Suspiria, Dario Argento
Date de publication :
18/05/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
18 pages
Sommaire :
Sommaire
- Etude comparative de Suspiria et des Chants de Maldoror, de Lautréamont
- Le bestiaire et les processus de métamorphose qui convoquent des forces surnaturelles primitives
- L'onirisme participe également d'un mouvement de retour aux origines dans les deux oeuvres, permettant de toucher aux peurs et aux fantasmes premiers
- La dérision généralisée nous mène à une esthétique du sublime et du grotesque se rapprochant du spectacle Grand Guignol
- Comparaison de Suspiria et de American Psycho de Brett Easton Ellis
- Le personnage du tueur sadique, artiste qui met en place un dispositif extrêmement précis pour que la mort soit longue et douloureuse
- Au coeur d'une esthétique de la rigueur maniaque, de la géométrie parfaite, transparaît une esthétique de la viscosité et de l'abondance de chair
- Omniprésence d'une caméra impliquée dans l'action, tout étant susceptible de devenir point de vue
Résumé :
Réalisé en 1977 par dario argento, suspiria sort du thriller à l'italienne pour marquer la première incursion du réalisateur dans la veine fantastique. Suzy, une jeune Américaine, arrive à Fribourg pour suivre les cours d'une célèbre académie de danse. Mais l'Académie, théâtre d'une série de meurtres sanglants, est habitée par une sorcière surnommée la « Reine noire », dont le pouvoir maléfique est relayé par les professeurs. Commence alors une quête aux accents cauchemardesques pour trouver le chemin menant à l'antre de la sorcière. Dans ce climat de paranoïa ambiante, l'ésotérisme devient l'argument principal du film, les phénomènes de magie permettant d'établir, par la création de nouvelles formes, un rapport entre différents niveaux de réalité. Le récit absurde d'enquête peut d'ailleurs paraître prétexte à des tours de force esthétiques, la mise en scène visant moins à produire du sens que de pures sensations. Soulignant ses propres motifs, suspiria possède une ligne de fuite oscillant indéfiniment entre gore racoleur et sophistication formelle, grotesque et sublime.
L'ésotérisme et le maniérisme de suspiria peuvent évoquer l'oeuvre de Lautréamont, qui revivifie pour une large part des imageries archaïques et primitives, une sauvagerie préhistorique se rapprochant de l'argument de la sorcellerie. Ce dernier est cependant une exception dans le cinéma d'argento, dont les tueurs relèvent plutôt du giallo et d'une réflexion particulière sur le genre (en partie à rebours de Lautréamont). Ses figures meurtrières ne se confondent pas totalement avec la « modernité horrifique » de l'auteur des Chants de Maldoror. C'est pour cela que nous invoquerons, plus proche de nous et sur le mode postmoderne, le roman American Psycho de Bret Easton Ellis. Patrick Bateman, parfait yuppie de la société de consommation, se compose un masque de bienséance pour dissimuler ses pulsions d'agression. La forme du journal permet l'émergence d'un monologue intérieur particulièrement sadique. Ces liens permettront de cerner le carrefour très particulier que constitue suspiria, entre démoniaque prémoderne et machinique postmoderne.
Il serait donc légitime de nous pencher sur ce paradoxe : à travers le thème du sadisme démoniaque, argento n'opère-t-il pas la synthèse complexe de deux visions du tueur, conciliant archaïsme et sérialité? Comment le héros des Chants permet-il d'éclairer l'imaginaire archaïque d'argento, agissant sur le mode du happening macabre? Le robot obsessionnel qu'incarne Bateman ne s'inscrit-il pas dans la perspective des mains tueuses de suspiria? Or, ne s'agit-il pas de creuser l'image, pour dépasser les apparences et ainsi ouvrir le corps, exposer son organicité au regard du spectateur?
L'ésotérisme et le maniérisme de suspiria peuvent évoquer l'oeuvre de Lautréamont, qui revivifie pour une large part des imageries archaïques et primitives, une sauvagerie préhistorique se rapprochant de l'argument de la sorcellerie. Ce dernier est cependant une exception dans le cinéma d'argento, dont les tueurs relèvent plutôt du giallo et d'une réflexion particulière sur le genre (en partie à rebours de Lautréamont). Ses figures meurtrières ne se confondent pas totalement avec la « modernité horrifique » de l'auteur des Chants de Maldoror. C'est pour cela que nous invoquerons, plus proche de nous et sur le mode postmoderne, le roman American Psycho de Bret Easton Ellis. Patrick Bateman, parfait yuppie de la société de consommation, se compose un masque de bienséance pour dissimuler ses pulsions d'agression. La forme du journal permet l'émergence d'un monologue intérieur particulièrement sadique. Ces liens permettront de cerner le carrefour très particulier que constitue suspiria, entre démoniaque prémoderne et machinique postmoderne.
Il serait donc légitime de nous pencher sur ce paradoxe : à travers le thème du sadisme démoniaque, argento n'opère-t-il pas la synthèse complexe de deux visions du tueur, conciliant archaïsme et sérialité? Comment le héros des Chants permet-il d'éclairer l'imaginaire archaïque d'argento, agissant sur le mode du happening macabre? Le robot obsessionnel qu'incarne Bateman ne s'inscrit-il pas dans la perspective des mains tueuses de suspiria? Or, ne s'agit-il pas de creuser l'image, pour dépasser les apparences et ainsi ouvrir le corps, exposer son organicité au regard du spectateur?
Dernières nouveautés dans la catégorie : Cinéma
1
Les Liaisons dangereuses : le film de Frears vous semble-t-il aussi subversif que le roman de Laclos ?
Exposé | 29/10/2009 | fr | .doc | 2 pages
5
Sociologie de la post-modernité : étude du film "Les Poupées Russes"
Exposé | 21/10/2009 | fr | .doc | 3 pages
Les plus consultés sur 30 jours en : Cinéma
Du même auteur : Cinéma
1
Le jeu de Cary Grant dans An Affair to remember de Leo McCarey
Exposé | 15/05/2008 | fr | .doc | 13 pages
4
Etude : le cinéma et les écrivains témoins de la société américaine entre les deux guerres
Exposé | 04/01/2007 | fr | .doc | 8 pages
