Le temps de l’Espagne: XVI -XVII siècles, de Bartolomé Bennassar et Bernard Vincent

Date de publication :

19/12/2007

Langue :

Français

Format :

.doc

Nombre de pages :

16 pages

Niveau :

expert

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Sommaire :

 
 

Sommaire Le temps de l’Espagne: XVI°-XVII° siècles, de Bartolomé Bennassar et Bernard Vincent Sommaire

 
  1. Le temps de l'empire
    1. Les royaumes
    2. Le roi, emblème d'une monarchie plurielle
    3. Forces et faiblesses de l'empire
    4. De la décadence à l'effondrement
  2. Le temps de la civilisation
    1. Les constructions sociales et religieuses
    2. Les villes, relais et vecteurs

Résumé :

L'espagne du long Siècle d'or a su construire un empire improbable, multiple et éclaté, sur lequel « le Soleil ne se couchait pas ». Un grand dessein politique s'est formé, qu'une dynastie chanceuse et avisée a pu conduire grâce au dynamisme d'un peuple : malgré distance et disparités, la monarchie hispanique a établi et maintenu une maîtrise que les puissances rivales (France, Angleterre, Empire ottoman et plus tard Pays-Bas) ont longtemps dû admettre. En deux siècles, les Habsbourg d'espagne, de Charles Quint à Philippe IV, ont réalisé un double modèle, politique et culturel, dont on ne mesure pas l'originalité, l'ingéniosité et la force. Etudier le Siècle d'or espagnol, c'est décrire et mettre en perspective ce moment privilégié où « la force donne rendez-vous à l'esprit, la puissance à la culture, en des mélanges qui ne sont jamais les mêmes » (Fernand Braudel).
Il avait fallu une cascade de morts prématurées pour que Charles de Gand réunisse sous un même sceptre les Etats, prodigieusement disparates, qui formèrent cet empire. L'empereur Maximilien eût fait un candidat plus probable à l'élection impériale que Charles. Il ne s'agit pas de prétendre que l'empire de Charles Quint fut le produit d'une somme de circonstances purement fortuites. La stratégie matrimoniale des Rois Catholiques était le symptôme visible de leur force, de l'expansion de la péninsule dont les armées effacèrent le royaume musulman de Grenade, conquirent une partie de l'Italie, dont les marins et les coureurs d'aventure inventèrent l'Amérique.
Mais, demeure une évidence. Le jeu de construction qui produit, de 1516 à 1519, des effets cumulatifs extraordinaires est le fruit d'une somme de variables. L'empire qui éclôt n'avait été ni préparé ni concerté comme tel. De surcroît, cette construction diplomatique n'avait pu ni prévoir l'irruption bouleversante de la Réforme ni mesurer sans doute la force mentale de l'Empire ottoman. De sorte que l'empire de Charles Quint dut s'organiser dans l'urgence, concevoir un système politique capable de fonctionner, mettre au point un système de défense, associer des hommes de traditions et de cultures différentes.
L'espagne était, il est vrai, mieux préparée d'une certaine façon que d'autres pays à ce rôle de fédérateur de puissances. Elle avait pris de l'avance dans la réforme de l'Eglise, certes incomplète, mais qui la mit à l'abri des ruptures profondes d'Allemagne, de l'Europe centrale, des Pays-Bas, voire de France, et qui, surtout, libéra l'élan missionnaire des ordres religieux, disponibles pour de grandes aventures. Sur le front du royaume de Grenade et sur les champs de bataille italiens, les capitaines espagnols, comme Gonzalve de Cordoue, avaient forgé un instrument militaire de grande valeur, résolument moderne avec les avantages décisifs des armes à feu. Qui plus est, les Rois Catholiques avaient fait des Espagnes un espace pacifié en mettant à la raison des grands seigneurs rebelles, en associant à la haute noblesse dans le gouvernement du pays la gente mediana, petits nobles ou bourgeois instruits des lois civiles et du droit canonique, dont ils avaient fait leurs letrados. Ils avaient pris les grands moyens en lançant sur les routes une police impitoyable, la Santa Hermandad, qui châtiait dans l'instant les grands délits. Ils avaient de manière brutale éliminé les minorités religieuses, juives et musulmanes, naguère sources de créativité culturelle mais désormais mal acceptées par la majorité chrétienne. Enfin, malgré le rejet apparent des cultures minoritaires, l'espagne était alors un foyer de création artistique et intellectuel puissant, servi par une langue déjà majeure, mais accueillant aux influences étrangères, flamandes, rhénanes et italiennes.
Jeu de construction dont on mesure peut-être mieux aujourd'hui la modernité politique, qui sut éviter les pièges du centralisme en conservant les institutions emblématiques de chacun des Etats de cette monarchie plurielle, et qui put compter pendant plus d'un siècle sur une armée puissante et une monnaie forte. Mais, il demeurait un édifice fragile car il ne disposa jamais des instruments indispensables à la survie des empires nés de l'économie-monde : une banque d'envergure internationale au service de l'Etat, un groupe cohérent d'hommes d'affaires et d'entrepreneurs capable de composer avec le pouvoir à l'image de celui qui faisait alors la force des Pays-Bas et de Venise

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A propos de l'auteur :

pencil image David R. professeur
Niveau :Expert Etude suivie : Sciences politiques Ecole, université : IEP Paris

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