Tentative de définition du registre de "l'Ingénu" de Voltaire
Date de publication :
28/10/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
9 pages
Sommaire :
Sommaire
- Une définition précise et cohérente
- Une définition réductrice
- Une 'uvre riche et donc difficilement définissable
Résumé :
voltaire est un auteur du XVIIIe siècle qui affectionne le genre du conte populaire. Ainsi, après avoir écrit, notamment, Zadig ou la destinée ainsi que Candide ou l'optimisme, il publie L'ingénu, histoire véritable, tirée des manuscrits du Père Quesnel.
Deux versions de ce conte sont connues : la première, très courte, est une esquisse des aventures du huron et est principalement centrée sur celui-ci, tandis que la seconde voit apparaître un deuxième héros - qui est, plus exactement, une héroïne, puisqu'il s'agit de la jeune Saint Yves. Or, l'introduction de ce personnage au sein du récit de voltaire apporte à son conte une nouvelle dimension, peut-être moins railleuse et sûrement plus sensible que celle présente dans ses écrits précédents. Un critique nous dit toutefois que voltaire était souvent attiré par l'ironie et les sarcasmes. Ainsi, il appréciait l'oeuvre du poète italien l'Arioste et, en particulier, écrivait-il, « ces railleries si naturelles dont il assaisonne les choses les plus terribles ». Commentant ces propos de voltaire, le critique ajoute : « Est-il meilleure définition de L'ingénu, qui monte si savamment vers la sensibilité et le pathétique, sans renoncer aux charmes perfides du comique ? »
L'analyse stylistique de la phrase de Goldzink - le critique en question - nous révèle qu'il s'agit d'un point de vue élogieux qui n'est absolument pas neutre, comme nous l'indiquent le superlatif « est-il meilleure définition » ainsi que l'adverbe hyperbolique « savamment ». Ce regard admiratif porté sur L'ingénu est de plus accentué par la litote « sans renoncer aux charmes perfides », qui souligne le fait que voltaire aurait pu ne faire qu'une oeuvre sensible et pathétique, et non point également comique. voltaire, quant à lui, qualifie « les railleries » d'Arioste de « naturelles », ce qui signifie qu'elles s'intègrent de façon simple à ses textes, sans effet de lourdeur. Il nous dit également qu'il s'agit d'«assaisonner les choses les plus terribles », c'est-à-dire de mélanger comique et pathétique. Le sujet proposé à notre réflexion fait donc partie d'un enchâssement semblable aux matriochkas puisqu'il nous donne une double définition de l'oeuvre de voltaire. Mais s'agit-il, d'ailleurs, d'une véritable définition ? voltaire n'énonce nullement ce qu'est l'oeuvre d'Arioste, il émet, tout comme Goldzink, un avis subjectif. Or, n'est-il pas trop ambitieux de considérer que ces appréciations d'ordre affectif peuvent définir L'ingénu, voire surpasser toute autre définition de l'oeuvre ? Malgré une apparente cohérence, le point de vue du critique n'est-il pas réducteur par certains aspects ?
Après avoir analysé la pertinence de cette définition, nous verrons que celle-ci est incomplète, car L'ingénu est également une oeuvre philosophique et parodique.
Deux versions de ce conte sont connues : la première, très courte, est une esquisse des aventures du huron et est principalement centrée sur celui-ci, tandis que la seconde voit apparaître un deuxième héros - qui est, plus exactement, une héroïne, puisqu'il s'agit de la jeune Saint Yves. Or, l'introduction de ce personnage au sein du récit de voltaire apporte à son conte une nouvelle dimension, peut-être moins railleuse et sûrement plus sensible que celle présente dans ses écrits précédents. Un critique nous dit toutefois que voltaire était souvent attiré par l'ironie et les sarcasmes. Ainsi, il appréciait l'oeuvre du poète italien l'Arioste et, en particulier, écrivait-il, « ces railleries si naturelles dont il assaisonne les choses les plus terribles ». Commentant ces propos de voltaire, le critique ajoute : « Est-il meilleure définition de L'ingénu, qui monte si savamment vers la sensibilité et le pathétique, sans renoncer aux charmes perfides du comique ? »
L'analyse stylistique de la phrase de Goldzink - le critique en question - nous révèle qu'il s'agit d'un point de vue élogieux qui n'est absolument pas neutre, comme nous l'indiquent le superlatif « est-il meilleure définition » ainsi que l'adverbe hyperbolique « savamment ». Ce regard admiratif porté sur L'ingénu est de plus accentué par la litote « sans renoncer aux charmes perfides », qui souligne le fait que voltaire aurait pu ne faire qu'une oeuvre sensible et pathétique, et non point également comique. voltaire, quant à lui, qualifie « les railleries » d'Arioste de « naturelles », ce qui signifie qu'elles s'intègrent de façon simple à ses textes, sans effet de lourdeur. Il nous dit également qu'il s'agit d'«assaisonner les choses les plus terribles », c'est-à-dire de mélanger comique et pathétique. Le sujet proposé à notre réflexion fait donc partie d'un enchâssement semblable aux matriochkas puisqu'il nous donne une double définition de l'oeuvre de voltaire. Mais s'agit-il, d'ailleurs, d'une véritable définition ? voltaire n'énonce nullement ce qu'est l'oeuvre d'Arioste, il émet, tout comme Goldzink, un avis subjectif. Or, n'est-il pas trop ambitieux de considérer que ces appréciations d'ordre affectif peuvent définir L'ingénu, voire surpasser toute autre définition de l'oeuvre ? Malgré une apparente cohérence, le point de vue du critique n'est-il pas réducteur par certains aspects ?
Après avoir analysé la pertinence de cette définition, nous verrons que celle-ci est incomplète, car L'ingénu est également une oeuvre philosophique et parodique.
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