires à la germination ne
sont pas optimales (température, lumière, humidité), les graines resteront dormantes dans le
stock.
Sommaire
- Matériels et méthodes
- Caractéristiques générales des populations étudiées
- Suivi de populations in natura
- Rôle de la masse de la graine sur la probabilité de germination
- Rôle des conditions de stratification et de masse des graines
- Rôle de la masse de la graine et les capacités compétitive des plantes
- Résultats
- Etude des populations de Genlis et Lux
- Etude de la germination au sein de 4 populations
- Réponse des graines à différents traitements de stratification
- Compétition Intra-individuelle
