Le théâtre dans lHistoire de ma vie de Giacomo Casanova
Date de publication :
02/05/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
13 pages
Sommaire :
Sommaire
- L'importation des structures théâtrales dans l'écriture mémorialiste
- Macrostructures : les cinq actes des amours d'Henriette et Casanova
- Microstructures : des épisodes qui sont autant de scènes
- Architexte : l'identité générique
- L'importation des situations topiques du théâtre dans l'écriture mémorialiste
- Dialogue rapporté et dialogue théâtral
- L'usage scénique du réel
- Travestissement et ironie tragique
Résumé :
Dire de l'existence de giacomo casanova qu'elle est un roman est devenu un lieu commun. Il est vrai que l'histoire de ma vie peut se lire comme une oeuvre romanesque colossale, dont maints épisodes seraient susceptibles d'être attribués à l'abbé Prévost.
Cependant, bien avant d'être mémorialiste, sinon mémorialiste et romancier, giacomo casanova est un homme de théâtre. Homme de théâtre, dans la mesure où il n'a cessé de fréquenter le monde des actrices, des danseurs, de l'opéra, tout au long de son existence et depuis le commencement de celle-ci, puisqu'il est le fils d'une comédienne célèbre, Maria Giovanna Farusso, plus connue sous le surnom de la Buranella. casanova a toujours entretenu des rapports étroits, sinon avec sa mère, du moins avec le milieu où elle évoluait, puisqu'il fut lui-même joueur de violon dans un orchestre du théâtre de Saint Samuel, à Venise (épisode qu'il narre au chapitre VI du volume II de ses Mémoires), puis l'ami de la famille Balletti qui l'accueillit à Paris en 1750 et en 1757, et dont la mère Silvia créa nombre de rôles des oeuvres de Marivaux. Parmi tous les autres épisodes où casanova est en rapport avec le monde du théâtre, nous pouvons évoquer son expérience de critique dans sa propre revue, Le messager de Thalie, et son oeuvre dramaturgique, puisqu'il écrivit une courte pièce durant sa retraite à Dux, en Bohême.
A partir de cette longue familiarité avec le théâtre, un modèle théâtral existentiel devient prégnant dans la conscience de casanova. Par modèle théâtral existentiel, il faut entendre que c'est en fonction des règles et des situations topiques du théâtre que casanova interprète les évènements de sa propre vie. S'il rencontre une femme, casanova caractérise l'évènement de « scène ». S'il cherche à nouer un commerce amoureux avec elle, la situation devient une « intrigue » à ses yeux. En somme, le théâtre lui fournit une expérience préalable à l'expérience pratique (l'abbé Prévost, dans la Préface de Manon Lescaut, parle des degrés de lumières apportés par le roman et qui suppléent à l'ignorance du lecteur) à partir de laquelle il peut reconnaître et découper dans le monde des évènements interprétés comme des situations théâtrales, et subsumer chacun d'eux sous une grande catégorie du genre. Une citation de l'histoire de ma vie à propos de l'épisode Londonien de la Charpillon est à cet égard révélatrice (Volume IX, chapitre 12) : « Ce fut la clôture du premier acte de ma vie. Celle du second se fit à mon départ de Venise en 1783. Celle du troisième arrivera apparemment ci où je m'amuse à écrire ces mémoires. La comédie sera alors finie, et elle aura eu trois actes. Si on la siffle, j'espère que je ne l'entendrai dire de personne ». Mais c'est dans la Préface que l'identité du monde et du théâtre est le plus clairement affirmée : « La mort est un monstre qui chasse du grand théâtre un spectateur attentif avant qu'une pièce qui l'intéresse infiniment finisse ».
Cependant, bien avant d'être mémorialiste, sinon mémorialiste et romancier, giacomo casanova est un homme de théâtre. Homme de théâtre, dans la mesure où il n'a cessé de fréquenter le monde des actrices, des danseurs, de l'opéra, tout au long de son existence et depuis le commencement de celle-ci, puisqu'il est le fils d'une comédienne célèbre, Maria Giovanna Farusso, plus connue sous le surnom de la Buranella. casanova a toujours entretenu des rapports étroits, sinon avec sa mère, du moins avec le milieu où elle évoluait, puisqu'il fut lui-même joueur de violon dans un orchestre du théâtre de Saint Samuel, à Venise (épisode qu'il narre au chapitre VI du volume II de ses Mémoires), puis l'ami de la famille Balletti qui l'accueillit à Paris en 1750 et en 1757, et dont la mère Silvia créa nombre de rôles des oeuvres de Marivaux. Parmi tous les autres épisodes où casanova est en rapport avec le monde du théâtre, nous pouvons évoquer son expérience de critique dans sa propre revue, Le messager de Thalie, et son oeuvre dramaturgique, puisqu'il écrivit une courte pièce durant sa retraite à Dux, en Bohême.
A partir de cette longue familiarité avec le théâtre, un modèle théâtral existentiel devient prégnant dans la conscience de casanova. Par modèle théâtral existentiel, il faut entendre que c'est en fonction des règles et des situations topiques du théâtre que casanova interprète les évènements de sa propre vie. S'il rencontre une femme, casanova caractérise l'évènement de « scène ». S'il cherche à nouer un commerce amoureux avec elle, la situation devient une « intrigue » à ses yeux. En somme, le théâtre lui fournit une expérience préalable à l'expérience pratique (l'abbé Prévost, dans la Préface de Manon Lescaut, parle des degrés de lumières apportés par le roman et qui suppléent à l'ignorance du lecteur) à partir de laquelle il peut reconnaître et découper dans le monde des évènements interprétés comme des situations théâtrales, et subsumer chacun d'eux sous une grande catégorie du genre. Une citation de l'histoire de ma vie à propos de l'épisode Londonien de la Charpillon est à cet égard révélatrice (Volume IX, chapitre 12) : « Ce fut la clôture du premier acte de ma vie. Celle du second se fit à mon départ de Venise en 1783. Celle du troisième arrivera apparemment ci où je m'amuse à écrire ces mémoires. La comédie sera alors finie, et elle aura eu trois actes. Si on la siffle, j'espère que je ne l'entendrai dire de personne ». Mais c'est dans la Préface que l'identité du monde et du théâtre est le plus clairement affirmée : « La mort est un monstre qui chasse du grand théâtre un spectateur attentif avant qu'une pièce qui l'intéresse infiniment finisse ».
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