Le surréalisme, la recherche des sens secrets
Date de publication :
06/12/2002
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
16 pages
Sommaire :
Sommaire
- Trajectoire du Surréalisme
- Biographies
Résumé :
Il aura fallu deux ou trois années de gestation, entre 1921 et 1924, avant que n'éclate au grand jour le mouvement dont les lignes de force furent définies pour la première fois par André Breton dans le Manifeste du surréalisme. Le mot lui-même n'était pas inédit. Il était déjà en usage depuis quelques années déjà chez Guillaume Apollinaire et ses amis, mais il ne s'appliquait alors qu'à certaines formes d'écrits peu définis et d'un caractère interchangeable. Le manifeste lui donna sa substance et le chargea de l'énergie qui allait permettre son étonnante expansion. Les années préparatoires, que Louis Aragon a appelées « le mouvement flou », ont coïncidé avec l'essor parisien du mouvement Dada. Quelques historiens de Dada, ainsi que certains témoins de l'époque zurichoise ou berlinoise, ont donné à croire que Tzara et ses amis avaient tout inventé, tout découvert, et que la seule innovation de Breton avait consisté à changer le nom de Dada en celui de surréalisme. Ce raisonnement ne résiste pas à l'étude, et Tzara lui-même en convenait volontiers vers la fin de sa vie, même s'il lui arrivait d'induire en erreur, par un malin plaisir, ses interlocuteurs universitaires. A cet égard, le Manifeste dada de 1918, par lequel Tzara fit fortement impression sur ses correspondants à Paris, est clair : « Que chaque homme crie ! s'exclamait-il. Il y a un grand travail destructif, négatif, à accomplir. Balayer, nettoyer ! ». La désarticulation du langage et des formes plastiques, parallèlement à la désacralisation des valeurs morales, furent les caractéristiques de ce mouvement, qu'Alfred Jarry aurait sans doute qualifié de « grand décervelage ». Dans le climat de désaffection et de malaise consécutif à la Grande Guerre, la nécessité d'une telle « table rase » était très généralement ressentie. Aussi Breton, Aragon, Eluard, Soupault, Péret, tous les futurs surréalistes, n'hésitèrent-ils pas, dès qu'ils en eurent connaissance, à se porter en première ligne de cette révolte dada dont Tzara, dès 1916, s'était fait l'ardent propagateur. Mais la dérision, la provocation, le scandale pour le scandale ne pouvaient se perpétuer, ni suffire à l'ambition de ces jeunes hommes, dont le souci essentiel était déjà de changer de façon profonde la conception de la vie et de susciter une nouvelle sensibilité au monde. Que la plupart des poètes et artistes dadas - Duchamp, Picabia, Man Ray, Arp, Max Ernst, Tzara lui-même - aient nourri des desseins analogues, cela n'est pas contestable, mais ils poursuivaient là leur penchant individuel. Dada, en tant que tel, tous les textes en font foi, n'était que contradiction, négation et destruction. C'est à travers la revue Littérature (1919-1923) que l'on peut voir s'amorcer et prendre forme, en marge de Dada, l'idée surréaliste. Dès les premiers numéros s'y affirme la présence de Lautréamont - « l'impensable comte de Lautréamont », comme disait Antonin Artaud. On y révèle les Poésies, jusqu'alors inédites, qui sont en fait un manifeste poétique en prose et complètent, en les contredisant les Chants de Maldoror. La note liminaire de Breton indique bien la volonté, partagée par ses amis, de remonter à la source de la poésie, conçue comme la seule expression vraie de l'être. Il n'est pas exagéré de dire qu'à ce moment, au sein de ce petit groupe de poètes, Lautréamont fut l'objet d'un véritable culte. Dans ses entretiens, Breton confie dans ses Entretiens : « Rien, pas même Rimbaud ne m'avait agité à ce point... Aujourd'hui encore, je suis absolument incapable de considérer de sang-froid ce message fulgurant qui me paraît excéder de toutes parts les possibilités humaines ». C'est un climat de ferveur sacrée qui s'instaure autour de la personne et de l'oeuvre de grands initiateurs, Aloysius Bertrand, Gérard de Nerval, Charles Baudelaire, Lautréamont, Arthur Rimbaud, Germain Nouveau, Charles Cros, Alfred Jarry, Guillaume Apollinaire, dont on s'efforcera d'exhumer les textes oubliés ou inédits et que l'on soumettra à la plus attentive relecture afin d'en mieux percevoir la saveur cachée et le sens secret. Rien, dans cette attitude, n'est finalement compatible avec les impératifs dada qui imposent la désaffection et la dérision.
Afin de mieux cerner le mouvement surréaliste dans son ensemble, nous procéderons tout d'abord à un récapitulatif chronologique des principaux événements qui ont rythmé l'aventure surréaliste. Puis, nous établirons une liste biographique des artistes les plus représentatifs du mouvement.
Afin de mieux cerner le mouvement surréaliste dans son ensemble, nous procéderons tout d'abord à un récapitulatif chronologique des principaux événements qui ont rythmé l'aventure surréaliste. Puis, nous établirons une liste biographique des artistes les plus représentatifs du mouvement.
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