Terrorisme et compétence universelle
Date de publication :
15/03/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
10 pages
Sommaire :
Sommaire
- Rappel des principes du droit pénal international
- La compétence universelle au regard des instruments juridiques internationaux : une recherche constante d'amélioration dans la lutte contre le terrorisme international
- Le morcellement des instruments conventionnels de lutte contre le terrorisme international
- Un rôle plus affirmé du Conseil de sécurité en matière de répression du terrorisme international
- La compétence universelle en pratique : vers une harmonisation du principe d'universalité
- La compétence universelle à l'épreuve des pratiques nationales
- Vers une harmonisation des normes relatives à la répression du terrorisme
Résumé :
Le terrorisme constitue une préoccupation majeure au sein de la communauté internationale, cette tendance s'étant accentuée depuis les attentats du 11 septembre 2001.
De fait, nombreuses sont les conventions portant sur la condamnation et la répression des actes de terrorisme, imposant aux Etats d'adopter une législation étendue, pour pouvoir les juger, les dotant parfois d'une compétence extraterritoriale, voire même universelle. Ceci montre que le droit pénal a fait irruption dans l'ordre juridique international.
Nous n'aborderons pas ici le problème de la définition du terrorisme, puisque les Etats eux-mêmes n'arrivent pas à s'entendre quant à la clarification de cette notion. En outre, hormis les crimes reconnus comme étant de droit international (crime de guerre, de génocide, contre l'Humanité, d'agression), il est difficile d'établir quand l'infraction doit être considérée comme internationale. Pour les crimes de droit international, selon la convention de Rome de 1998, la Cour Pénale Internationale est normalement compétente. La répression des autres crimes appartient aux Etats.
La notion même de compétence universelle n'est pas récente, puisqu'elle a été élaborée au XVIème siècle, durant lequel se développe le droit maritime, et notamment la compétence des Etats de juger des crimes de piraterie commis à l'étranger et par des étrangers. Cette compétence tombera en désuétude pendant près de quatre siècle, jusqu'à sa réaaparition, après la Deuxième guerre mondiale, pour juger des crimes commis par les puissances allemande et japonaise.
La compétence universelle trouve son fondement dans la nécessité de la protection de valeurs et intérêts reconnus par tous les Etats et dont leur respect relève de la responsabilité de tous. Généralement, elle sera mise en oeuvre pour juger des crimes de droit international : crime de guerre, crime de génocide, ou crime contre l'Humanité par exemple.
La règle de la compétence universelle constitue une exception au principe de territorialité du droit pénal au terme duquel une personne qui commet une infraction sur le territoire d'un Etat est poursuivie par les autorités de cet Etat, sanctionnée et incarcérée dans ce pays. Elle se distingue du principe de la compétence territoriale, normalement applicable en droit pénal, par l'atténuation, voire même la suppression, de tout lien de rattachement avec le pays qui juge.
Elle consiste en l'aptitude qu'a un juge de connaître une infraction indépendamment du lieu où elle a été commise et quelle que soient les nationalités de l'auteur et de la victime.
Les Conventions internationales et plus spécifiquement celles relatives aux crimes de droit international, imposent aux Etats parties de doter leurs juridictions d'une compétence pour juger les auteurs présumés des infractions qu'elles visent, alors même que ces crimes sont perpétrés à l'étranger et que ses auteurs ne posséderaient pas la nationalité de l'Etat. La compétence universelle procède du principe aut dedere aut judicare : les Etats sont contraints soit d'extrader (voire transférer à la juridiction internationale), soit de poursuivre eux-mêmes les auteurs des infractions visées.
Les Etats ayant ratifié les conventions qui leur donne compétence universelle, sont obligés de transposer ces dispositions dans leur ordre interne et donc de donner une compétence universelle à leurs juridictions. Les pays ne disposant pas de législation de mise en oeuvre des obligations internationales se voient contraints d'élaborer un texte national pour transposer ces obligations dans leur droit interne.
Par exemple, la loi belge de 1993 établit une compétence universelle pour ses juridictions pour tous les crimes de droit international, ainsi que pour tous les autres crimes découlant de conventions internationales, sans exigence de lien de rattachement. Ce qui constituerait, pour certains, une atteinte aux principes de souveraineté des Etats et de non-ingérence dans les affaires internes d'un Etat (cf. Affaire de la C.I.J. République Démocratique du Congo (RDC) contre Belgique du 10/11/2002).
Au regard du problème du terrorisme international, on peut donc se demander si la compétence universelle des juges nationaux constitue une réponse satisfaisante à la répression de ce fléau. Pour y répondre, il convient de s'intéresser aux instruments juridiques internationaux traitant de la répression pénale universelle (1), mais aussi des problèmes et des efforts fournis en matière d'harmonisation de cette compétence (2).
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