Le théâtre de la foire
Date de publication :
20/06/2007
Nombre de pages :
5 pages
Sommaire :
Sommaire
- Un théâtre de l'irrégularité, caractérisé par le défi
- Un théâtre impertinent
- Un théâtre contraire à la civilité
- Un spectacle exubérant, non ordonné
- Un langage subversif
- La parodie
- Le travestissement burlesque et héroï-comique
- Un langage multiple, irrespectueux
- La liberté de rire
- Un rire qui reste sociable
- La gratuité du rire
- Une subversion riante et dédramatisante
Résumé :
Au début du XIIIème siècle, les Foires Saint Germain et Saint Laurent permettent le développement du théâtre de la foire. Genre multiple, puisque ses formes sont diverses (pièces par écriteaux, en pantomime, pièces pour marionnettes,), il décourage toute lecture simpliste du texte forain. S'il est essentiellement riant, voire grossier, il fait preuve d'une incroyable inventivité ; sa fertilité est exigée par de conditions de représentations contraintes par les censures des théâtres officiels. Plus qu'un théâtre en marge de l'époque, en marge du langage et des conventions, c'est un théâtre de défi. Il est pourtant reconnu par le public auprès duquel il remporte un immense succès, grâce au rire son principal ressort. Le public se réjouit d'une gestuelle comique (héritée de la Commedia dell'arte), d'un jeu parfois extravagant, d'un irrespect notoire atteignant les représentants de l'ordre établi. C'est parce qu'il se développe malgré les censures que l' « on a souvent dit que le théâtre de la foire était subversif ». Par subversif, entendons ce qui est propre à renverser voire détruire l'ordre établi, à saper les valeurs communément admises. En effet, il joue de multiples stratagèmes pour déjouer les interdictions et les censures qu'on lui impose ; et c'est en donnant l'illusion de les respecter qu'il revêt davantage de pouvoir subversif. Interrogeons cette notion de subversion appliquée au théâtre forain à travers quatre de ses auteurs : Fuzelier, avec La Matrone d'Ephèse, Lesage et d'Orneval pour l'Ombre de la foire et l'Oracle muet et Carolet, auteur d'Atys Travesti. Tous font reposer leur spectacle sur un stratagème destiné à déjouer les censures (respectivement : le recours aux écriteaux ; le monologue ; les écriteaux encore, et enfin le jeu des marionnettes), faisant de la représentation même de ces oeuvres un acte subversif. Dans quelle mesure le théâtre de la foire opère une révolution de l'ordre communément admis ? Et si le rire est le propre de cette liberté foraine, peut-on pour autant l'associer à un rire purement subversif, voire dévastateur ? Il s'agit d'apprécier le défi constitué par ce théâtre : le spectateur peut l'appréhender comme triplement irrégulier. Puis nous étudierons le jeu et le langage subversifs propre à l'expression de ce théâtre, en en soulignant les principaux ressorts. Enfin, nous verrons que le rire même de ce théâtre semble empêcher de le restreindre à une seule portée subversive, pour affirmer davantage la liberté du rire.
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