Le syndrome de Vichy de 1944 à nos jours, de Henry Rousso
- Les contours d'une névrose
- L'évolution spécifique du souvenir
Le syndrome de Vichy est construit autour de l'idée de la survivance active et historiquement repérable du passé. L'hypothèse initiale est que la guerre civile, en particulier l'avènement, l'influence et les actes du régime de Vichy ont joué un rôle essentiel dans la difficile réconciliation des français avec leur histoire, plus que l'occupation étrangère, plus que la guerre et plus que la défaite qui, sans avoir disparu des consciences, sont souvent observées et perçues à travers le prisme de Vichy. Le syndrome de Vichy est « l'ensemble hétérogène de symptômes, des manifestations, en particulier dans la vie politique, sociale et culturelle, qui révèlent l'existence du traumatisme engendré par l'Occupation, particulièrement celui lié aux divisions internes, traumatisme qui s'est maintenu, parfois developpé, après la fin des évenements."
[...] Ce phénomène permet de comprendre la récurrence du syndrome de Vichy et ses phases d'accalmie et de crise. Avec le temps, Pétain est devenu une abstraction suscitant des réactions qui n'ont plus grand chose à voir avec les luttes intestines de 1940 mais qui reflètent celles du présent. C'est Pétain qui divise réellement les français, et non Vichy, son souvenir est la quintessence du syndrome. Les différences de percéption sont grandes entre les différentes générations. La génération du baby-boom refuse le mythe du résistancialisme, seul de Gaulle provoque encore une adhésion massive. [...]
[...] Trois données constamment rencontrées, qui s'inscrivent dans une longue tradition politique et culturelle peuvent être isolées. La survivance d'un culture catholique qui a fortement contribué à la formation et à l'entretien de la mémoire pétainiste; la conservation dans le milieu politique des clivages ancestraux même si le paysage politique français s'est redessiné en fonction des engagements pris sous l'Occupation et l'antisémitisme: le réveil d'une mémoire juive à la fin des années 1960 a été un facteur très net de réactivation du passé. [...]
[...] L'hypothèse initiale est que la guerre civile, en particulier l'avènement, l'influence et les actes du régime de Vichy ont joué un rôle essentiel dans la difficile réconciliation des français avec leur histoire, plus que l'occupation étrangère, plus que la guerre et plus que la défaite qui, sans avoir disparu des consciences, sont souvent observées et perçues à travers le prisme de Vichy. Le syndrome de Vichy est l'ensemble hétérogène de symptômes, des manifestations, en particulier dans la vie politique, sociale et culturelle, qui révèlent l'existence du traumatisme engendré par l'Occupation, particulièrement celui lié aux divisions internes, traumatisme qui s'est maintenu, parfois developpé, après la fin des évenements." Le livre est constitué de deux parties: la première est intitulée L'Evolution. Elle tente de cerner les contours d'une névrose. [...]
[...] En 1964, la translation des cendres de Jean Moulin au Panthéon, soigneusement mise en scène, est l'occasion d'opérer une sélection dans le souvenir du passé pour ressouder l'unité nationale: on oublie les sequelles de la guerre franco- française, mais on affirme solonellement qu'on oublie pas les crimes nazis. La mémoire de la résistance renaît de façon spectaculiare sous l'angle de la mémoire gaulliste. La troisième partie: "Le miroir brisé" marque un tournant dans la vision de l'Occupation, mais qui se manifestera plus tard. [...]
Vichy : l'enjeu de mémoire
«L'amnésie. L'exaltation de la résistance. La tentative de réhabilitation de Vichy. La revitalisation. Le réveil de la mémoire. La reconnaissance progressive de la responsabilité de Vichy.»
«La mémoire tire sa force des sentiments qu'elle mobilise : elle installe le souvenir dans l'affectif, voire le mythe et le sacré. Elle se différencie de l'histoire dans la mesure où elle fait la part belle à l'émotion. Au sang froid de l'historien et au souci d'objectivité et de vérité qu'impose...»
Qu'est-ce que le Nazisme ? Ian Kershaw
«Les historiens et le problème de l'explication du nazisme. Historico-philosophique. Politico-idéologique. Morale. Le nazisme : un fascisme, un totalitarisme ou un phénomène unique en son genre ?. Le totalitarisme. Le fascisme. Réflexions générales sur les deux concepts. Le nazisme est-il un...»
«Ian Kershaw, historien anglais, médiéviste de formation, s'est affirmé comme le principal spécialiste de la société allemande sous le nazisme. Il a notamment travaillé avec Martin Broszat à l'Institut für Zeitgeschichte et signe aujourd'hui une importante biographie de Hitler. L'objectif du livre...»
Israël et Palestine, généalogie du conflit des Royaumes juifs à nos jours
«Aux origines du conflit. Royaumes, palestine et exode juifs : approche historique avant 1948. Le sionisme politique et les conséquences de la première guerre mondiale sur la Palestine. Il faut détruire Israël. Le refus des populations arabes d'accepter la perspective d'un état juif entraîne les...»
«Enjeu de lutte, de réappropriation, de déformation, l'Histoire est au coeur de nombreuses querelles. Plus que n'importe lequel, le conflit israélo-palestinien est avant tout un combat qui s'enracine dans l'Histoire. Chaque camp, Israélien et Palestinien, fait de l'histoire la caution morale de sa...»
